Il y a des histoires qui finissent bien et d’autres qui commencent mal. Et puis il y a ma vie… ou ce qu’il en reste. Les vampires – mon unique source de revenus – désertent la ville au pire moment possible : mon entrée dans la vie active.
Diplôme en poche, je suis enfin libre de bosser dans la « dératisation », malheureusement pour moi, les nuisibles ont tous mystérieusement disparu ou portent un joli collier de toléré. Devoir zoner dans ma chambre sans savoir quoi faire aurait pu être un plan B tout à fait acceptable, si mon oncle n’avait pas décidé de resurgir dans ma vie pour jouer les thérapeutes, avec dans sa valise, une fille adoptive bien gênante.
Quand enfin les Canines se décident à pointer le bout de leurs dents, il y a comme un caillot dans l’artère : mes proies ne sont plus les mêmes ! Elles ont changé et ce ne sont pas des cas isolés : à l’échelle du pays, les vampires contre-attaquent.
Plus que quiconque, j’ai des raisons de comprendre ce qui se passe et je suis la seule à pouvoir intervenir. Et croyez-moi, le monde n’est pas prêt à m’avoir pour héroïne. Je ne suis pas prête non plus…
Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce tome finit la saga en beauté. Je l'ai adoré du début à la fin et j'ai particulièrement aimé l'évolution finale des personnages. Leur côté loufoque et excentrique est toujours là, leur humour aussi, mais cette fois, leurs différentes personnalités m'ont semblé plus douces, plus nuancées, plus travaillées. De tome en tome, ils ont grandi, ils ont mûri, et ça se sent. Ils comprennent leurs erreurs et les réparent sans jamais perdre cette étincelle si singulière qui fait d'eux qui ils sont. C'est quelque chose que j'ai particulièrement apprécié dans ce livre : l'auteur ne nous dit jamais que pour devenir un adulte convenable, il faut entrer dans les normes. Au contraire, il cultive cette différence, la fait fleurir et nous rappelle que les héros ne portent pas toujours de cape, qu'ils n'ont pas toujours la silhouette et le look des mannequins photoshoppés des magazines, et ça fait du bien. Ça nous aide à prendre conscience que, qui qu'on soit, peu importe nos faiblesses, notre présence peut tout changer.
Malgré l'humour qui reste au cœur du livre et qui peut désamorcer certaines situations, l'auteur n'hésite pas à nous secouer, à nous envoyer à la figure des tonnes et des tonnes d'autres émotions. Des émotions qui nous emportent, des émotions qui nous rassurent comme elles peuvent nous déchirer. C'est d'une intensité incroyable à laquelle Mathieu Guibé m'a habitué, mais que je trouverai éternellement impressionnante. Fascinante. Il a une telle façon de jouer avec nos cœurs... comme un roller coaster dont il serait seul maître et qu'il dirigerait à la perfection. Il calcule le moindre looping, parvient à nous faire croire à la moindre chute quitte à nous rattraper à la dernière seconde. Il nourrit son suspense en conséquence et nous empêche de quitter l'aventure pour reposer le livre tant on a envie d'en savoir plus. D'en vivre plus. Comment Elvira va-t-elle se sortir de ce pétrin ? Va-t-elle seulement y arriver ? La mort n'est-elle pas l'unique issue ? Jusqu'à la fin, ces questions perdurent. On a la sensation que tout peut basculer... et des fois on a raison.
