Les femmes françaises - des portraits inédits de Hallyday, Gainsbourg, Gary - les 5 leçons de Churchill - les mots d'une infirmière - les glaciers bleus et le tronc d'un aspen - le frère disparu - Picasso et Prévert face à la mer - Belmondo qui meurt dans les bras de Denner - la tendresse infinie des enfants - Luchini, Trintignant, Chirac - les résistantes... C'est comme une rivière qui coule, celle d'une vie. Surprenant, révélant la face intime de Philippe Labro, sagesse et passions, aveux et citations, voici le roman vrai d'un homme qui évoque "les choses fondamentales" et vient nous dire : "L'amour existe."
Philippe Labro was a French author, journalist and film director. He worked for RTL, Paris Match, TF1 and Antenne 2. He received the Prix Interallié for his autobiography L'Étudiant étranger in 1986.
Récit, chroniques, hommages, difficile de catégoriser ce livre. Il m’a par contre charmé par la beauté de l’écriture de l’auteur, les très nombreuses citations qui parsèmes le livre et les réflexions sur la vie. J’ai adoré en lire quelques «chapitres», un ou deux, ici et là, le soir avant de me coucher au cours des dernières semaines. J’ai bien aimé!
3.8 🌟 Intéressante recension de parcelles d’une existence remplie d’apprentissages. Collage pêle-mêle mais cohérent de citations, de moments encapsulés, de bijoux de littérature. Un récit presque encyclopédique, qui transpire la curiosité et la grande culture de son auteur. Ça donne envie de vivre, de multiplier les expériences. Beaucoup de références que je n’ai pas comprises par contre, Québécoise je suis.
J'ai vraiment eu du mal avec ce livre. Je pense que je n'étais pas du tout le bon public. Je l'ai déniché dans la bibliothèque familiale, sans savoir qui était l'auteur Philippe Labro.
Certains passages étaient quand même très bien écrits et intéressants. Ils amenaient à réfléchir. J'ai aussi aimé que l'auteur décrive toutes les belles choses simples de la vie quotidienne (qui sont très présentes, il suffit de vouloir les voir).
Seulement, j'ai été totalement détaché de cette œuvre. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans, à comprendre le "projet" de ce livre. Même quand ce "détachement initial" s'est terminé, je devais reprendre certains passages avec plus d'attention, car je lisais en regardant les lignes, sans mettre de sens dans les phrases.
J'ai trouvé que l'auteur était assez "égocentrique", même s'il a l'air d'être humaniste et de vouloir comprendre les autres (et je suis persuadée que c'est une belle personne). Il part du principe que tout le monde connaît sa vie. Effectivement, peut-être que ce livre ne s'adresse qu'à ses "fans" ou aux personnes qui le suivent. Cependant, j'aurais apprécié avoir un court préambule le présentant. Car parfois, je ne comprenais pas du tout ce qu'il voulait dire.
De plus, certains sujets et références ne me parlaient pas du tout (sûrement dû à mon âge). Je trouve cela dommage, car j'étais encore plus "écartée" de l'œuvre durant quelques lignes. J'étais une spectatrice à laquelle on ne demande pas son avis, à laquelle on ne cherche pas à ramener dans le roman.
J'ai également trouvé, je pense que c'était également le but de ce livre, que Philippe Labro se mettait en avant en ne citant et en ne décrivant que des personnes très célèbres (Halliday, Gainsbourg, personnes intellectuelles...). D'accord, quelques personnes citées ne sont pas connues du grand public, comme une infirmière et sa mère, mais j'ai trouvé cet "étalage" de personnes célèbres trop envahissant. J'avais l'impression qu'il cherchait à montrer qu'il connaissait véritablement et profondément ces gens. Je suis d'accord que celui-ci a écrit aux lecteurs qu'il cherchait, dans ce roman, à montrer toutes les leçons données par des personnes dans sa vie. Seulement, dans mon ressenti, j'ai trouvé cela de trop. J'ai eu l'impression qu'il y avait une autre raison à cet "étalage" de stars.
