À la suite du décès de sa mère, l’auteure nous livre ses réflexions face à la mort. Le difficile après est ici présenté sous ses facettes les plus intérieures. Il y a les aveux que l’on se fait à soi-même pour exprimer son rejet du vieillissement. Les mensonges que l’on se permet pour apaiser l’inquiétude de ceux qui nous quittent. L’ observation de l’étonnant concert de la nature, qui, on le sait, poursuit toujours son cours. L’évocation de certains souvenirs qui gardent les disparus bien vivants en nous. La conscience de notre propre mort qui s’éveille. La souffrance et le désir qu’elle prenne fin à cause de notre incompétence à trouver le réconfort absolu. L’utilisation des mots pour trouver un remède à la mélancolie.
Très belles réflexions de Denise Desautels sur la question du deuil et de la mort. J'ai trouvé sa poésie douce et rassurante, comme un chuchotement à l'oreille.
"de futurs souvenirs / j'en veux / encore, toujours plus " (Page 29)
Cette suite poétique aux vers très courts crée un effet narratif hors du commun. L'autrice nous fait vivre avec elle les moments limitrophes de la mort maternelle et réfléchit en même temps à l'évanescence d'une vie et au sentiment soudain de vieillissement qui la happe pendant ce deuil. Œuvre tout en simplicité, universelle et bien touchante.
Voilà un joli recueil de poésie, à la fois doux et fort, sur l'absence, le deuil, la mort, mais aussi sur la vie, le souffle et les liens mère-fille. Personnellement, j'ai trouvé que c'était un mélange exquis de mélancolie et de tendresse.
NB: Ce recueil s'accordait agréablement bien avec la playlist somber/quiet instrumentals sur Spotify. Je recommande, à ceux et celles qui apprécient d'écouter de la musique en lisant, de mixer cette lecture à des trames sonores mélancolique.
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« car il faut que ça s’achève que ça s’apaise que ta mort vienne une mort très douce rappelle-toi, maman la cruelle douceur de la mort avance, avec langueur vient laisse-la venir, ta mort qu’elle t’emporte la vrai, l’ultime l’inadmissible et l’apaisante celle qui compte »
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« alors sur un autre continent sort, se décharge mon cri au-delà des limites permises renverse les digues du silence meurs, maman meurs tout de suite, maintenant pendant qu’on y est métamorphose-toi, envole-toi ton âme-oiseau en train de polir ses ailes, je la flaire »
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« légère, contre cet entêtement du malheur qui vient de tous les coins du monde mourir en moi les marronniers, les écureuils les canards, les mouettes et de printemps en printemps mon retour au jardin des Plantes où les employés s’affaireraient à redonner vie à l’espace où le vert serait plus vert en juin qu’en avril les arbres, plus luxuriants les roses, plus odorantes