1898, au coeur des Laurentides. Après sept ans passés au couvent, Victoire tourne le dos à la vie de religieuse qui l'attendait et décide de rentrer à Duhamel pour retrouver son frère Josaphat, orphelin comme elle depuis le décès de leurs parents dans l'incendie de l'église du village.Dans cette élégie romanesque composée par Victoire, Michel Tremblay donne à entendre l'un de ses plus beaux hymnes à la vie, encore une fois porté par une voix de femme aux accents opératiques. Car nous savons tous, maintenant que les secrets de famille ont été dévoilés bribes par bribes à travers La Diaspora des Desrosiers et les Chroniques du Plateau-Mont-Royal, que de ces deux orphelins incestueux vont naître Albertine puis Gabriel, le mari de la Grosse Femme et le père de Jean-Marc, alias Michel Tremblay. Mais cela n'a jamais été vraiment raconté, et cela devient un moment d'écriture de très haute intensité, transporté par la musique endiablée de l'interdit.
Né en 1942, Michel Tremblay grandit dans un appartement de Montréal où s'entassent plusieurs familles. Ses origines modestes marqueront d'ailleurs ses œuvres, souvent campées au cœur de la classe ouvrière, où misères sociale et morale se côtoient. En 1964, il participe au Concours des jeunes auteurs de Radio-Canada, avec une pièce de théâtre intitulée Le train, et remporte le premier prix. C'est à peine un an plus tard qu'il écrit l'une de ses œuvres majeures, Les belles-sœurs, dont le succès perdure. La pièce est jouée pour la première fois en 1968 au Théâtre du Rideau Vert.
Michel Tremblay est l'auteur d'un nombre considérable de pièces de théâtre, de romans, et d'adaptations d'œuvres d'auteurs et de dramaturges étrangers. On lui doit aussi quelques comédies musicales, des scénarios de films et un opéra. Ses univers sont peuplés de femmes, tantôt caractérielles et imparfaites, tantôt fragiles et attachantes, qu'il peint avec réalisme et humour. Vivant les difficultés du quotidien, ses personnages au dialecte coloré ont d'ailleurs contribué à introduire dans la dramaturgie et la littérature d'alors un niveau de langue boudé des artistes : le joual.
En 2006, il remporte le Grand Prix Metropolis bleu pour l'ensemble de son œuvre.
En 2017, le Prix Gilles-Corbeil lui est décerné pour l'ensemble de son oeuvre.
Prélude à des histoires déjà lues de la lignée de La grosse femme d’à côté est enceinte, ce trop court roman nous montre Victoire et Josaphat aux tous débuts. L’écriture de Tremblay, l’ambiance qui se dégage de ses scènes, tout cela dégage une ambiance à la fois familière et particulière qu’on quitte à regret.
Toujours un plaisir de lire les romans de Michel Tremblay. Celui-ci nous permet de découvrir davantage la vie de Victoire et Josaphat quand ils étaient plus jeunes. Il vient s'installer comme une pièce manquante d'un puzzle qu'on a pu déchiffrer au cours des dernières décénies.
3.8. J’ai beaucoup aimé mais je crois qu’il est préférable d’avoir lu la diaspora des Desrosiers car Victoire est un personnage de la diaspora. Tremblay parle avec finesse et retenue de l’inceste frère/soeur, un sujet encore tabou. C’est donc l’histoire de Victoire et Josaphat dont on savait très peu dans la diaspora.
La description du cadre vous ferez sentir vous-même une partie de l’histoire même si c’est loin de nos réalités contemporaines. Comme anglophone, le joual m’a donné une petite dose d’authenticité bien appréciée. Je rêve maintenant d’un voyage aux Laurentides!
Tout bien considérée, un roman magnifiquement écrit.
Encore une fois, la plume de Michel Tremblay m'a envoûté dans un univers chargé d'émotion. J'ai été bercée par le récit d'une jeune femme, Victoire, tourmentée par son passé et par ces envies. J'ai partagé ses joies, ses peines, ses doutes et ses craintes. Elle m'a ouvert la porte vers son monde différent où le désir parle tout bas.
J’ai augmenté mon appréciation de ce livre après avoir lu la définition du mot “élégie”. Ce texte est définitivement une belle élégie amoureuse, plaintive, tendre et triste. La Diaspora des Desrosiers et les Chroniques du Plateau Mont-Royal sont les fruits de ce bel amour défendu et empêché.
Après avoir passé sept ans au couvent, Victoire revient demeurer dans sa maison natale et retrouve son frère qui vit seul depuis la mort de leurs parents. Naîtront alors les sentiments incestueux entre le frère et la sœur… Admirablement bien écrit par Michel Tremblay.
Bien écrit. Apporte un éclairage nouveau sur ces personnages mystiques que sont Victoire et Josaphate. Ça prend un grand auteur pour raconter une telle histoire de façon si belle.
On frôle le grand amour de Josaphat pour sa soeur Victoire. Sans détails, sans quotidien, sans conséquence. Petit livre. On aurait aimé d’avantage. Tremblay semble avoir perdu la capacité des grandes sagas. Agréable à lire. « Si a’dit non, y me restera plus rien, j’s’rai pus rien, pis la meilleure chose qui me restera à faire, ça sera de disparaitre… Si je l’ai pas oubliée pendant les septs ans qu’elle a été partie, si je l’ai attendue, si j’ai été convaincu qu’à me reviendrait un jour, si je vous ai prouvé tout ce temps-là que c’était sérieux au contraire de ce que vous me disiez, si chus encore convaincu que Victoire est l’amour de ma vie, la seule amour pensable, si chus prêt à tout pour elle, même au pire, c’est que je la mérite, non? »
Ce petit roman raconte une partie de l'histoire des Chroniques du Plateau Mont-Royal jusqu'à maintenant inconnue. Bien écrit, un suspense transporté par la musique traditionnelle de l'époque.