Le Silence de Milan est une petite collection d'histoires qui se passent dans le Milan des années 1950. C'est intéressant et bien écrit, mais l'autrice se concentre sur la ville et ses mutations davantage que sur des personnages individuels. Ces personnages n'ont pas d'identité profonde, il ne leur arrive pas grand-chose, et aucun des textes n'a de chute particulièrement puissante. Le résultat, est qu'il nous faut faire des efforts pour s'intéresser au contenu. J'avoue avoir lu certaines pages en diagonale.
Soulignons tout de même la langue, simple et élégante, comme dans ces deux extraits:
"C'est le climat. Ma femme ne fait que pleurer, elle pleure jour et nuit, les yeux ouverts, la maison est sombre, les draps dans la cour ne sèchent jamais, ils deviennent verts, et nous aussi on devient verts."
"(ces enfants) étaient comme des objets que quiconque emporte, de-ci de-là, et utilise d'une façon ou d'une autre, en dépit de leur cœur humain."
Une autrice à découvrir, certainement, mais je pense qu'elle a publié des livres plus percutants que celui-ci.