• E.Toile de Delphine Pessin est le 13ème roman de la collection Échos • " Échos " : une collection de romans unitaires, réalistes ou fantastiques, reflet des problématiques politiques et sociales d'hier et d'aujourd'hui. • Dans un univers froid et aseptisé, une réflexion sur les limites éthiques du progrès technologique. Quelle meilleure façon de manipuler les gens que d'exploiter leurs faiblesses ? Oz, le mystérieux milliardaire, l'a bien compris. Analys préférerait donner sa vie plutôt que retourner au foyer pour jeunes. Niklas est sur le point de se faire agresser par deux brutes au centre de détention. La belle Stella a perdu son honneur et son nom sera traîné dans la boue. Oz leur propose une rédemption. Son prix ? L'intimité des adolescents, livrée en pâture au regard impitoyable des Toileurs. Tous acceptent le pacte : enfermés et filmés 24 heures sur 24, ils s'affrontent sauvagement pour leur survie et remplissent des missions pour gagner en popularité. Ce dont ils n'ont pas conscience, c'est que la téléréalité n'est qu'une couverture pour le véritable dessein d'Oz...
"On les a choisis parce qu'ils n'avaient plus rien à perdre. [...] Ils étaient tous aux abois, seuls et désespérés. Et s'il leur arrive quelque chose, personne ne viendra réclamer quoi que ce soit."
Les idées sont toutes intéressantes, les personnages ont tous une base solide, le thème est bien encré dans l'histoire et les dialogues sont cools.
Le défaut est que ça manque d'approfondissement. Tout devrait être poussé un peu plus pour être parfait. On ne connait que la superficie des personnages par exemple. Le livre est aussi trop court pour bien faire. Le narrateur se veut omniscient. Mais il insiste sur un point de vue pendant quelque tant tout en éludant celui des autres personnages. C'est super frustrant. Ils vivent tous la MÊME chose mais on n'a que des brides de ressenti par-ci par-là. De même, l'action est cool quand elle est détaillée mais d'un coup elle est rushée. Des personnages sont supers intéressants et sont développées, puis le narrateur les met en total arrière plan pour parler d'un autre.
Après il y a le classique : un problème auquel seule une poignée d'ado peuvent apporter une solution. Un endroit sécurisé où tous peuvent circuler. Le geek, le sentimental, la peste, le musclé, le non-conformiste, le gentil... C'est un carnaval de cliché pour la caractérisation (mais ça fonctionne). L'histoire est COUSUE DE FIL BLANC, on voit où ça nous mène.
Un GIGA POINT positif pour le personnage de Roze, la Cristina Cordula. Rien qu'en imitant sa voix dans les dialogues, ça a été un dé-lices mes chériiiiiiis !
Oui, le canevas de base en rappelle d’autres (Hunger Games étant sans doute le plus connu) avec des joueurs prisonniers, des passés troubles, un maitre de jeu pour le moins dangereux, des spectateurs qui peuvent faire gagner, mais se délectent aussi des humiliations et souffrances ressenties à l’écran. Pourtant, E.toile dire bien son épingle du jeu, Delphine Pessin se distinguant de par le point de vue plus intérieur et le « potentiel de réalité ». Oz est très stéréotypé, la maitresse de jeu aussi, mais la technologie mise en scène, le gouvernement qui ferme les yeux sur certaines choses, l’appétit des « toileurs », tout ça évoque un futur possible et pas si lointain.