Ce tome est pour moi le tome de la rédemption et de l'acceptation. Ce sont des messages qu'on pouvait déjà retrouver dans les précédents, mais celui-ci est d'autant plus fort qu'il rectifie les erreurs de ceux d'avant. Elvira, à force de côtoyer toutes ces âmes contraires, à l'opposé les unes des autres et d'elle-même, apprend à accepter malgré ses préjugés. Apprend à revenir sur ce qu'elle pouvait croire, ce qu'elle pouvait dire dans les trois premiers livres. Son humour parfois blessant, parfois inapproprié est remis en question et ouvertement critiqué. L'auteur souligne qu'il est important de savoir assumer, s'excuser, mais nous rappelle aussi que l'erreur est humaine même quand elle a un impact et que le tout est de bien vouloir s'ouvrir au changement pour devenir meilleur. Il nous fait aussi comprendre l'importance du pardon et la difficulté de l'obtenir. Le pardon que nous offrent les autres, mais également le pardon qu'on a parfois besoin de nous offrir à nous-même. J'ai adoré cet aspect-là du roman, moi que les réflexions très limites d'Elvira avaient parfois crispé. J'ai été touché par la déconstruction des mauvaises habitudes du personnage et le vrai travail qui lui a été nécessaire pour s'apaiser et tourner la page. Ça l'a rendue, pour moi, d'autant plus humaine. D'autant plus tangible. Elvira pourrait presque être une vieille amie, si elle n'était pas entourée de vampires pour nous signaler que notre monde et le sien ne se ressemblent pas. Quoi que...
Je crois que je peux dire sans trop hésiter que ce quatrième tome est celui que j'ai préféré. La plume de Mathieu, qui a bien entendu grandi en même temps que la saga, m'a rappelé ma première rencontre avec ses mots. La première fois que j'ai croisé son talent et qu'il m'a sauté aux yeux, qu'il m'a attrapé pour ne plus jamais me lâcher. Ça m'a rendu un peu nostalgique, surtout avec un tel point final, mais ça m'a conforté dans l'idée que j'ai envie d'être témoin de la suite. De lire chaque futur récit de l'auteur, parce qu'une chose est sûre : ses histoires sont de celles qu'on oublie pas de si tôt.
Et voici le dernier tome de cette série. Même si il n'est pas l'énorme coup de coeur du tome précédent, je l'ai beaucoup aimé, au point de le dévorer. Il est relativement court mais très efficace.
On conclue ces saisons de façon magistrale. Il m'a même réconciliée avec la Elvira du présent. J'ai refermé le livre avec une sensation un peu douce amère post épilogue. Tout n'est pas rose dans le meilleur des mondes et les cicatrices sont bel et bien présentes. Mais tous les personnages ont pu donner leur pain potentiel.
À noter quelques passages où le quatrième mur est franchi. Un preuve de plus que ces livres pourraient parfaitement être une série. Ce serait vraiment chouette d'ailleurs.
"Déjà que je manquais de stabilité - OK, j'étais aussi stable qu'une romance d'Anita Blake, disons les choses comme elles sont."
Bref Elvira Time est une série en quatre types que je conseille vraiment. L'humour est acide, percutant très souvent. Si vous aimez Buffy et / ou les vampires, foncez !
Ce dernier tome apporte la conclusion parfaite pour les personnages de cette saga. j'aurais été super satisfaite si seulement mon intérêt pour cette histoire ne s'était pas perdu quelque part dans le second roman. J'avais adoré Elvira et Jericho dès les premières pages et si mon amour pour eux est resté plus ou moins intact jusqu'au bout, cela ne m'a pas empêché de trouver leurs mésaventures trop plates, peu approfondies et... bah pas du tout palpitantes. Je suis donc moi aussi restée en surface, ayant eu par conséquent du mal à ressentir de la joie, de la peine ou de la crainte pour les personnages. Et c'est vraiment, mais vraiment con, parce que la fin est sympa. Alors au lieu du feu d'artifices final, à penser à quel point cette saga allait me manquer, j'étais plutôt genre "Ouais, ok, cool." Par contre, les illustrations sont juste fantastiques ! Elvira en comics par Diane Özdamar, je dis OUI tout de suite !
Les vampires n’ont qu’à bien se tenir, Elvira et son gang sont là pour les (empaler – décapiter – immoler – autre (biffez les mentions inutiles)). Une ambiance plus sombre, mélancolique, mais qui garde son côté humour noir et déjanté. L’auteur n’est une nouvelle fois pas tendre avec ses personnages, mais ce n’est que pour mieux leur dire au revoir. Un très beau final, très touchant, pour la saga Elvira Time !
La fin parfaite pour cette saga! Des montagnes russes, des jeux de mots comme on les aime! Et la petite patte de l'auteur qui sincrustre parfaitement dans l'histoire 👀