Il n'est pas rare, de nos jours, d'entendre ou de lire des affirmations péremptoires, des jugements définitifs sur ce que le Coran est censé être. Ainsi, avons-nous pu lire que « le Coran est un livre de guerre » ou encore « un livre incitant à la haine » sous des plumes plus ou moins islamophobes. A l'opposé, pour certains apologues de l'Islam, le Coran est « un livre de science » confirmant en tout point certaines théories modernes, comme l'expansion de l'univers ou la gravitation universelle. En réalité, ces affirmations hâtives et ce concordisme simpliste sont dénués de sens car le Coran ne peut être dit ceci ou cela qu en fonction d une certaine lecture. Il n'existe que des lectures du Livre. A son époque, déjà, Ghazâlî avait mesuré toute l'importance de la notion de lecture du Coran. Il avait conscience que la revivification des sciences islamiques n'est possible que par une réforme des consciences, et que celle-ci appelle une lecture du Coran allant au-delà du littéralisme. L'objet de ce traité est précisément d offrir au lecteur les moyens d une compréhension en profondeur et d une méditation de la Parole révélée. En cela, l'oeuvre de Ghazâlî est, aujourd hui encore, d'une grande actualité.
Traducteur et écrivain, Tayeb Chouiref est spécialiste de la mystique musulmane, et il mène actuellement des recherches sur d’importants développements du Soufisme et du Hadith en Égypte ottomane.
Il a enseigné la langue arabe dans l’enseignement secondaire ainsi qu’à l’Université Charles de Gaulle de Lille. Il a notamment traduit et annoté deux chapitres de la somme spirituelle de Ghazâlî Ihyâ’ ‘ulûm al-dîn, ainsi qu’un chapitre des Futûhât al-Makkiyya d’Ibn ‘Arabî, et un ensemble de lettres du Cheikh Darqâwî.
Son champ de recherche couvre les différents domaines de la littérature mystique en Islam, tant durant l’époque classique que dans le monde contemporain.