« — Fucking câlisses de fucking portes à marde. Il pousse. Pousse de nouveau. Tire enfin. Vérifie l’heure sur son téléphone, jure encore. Devant les portes argentées de l’ascenseur, il cherche du bout de la langue le nom de l’homme chez qui il s’est réveillé. Moule lentement ses lèvres en syllabes précises, étire des sonorités dans le silence, baise l’air. Sent s’échapper une bouffée de sperme et d’alcool de sa bouche. Ne se souvient pas d’avoir mangé des œufs. Ne se souvient pas d’avoir mangé. Il se reprend devant un miroir, se dit que ses yeux ne sont pas si rouges que ça. Plus fatigue que pot. Il défripe une épaule de la chemise qu’il portait hier soir, en enfonce la moitié dans son pantalon taché, se rend compte que, dans son empressement, il a pris la mauvaise ceinture. Son pied gauche sue, colle au fond de sa chaussure. Il lui manque un bas. Clochette. Les portes s’ouvrent. Il se liche quatre doigts, tente de dompter une mèche rebelle. Échoue. »
Marc cumule diplômes, dettes et dick pics qu’il échange pendant les longues heures qu’il consacre aux réseaux sociaux. Après ses études, il rentre à Moncton où, entre son emploi dans un centre d’appel et ses obligations familiales, il assiste à l’effritement de sa relation à distance. Malgré les nouvelles amitiés qui se forment et les timides opportunités, son quotidien sans éclat lui rappelle cruellement ce qu’il a laissé derrière. Pris dans cet entre-deux, il multiplie les sautes d’humeur, les relations d’un soir et les soirées d’excès.
Roman initiatique servi par une langue poétique et crue, Des dick pics sous les étoiles brosse le portrait d’un homme à la dérive.
Le titre est un peu trop racoleur à mon goût. Parce qu’en fait, ce roman raconte la perte des repères ou un genre de déportation émotive après le début d’un attachement, d’un engagement que les malentendus viennent détruire. Oui le roman raconte la vie gay à Moncton, mais il raconte aussi ce qu’est chercher, s’attacher, aller vers l’autre. Il raconte l’éloignement, le doute et la dérive. Et la rédemption, le recommencement toujours possible. Je n’ai pas tout compris les dialogues, écrits dans une langue entremêlant le français et l’anglais, mais il me reste de ce roman un sentiment de calme retrouvé après une tempête d’émotions. Ne vous fiez pas au titre! 3 1/2 ⭐️
Dans ce livre, l’auteur dresse un portrait franc des relations à distance qui peinent à survivre au travers les nouvelles technologies. C’est avec des propos crus et sans retenue qu’il nous plonge dans la dérive de son personnage principal et de ses excès en tout genre. J’ai bien aimé ses intéressantes réflexions et la narration qui avait par moment une touche poétique. Bien que le sujet était entièrement dans mes goûts, je dois avouer que j’ai trouvé ma lecture particulière. Le franglais est si présent dans les dialogues que s’en était étourdissant. Je ne m’y suis jamais habitué. Pour être franche, Je n’ai pas compris certains mots et plusieurs phrases n’avaient aucun sens à mes yeux. J’aurais passer un meilleur moment avec ce livre si ce n’avait pas été des dialogues. J’aurais aimé plus de retenu afin de garder la beauté de la langue française. C’est un livre à lire avec ouverture et j’ose même dire tolérance. Je suis persuadé qu’il saura trouver son public.
Vraiment le fun de lire un livre acadien! Ca fait du bien de lire du chiac pis cest cool de reconnaitre les rues pis les places de Moncton. J’ai aussi vraiment apprécier les scènes sexuelles entre hommes qui représente bien l’homosexualité. Tu lis souvent des sex scenes entre couple hetero, so c’était super refreshing! Coup de coeur acadien for sure!!
Je n’ai jamais lu un roman tel que cet oeuvre de Pierre-André Doucet. Je ne me suis jamais sentie aussi semblable à un personnage (malgré le fait que je suis une femme cis), et je n’ai jamais autant reconnu tellement ma réalité qu’en lisant Des dick pics sous les étoiles.
Mon dialecte y figurait (sort of). La ville que j’appelle maintenant chez-moi agissait comme mise en scène de l’histoire. La culture, les tournures de phrases, les communautés - j’avais immédiatement un attachement à tout aspect du roman.
Maintenant, parlons de l’histoire elle-même.
Le personnage principal, Marc, rencontre toutes sortes d’hommes sur l’application Grindr. Évidemment, ce sont plutôt des one night stands que rien d’autre, mais il eut la chance de rencontrer quelqu’un avec qui il connecte dès le début.
La relation de Marc et ses troubles financiers sont à l’avant-plan pendant une grosse partie de l’histoire, mais ce qui ressort encore plus est le développement de son personnage en tant que tel.
Je n’ose rien d’autre dire, afin de ne pas gâcher les évènements qui figurent dans ce roman. Je le recommande fortement, même pour les gens qui ne sont pas Acadiens/franco-Canadiens.
À noter: le dialogue dans le roman se passe en chiac, c’est-à-dire qu’il y a des mots anglais qui se trouvent parfois dans les phrases en français. Je pense qu’il est très important de souligner que ce dialecte n’est pas du “mauvais français,” mais un reflet de la réalité des Acadiens et Acadiennes dans diverses région du Canada, et même du monde.
Je pense qu’en général j’ai aimé le livre. J’ai aimé les postcards à la fin, j’aurais vraiment aimé un dénouement plus cute et plein d’espoir pour Marc-Antoine though, mais c’est juste moi qui trippe amour. J’ai absolument trippé sur les dialogues acadiens, rafraîchissant au boutte. Le seul point qui fait que j’ai pas adoré le livre c’est les descriptions. J’ai trouvé qu’il y en avait beaucoup et que ça devenait lourd de décortiquer chaque étapes de chaque affaires. Peut-être que c’est parce que récemment j’ai pas lu beaucoup de livre écrit à la troisième personne, c’était souvent au Je. Mais je trouvais ça intense et superflu par moments les descriptions..c’était comme pas assez détaillé en profondeur en plus, alors c’était beaucoup de détails mais en surface seulement. Exemple, on decrivait beaucoup ce que les personnages faisaient ou disaient, mais sans dire ce qu’ils disaient vraiment donc on ne pouvait pas réellement connaitre les personnages: on savait qu’ils parlaient de leur couleur préféré mais sans dire c’était quoi leur couleur préférée. Mais sinon ça s’est lu presque d’une traite, très cool le récit entrecoupé de messageries.
L'écriture est très musicale, parfois poétique. L'utilisation du chiac est intéressante; j'étais rarement tombé sur des livres où on se permet d'écrire les accents et qu'on ose (re)donner ses couleurs à notre « langue belle » alors que c'est justement ce qui fait sa richesse. L'enthousiasme que j'ai d'abord ressenti pour ce livre s'est un peu effrité au contact du rythme lent du récit. C'est moins ce dont j'avais besoin en ce moment, mais c'est une belle découverte tout de même.