Sylvain, je le vois comme un minuscule dieu intérieur caché dans les détails, décrivant avec ses yeux la grandeur et la petitesse des moments humains. Sensible, la voix du narrateur s'immisce avec celles des autres avec prudence et subtilité comme pour ne pas déranger, ne pas froisser. Il dit à ses protagonistes ( constitués de sa propre entité ) : Ne faites pas attention à moi, je viens juste capturer cet instant. Voilà qu'on lit les autres sans indication, sans tirets, sans guillemets, le dialogue est simple, la conversation est fluide, elle va de coeur à coeur.
Et pourtant, les orages, les vagues, les sursauts, la peur, la mort, le souvenir
mais aussi
l'amour, des gens qui exultent, qui espèrent, qui acceptent, qui se transforment.
Et enfin, la lumière.
Avec la langue, Sylvain décortique l'intime, s'enfonce dans les profondeurs pour arrêter son regard sur les plus petites des fêlures sans jamais pointer du doigt, sans jamais juger, il panse, il soigne les plaies en sublimant ce qui échappe, ce qui peut passer inaperçu et qui alors est dévoilé au grand jour.