Voici quelques citations que j'ai tout de même appréciées dans ma lecture :
"Être un professionnel consiste à faire des choses qu'on aime faire le jour où l'on a aucune envie de les faire." par Susan Crew
"Fais ce que tu crois être le seul à pouvoir faire." par Max Gallo
"Combien d'entre nous ont détruit notre comédie ? Lequel d'entre nous, devant son miroir, peut se vanter d'avoir échappé à la vanité, aux faux-semblants, à l'amour de l'apparence, à la construction d'une image qui permet d'avancer masqué ? Détruire sa comédie revient tout simplement à tuer son ego et s'élever au-dessus de son orgueil, s'accepter en se connaissant, ne pas trop s'aimer [....] Sommes-nous tous des comédiens, jouons-nous tous une comédie ? Avons-nous décidé un jour que nous étions bons dans un certain rôle et l'avons-nous endossé au point d'oublier notre naturel ?"
"Les mots sont la seule chose qui durera pour toujours." par Churchill en 1938
"Tout est déterminé par des forces sur lesquelles nous n'exerçons aucun contrôle. Ceci vaut pour l'insecte autant que pour l'étoile. Les êtres humains, les légumes ou la poussière cosmique - nous dansons tous au son d'une musique mystérieuse, jouée à distance par un flûtiste invisible." par Einstein
"Dieu a été inventé par les Hommes pour se rassurer et se protéger, et les religions n'étaient donc que cela : des systèmes de protection et de certitude face à l'incertain du monde." par Semprun
"On ne peut pas changer les cartes qui nous ont été distribuées, nos gènes, nos capacités, nos handicaps, mais on peut changer la façon de les jouer. Il y a plusieurs manières de jouer les cartes." par Randy Pausch
"All things are connected" par le chef des tribus Duwamish et Suquamish
"Henri se nourrissait de peu d'illusions sur la nature humaine, mais il avait, dans ses yeux, la lueur du sage et de celui qui préfère en rire."
C’était magnifique, quoique peu banal. Philippe Labro nous parle de ses rencontres décisives, celles qui l’ont marqué et influencé, inspiré pour ses écrits. On se sent privilégié d’accéder à ces anecdotes personnelles sur des personnages que l’on connaît tous, ces personnes qui restent humaines malgré leur génie, leur talent, leur notoriété… J’ai particulièrement aimé les listes de « j’emporterai », comme un rappel de la beauté simple de la vie, ça m’a incité à faire mes propres listes de ce que j’emporterai.
Beaucoup trop de passages à noter :
« Pour écrire les premiers mots, il faut avoir beaucoup de souvenirs. » - Rainer Maria Rilke, p15
« Il n’est aucune femme, aucun homme qui ne puisse dire « c’est fait » sans voir défiler les épreuves et les combats, les joies et les bonheurs. » p16
« Quoi qu’il arrive, j’apprends. Je gagne à tout coup. » - Marguerite Yourcenar, p17
« Je passais au bord de la Seine, Un livre ancien sous le bras, Le fleuve est pareil à ma peine, Il s’écoule et ne tarit pas, Quand donc finira la semaine. » - Apollinaire, p19
« J’ai beau faire, tout m’intéresse. » - Paul Valéry, p22
« Il donnait la clé de sa vie : - Faure quelque chose de mieux que la fois précédente. » - Ernst Lubitsh, p24
« La gazelle se réveille et sait que si elle ne court pas plus vite que le lion, elle sera tuée. Le lion se réveille et sait que s’il ne court pas plus vite que la plus lente des gazelles, il mourra de faim. Moralité : être lion ou gazelle importe peu. Ce qui compte, c’est que, dès le petit matin, à peine es-tu réveillé, commence à courir ! » p29
« Cette jeune femme à laquelle ressemble l’amour de ma vie. » - p30
« On lit souvent dans certains portraits l’expression « femme d’exception ». Formule idiote, toutes les femmes font exception. » p31
« Chaque fois, les mêmes leçons : l’humilité est une force, le sourire est une arme. » p34, à propos du personnel hospitalier
