Une française née en 1925, vit les répercussions de la guerre au début de son adolescence. Ce contexte historique teintera le reste de sa vie. Fille-mère, elle laisse derrière elle un fils et traverse au Canada. N’arrivant pas à aimer son nouveau pays, elle vit dans la nostalgie de son Paris-chéri. Dépressive, elle aura recours à une pharmacologie qui ne la rend pas vraiment disponible pour ses enfants, dont sa fille Catherine, autrice.
Dans ce « récit-hommage » (voir la quatrième de couverture), l’autrice utilise des références aux plantes, aux fleurs et aux jardins pour aborder la relation fusionnelle et ambivalente avec sa mère, jusqu’au décès de celle-ci à l’âge de 93 ans. On y apprend que la fille s’est engagée dans plusieurs années de psychanalyse pour arriver à s’extraire de son enfance. Un récit où des exemples de la dualité amour/haine de la mère sont très présents.
Citations :
« Je ne sais pas m’imaginer sans toi. Il faut que je cisaille dans le tissu du temps, que je me reprenne là où j’étais enfant, quand je me suis greffée à toi. Je dois me taillader, me sectionner, m'élaguer afin d’arriver à me détacher de ton corps qui pour moi était le mien. » p. 41
« La mère morte, c’est une notion qui renvoie à l’enfance. La mère se meurt quand pour l’enfant sa maman s’absente. La mère est morte lorsqu’elle se retire en elle pour faire un deuil, pour vivre un chagrin, pour soigner en son for intérieur sa dépression. » p. 85
« Oui, nous avions une mère morte, une maman absente à nous, et je pense à ma mère comme à celle qui n’arrivait pas à être là ». p. 86