Le maquillage du Joker a envahi les manifestations de lutte sociale, la cornette des « servantes écarlates » celles de défense des droits des femmes. Une déclaration de J.K. Rowling sur les femmes transgenres a déclenché le courroux des fans de Harry Potter. Quant à Game of Thrones, nombreux sont ceux qui y lisent l'invasion de marcheurs blancs comme une allégorie de la catastrophe climatique à venir. Indubitablement, les littératures de l'imaginaire, longtemps perçues comme de simples moyens d'évasion, sont devenues un creuset de mobilisation civique, des arènes où se jouent de féroces affrontements militants. On peut y voir l'affirmation exaltante d'une capacité des fictions grand public : celle de parler de notre époque, pour changer les mentalités ou rêver le futur. Mais ce mouvement va de pair avec une profonde transformation du statut des lecteurs et des spectateurs. Qui vont désormais jusqu'à contester l'autorité de l'auteur sur sa propre création… Anne Besson, grande spécialiste des mondes alternatifs, décrypte les ressorts et les enjeux de ce rôle politique, à présent déterminant, que jouent la fantasy et la science-fiction dans nos sociétés.
Passionnant, je le relirai un jour, pour mieux comprendre certains aspects (même si, hormis la façon d'écrire, cela reste abordable) mais aussi avec un meilleur bagage culturel. J'aimerais en effet continuer à lire d'autres essais littéraires sur les questions soulevées, il est donc très possible que je poursuivre avec d'autres livres de l'autrice ou ceux évoqués dans ce livre.
En tout cas, je le recommande si vous vous intéressez aux genres de la SFFF, de leur portée sur notre société, sur leurs enjeux socio-politiques ou ceux qui les font évoluer, sur notre rapport à l'imaginaire, à la fiction et à leurs auteurs, etc.
Essai académique (et très théorique, surtout dans la première moitié, ce à quoi on ne s'attend pas vraiment en lisant la quatrième de couverture) sur les possibles politiques de la Fantasy et la SF. Si l'ouvrage est paru en 2021, les différents exemples sollicitées par l'autrice semblent déjà un peu éloigné dans le temps puisqu'elle sollicite beaucoup les enjeux des dernières années au moment de l'écriture (et si Trump vient d'être réélu à nouveau et les imaginaires changent peu si on en croit les memes qui ressurgissent et semblent dater de sa première élection), les actions politiques françaises elles semblent l'être un peu plus.
Si je suis content· que l'essayiste ne passe pas tout l'essai sur la politique états-unienne, les objets culturels étudiés, eux, le sont très majoritairement (à l'exception d'une petite production romanesque française qui est évoqué ça et là, Andrevon par exemple). Les objets d'études restent ceux qu'on a l'habitude de voir (la 4ème de couverture ne le cache pas non plus) dans ce genre d'ouvrage: Star Wars, Harry Potter, Hunger Games, Game of Thrones, The Lord of the Rings, etc. et j'aurais définitivement pris plus d'exemples français pour le coup (quid de l'impact politique et imaginaire de Jules Verne, Pierre Boulle et même Monique Wittig?).
La première partie théorique m'a beaucoup rappelé mes recherches pour mon mémoire de maîtrise, je revoyais tellement de nom que je lisais pendant mes recherches. Je comprenais donc bien les références et auteur·es. Toutefois, si Besson explique quand même bien rapidement la théorie de tous ces noms, je dois avouer que des fois, ça peut rapidement devenir lourd. Un exemple: à la page 30, on cite TOUS ces théoricien·nes avec leur théorie en une seule page: Friedrich Schiller, Theodor W. Adorno, Martha Nussbaum, Daniel Jacobson, Richard Walsh, Marie-Laure Ryan, Käte Hamburger et Dorrit Cohn.
Un ouvrage excellent, détaillé, écrit par une spécialiste du sujet. Je déplore seulement l’aspect parfois peu fluide (pour des lectrices ou lecteurs non rompus aux écrits universitaires) là où je pensais trouver un texte plus simple d’approche. À relire à tête plus reposée sans doute!
Le livre promettait d'être intéressant et le sujet passionnant, malheureusement le style académique est tellement désagréable (rempli de jargons et de références, phrases longues et alambiquées) à lire que je l'ai très vite abandonné. J'ai lu des thèses plus fluide que ça. Grosse déception !
Ce livre m'a permis de découvrir de nombreuses œuvre, une lutte dans les années 60-70 politique en lien avec la fiction et les problématiques actuelles. Mais, j'ai peiner à plonger dedans.