Enfant pendant la guerre mais de santé fragile, le narrateur-auteur de ce livre échappe à l'armée et poursuit ses études. Devenu adulte, il incarne la chance plus ou moins confortable de ne pas avoir été l'acteur ou le témoin du pire. D'où quelques pointes d'absurde et d'ironie dans ses récits. Contemplatif, il se souvient de Tokyo : les incendies, les déménagements incessants, les expéditions en campagne pour trouver du riz, les usines de ses frères, où il travaillait adolescent en alternance avec l'école, les attirances pour les poissons rouges que chacun élevait en gage de protection face à la mort. Mais les dix nouvelles qui composent ce recueil ne s'inscrivent jamais sous le signe de la terreur, tant le narrateur lui préfère l'événement furtif du souvenir, telle l'image de ce bimoteur de combat par le hublot duquel, enfant, il a aperçu les visages de deux jeunes soldats américains...
Maître du regard poétique posé sur son pays traversé par les guerres, malmené par les incidents climatiques ou sismiques, Yoshimura excelle dans l'art de dire l'émotion humaine, sa sensibilité mais aussi son énergie vitale face à l'inévitable. Empreinte de réminiscences et d'étrangeté, toujours à distance du pathos, sa langue est d'une puissance peu commune.
Prize winning Japanese writer. Akira Yoshimura was the president of the Japanese writers union and a PEN member. He published over 20 novels, of which in particular On Parole and Shipwrecks are internationally known and have been translated into several languages. In 1984 he received the Yomiuri Prize for his novel Hagoku (破獄,engl. prison break) based on the true story of Yoshie Shiratori.
J'en ai lu la moitié, je l'ai vendu a tout le monde, puis j'ai lu la deuxième moitié et je me suis rendu compte que ça parle que de sujets méga morbides, deuil, enterrements, cancers, opérations....
C'est pas facile de rendre un avis critique quand l'histoire concerne la vie qu'à vécu l'auteur. Au fil des nouvelles on se rend compte de sa peur grandissante de disparaître dans la douleur comme ce qu'a vécu la plupart de ses proches. Et on remarque aussi l'impact qu'à eu la seconde guerre mondiale sur lui notamment sur son point de vue de la vie en société. C'était vraiment agréable à lire !
Je viens de terminer "[b]un dîner en bateau[/b]", recueil de 10 nouvelles de cet auteur dont j'aime particulièrement le style épuré, distancié, et en même temps extrêmement précis. Quand je le lis, j'ai l'impression d'avoir sous les yeux non une œuvre romanesque mais un compte-rendu précis et détaillé presque documentaire. Le fil rouge des ces 10 nouvelles est à la fois la maladie (la tuberculose) et la guerre (celle de 39/45),non par les évènements mais par l'empreinte profonde que ces années terribles ont laissée.. Les textes sont écrits à la première personne et dégagent une forte impression d'autobiographie. Après des recherches, j'ai fini par trouver un article de Télérama (déjà ancien)avec des détails sur la vie de [b]Yoshimura[/b], et effectivement, il a bien failli mourir de la tuberculose, il a bien sûr traversé la guerre, et c'est un cancer qui l'a emporté en 2006. Dans ces nouvelles, l'auteur ne raconte pas sa vie, mais celle-ci affleure constamment en toile de fond, par les références à la guerre, à la tuberculose... Le narrateur navigue constamment entre la vie et la mémoire, et on sent à travers son récit à quel point il est impossible d'échapper à l'influence de ce que nous avons vécu, combien nous sommes constamment modelés pas nos expériences... C'est là la littérature japonaise que j'aime, et si elle est pauvre en sakura ou en folklore, on y ressent la force particulière d'un peuple qui connut la bombe et qui vit depuis toujours sous la menace des catastrophes naturelles. Cependant aucune noirceur dans cette écriture, au contraire, une clarté poétique incisive s'en dégage.
La première nouvelle était de bon augure. Malheureusement cette litanie de décès m’ont assez rapidement laissé de marbre. Pas la bonne époque pour ces nouvelles sans doute car la traduction est très délicate, fine et légère malgré le sujet. Tant pis pour moi.