Ouch. Que dire sur cette lecture, à part que je n'ai pas du tout réussi à accrocher, ni aux personnages, ni à l'écriture, ni aux thèmes (mais y en a-t-il seulement ?) développés par l'auteur. Il y avait pourtant là matière à construire quelque chose d'intéressant, avec un sujet passionnant, et un personnage historique dont on sait au final si peu de chose qu'il laisse une grande place à l'imagination.
Pourtant, la magie n'a pas du tout opéré sur moi, et j'avoue ne pas comprendre certains choix de l'auteur. Le résumé nous promet une révolte que nous ne verrons cependant jamais car l'auteur fait le choix d'arrêter son récit aux premiers instants de la 1ère bataille des clans unis derrière Boudicca. La rébellion complète, les premières victoires, la défaite, le destin de l'héroïne et des personnages qu'on a suivi jusque-là, tout est expédié dans un épilogue de quelques paragraphes. Quel dommage !
Le but de l'auteur est de montrer l'évolution de Boudicca, depuis son enfance jusqu'à sa prise d'armes finale contre Rome, car c'est cette montée en puissance qui semble l'intéresser plus que le dénouement du conflit en lui-même. Une idée intéressante sur le papier, mais qui ne parvient pas à fonctionner, la faute à une héroïne uni-dimensionnelle et mal caractérisée qui semble plus prendre les armes par caprice que par idéal de liberté ou désir justifié de vengeance.
Car Boudicca ne semble pas évoluer d'un iota au fil des pages et se comporte dans les derniers chapitres exactement comme dans les premiers : en gamine bourrine et colérique que tout le monde admire sans que l'on ne comprenne réellement pourquoi. L'auteur ne parvient pas à donner suffisamment de corps à ses blessures successives pour justifier ses comportements et son absence d'empathie. Comment comprendre que sa prise d'armes est une réaction aux viols de ses filles si elle n'a jamais montré la moindre empathie pour elles, qu'on les a croisé deux fois à peine, et qu'on ne reparlera des-dits viols, sensé être le déclencheur final de sa rébellion, plus jamais du roman passé le chapitre en question ?
L'écriture froide et impersonnelle échoue à restituer les sentiments des personnages qui se ressemblent tous et ne prennent jamais vie, se bornant à leur fonction. Le père absent. Le mari. L'amante. Le guide. On en est réduit à accepter tel quel ce que l'auteur nous dit sur eux, sans jamais que cela se traduise dans leurs actes (si leurs actes ne le contredisent pas carrément). Boudicca est censée "ne pas être douée avec les mots" (c'est son grand leitmotiv) mais est capable de joutes verbales qui lui valent l'admiration de tous les personnages. Jousse est censée être son grand amour, on n'aura qu'une seule scène entre elles, alors qu'elles ont à peine 10 ans et viennent de se rencontrer. Un peu faible pour vraiment sentir un attachement entre les deux femmes. Sa relation avec ses filles ? Trois scènes à peine, dans lesquelles les deux filles sont interchangeables et dont les interventions se bornent à quelques phrases.
Autre point de déception pour moi : l'immersion dans la (les) culture(s) celte(s), focalisée uniquement sur son aspect guerrier et bourrin, pour ne pas dire caricatural. Je connais mal cette période, donc ne pourrait pas forcément me prononcer sur la véracité historique de ce qui est décrit, mais l'auteur me semble tout de même complètement passer à côté de toute la composante marchande, agricultrice et spirituelle de cette culture.
Je peine à trouver des points réellement positifs à cette lecture que j'ai hésité à terminer. Le roman a pourtant plu à beaucoup, je doit donc être passée à côté de quelque chose, mais j'avoue être restée totalement hermétique au style de l'auteur et au personnage qu'il construit. Pour ceux qui ne connaissent pas ce personnage historique, il s'agit néanmoins d'une introduction courte et facile à lire pour une première rencontre avec la reine des Icènes, qui donne envie d'en connaître plus sur elle. A lire donc pour mettre un premier pas dans son histoire et la culture celte, avant de s'orienter vers des ouvrages plus complexes !