Alors qu'elle mène une nouvelle vie, loin de sa contrée natale et de ses racines, Camille reçoit la visite d'Hassan, un ami d'enfance devenu journaliste. Des retrouvailles amères qui font ressurgir un passé qu'elle avait chassé depuis longtemps. Alors qu'elle mène une nouvelle vie, loin de sa contrée natale et de ses racines, Camille reçoit la visite d'Hassan, un ami d'enfance devenu journaliste. Des retrouvailles amères qui font ressurgir un passé qu'elle avait chassé depuis longtemps. Hassan cherche à infiltrer la "Grande Battue", chasse exclusive menée une fois l'an dans les montagnes de leur région par les Blanchistes, un groupuscule d'influence néo-païenne et réputé proche de l'extrême-droite. Il voudrait mettre au jour ce mouvement et son idéologie, persuadé depuis toujours que cette chasse cache les complots ou les exactions qui permettraient de les dissoudre. Camille, fille repentie d'un Blanchiste, pourrait l'aider dans sa mission. Très froide, la jeune femme prend rapidement congé de son vieil ami : elle ne veut plus se pencher sur cette part de son histoire. Les hasards de la vie, avec la mort de son père, figure tutélaire de ce mouvement, se chargeront de brouiller ses plans et la feront replonger dans ce passé haï qu'elle avait fui enfant, grâce à sa mère. Avec Battue, Marine Levéel et Lilian Coquillaud nous emmènent dans une partie de chasse étouffante, où une certaine idéologie marquée par l'ordre, l'esprit de caste et la domination du territoire se nourrit de la beauté de la nature sauvage, du mythe des origines. Bercé par la douce rugosité des espaces montagneux, le lecteur est plongé au plus profond de ce rapport pur et violent que ces hommes recherchent avec la nature. De ce contraste qui envoûte tout autant qu'il glace, les auteurs tressent un récit acéré d'émotions qui résonne au diapason du présent. Si la montagne est belle, le destin des hommes qui la traversent sera, lui, implacable.
Magnifique couverture, une tête de chien de chasse majestueuse dans un violet qui évoque l’ombre ou le crépuscule et ce titre à double sens.
Paradoxalement, le corps a une mémoire indéfectible. L’odorat aigu de mon enfance ne m’a jamais quitté. Le reste de mon enfance, j’ai réussi à l’enfouir.
Camille est particulièrement sensible aux odeurs. Sa famille est membre d’une confrérie qui ressemble à des suprémacistes blancs – quelque chose dans le genre. Elle revient sur ses terres pour participer à leur rite initiatique, une grande battue. Que va-t-elle y trouver ? Ses origines, ses racines ou des ennemis à combattre ?
Il y a deux éléments qui marquent dans cette BD. Tout d’abord les dessins, de la couleur directe, de belles aquarelles figuratives où les ambiances dominent, les cheveux roux dans le violet des forêts. Ils sont une réussite inconstatable, ils ont un style qui sort de l’ordinaire et qui accroche l’oeil. Le deuxième point marquant est l’histoire. Dépeindre ce rite initiatique ancestral est une idée intéressante qui est très bien exploitée aux travers de plusieurs facettes de façon finalement pas si manichéenne que l’on aurait pu le craindre. La narration est plus conventionnelle, très linéaire et c’est peut-être le bémol.
L’intrigue est forte, touchante, évoque aussi bien les gropuscules extrêmes que les relations familiales compliquées, ou encore la place des femmes dans cette famille d’hommes et de chasse. C’est l’histoire d’une femme qui replonge, qui se fait petit à petit embrigader par ses origines, sa famille, jusqu’à se persuader que tout est normal. Au delà de tout cela, c’est le récit glaçant d’une femme qui sombre petit à petit, qui renoue avec la nature, qui tue aussi. Touchant par de nombreux aspects, puissant tant par le scénario que par le dessin, Battue est une bande dessinée forte qui ne laisse pas indifférent.
2 étoiles clairement pour le style graphique que j'ai trouvé assez fou bien que parfois peu lisible dans certaines actions
pas du tout apprécié le scénario, néanmoins. peut-être est-ce dû au mix des aquarelles floues et du scénario qui l'est tout autant car je n'ai franchement pas compris grand chose
❤️ Dessins et couleurs sont trop jolis, les thématiques abordées
💔 on reste sur des non-dits, la fin est très rapide et facile, rien n'est résolu. Alors que cette bd traite de multiples violences, l'extrême droite, la chasse, le racisme, sexisme etc. Assez déçu•e de ne voir aucune réelle prise de position, c'est assez fouillis