« Le courage du gosse de sept ans dont les parents sont ailleurs (au boulot) et qui traverse les rues tout seul, remonte les cinq étages d’un escalier étroit, trouve la clé que le rebord de la fenêtre, un bout de fromage avant de choisir de faire ses devoirs plutôt que de se figer devant l’écran d’un poste de télé qui renvoie de la neige entre deux fragments de film. […] Tous les jours, matin, midi et soir, nous croisons des femmes, des hommes, des enfants qui font acte de courage mais ne le savent même pas, ou, s’il le savent, ne le disent pas. » p36
« Je hais les gens qui n’admirent rien, car j’ai passé toute ma vie à admirer. » - Goethe, p37
« Si je ne peux totalement guérir mes patients, je peux au moins soulager leur douleur. » - Henry Cuche, p49, à propos de la psychiatrie « Il avait l’élégance d’aimer ses patients. Il appartenait à une académie peu fréquentée, celle du bon sens. La sagesse due à l’expérience de toute une vie consacrée au mal psychique des autres. Un savoir accumulé, celui des manques, des trous noirs, des héritages génétiques, ou autres. Il savait écouter autant qu’entendre et il choisissait en tout lucidité. » p49
« J’avais dressé une liste au sortir de cette « rechute » et couché sur le papier quelques préceptes volontairement simples, voire enfantins. Je veux les dédiées à celles et ceux qui m’ont lu, suivi et écrit, qui viennent à ma rencontre […], on se reconnaît comme des sœurs et des frères qui ont connu la vérité oppressante de la dépression et disent « si l’on a pas vécu cela, on ne peut pas comprendre. » »p51
« On ne croit que ceux qui croient en eux. » - Talleyrand, p66 (à propos de Johnny Hallyday)
« Je ne crois pas aux amitiés supplémentaires, mais aux complémentaires. Je crois, surtout, que la plupart des sentiments - amour, amitié, affection, attention, complicité, loyauté, fidélité - ne se commandent pas. Ils arrivent avec le temps, les expériences communes, les croisements, les comparaisons. » p68
« L’objectif de l’art n’est pas le déclenchement d’une sécrétion momentanée d’adrénaline, mais la construction, sur la durée d’une vie, d’un état d’émerveillement et de sérénité. » - Glenn Gould, p71
« L’humilité doit être la principale qualité de l’écrivain. » p91
« C’est une sorte de rendez-vous intime, exclusif, avec soi et avec l’encre, le stylo, les crayons (une gomme pour effacer les bêtises) et la rame de papier - elle doit être très épaisse, vous avez besoin de sentir ces feuilles blanches que vous n’arriverez peut être pas à remplir, vous avez besoin, épaules contractées, de sentir si ça coule, si ça vient, si c’est suffisaient clair. » p94
« Je ne blâme jamais l’échec. Il y a beaucoup trop de situations compliquées dans la vie. Mais je serai sans pitié envers le manque d’effort. » - Scott Fitzgerald, p95
« La fameuse définition de Malraux à laquelle il a déjà été fait référence, « l’intelligence, c’est le jugement hypothétique, l’esprit de synthèse, et la destruction de la comédie », amène la question : combien d’entre nous ont détruit notre comédie ? Lequel d’entre nous, devant son miroir, peut se vanter d’avoir échappé à la vanité, aux faux-semblants, à l’amour de l’apparence, à la construction d’une image qui permet « d’avancer masqué »? Détruire sa comédie revient tout simplement à tuer son ego et s’élever au dessus de son orgueil, s’accepter en se connaissant, ne pas trop s’aimer, ne pas céder à l’hubris des Grecs - la perte d’humilité. » p101
« L’intelligence est presque inutile à celui qui ne possède qu’elle. » p103
« J’emporterai, Border un enfant dans son lit ; la lumière de Paris qui tombe comme une caresse ; […] la première fois qu’on rate un examen ; la première fois qu’on embrasse sur la bouche » p109
« La France, ce n’est pas seulement l’envie, la dénonciation, la mesquinerie, la jalousie, la médiocrité, la bassesse. C’est aussi le don de soi, l’attention à l’autre, le culte du beau et du simple, l’invention dans tous les domaines. Ce pays bouge en permanence, il regorge d’intelligences et d’initiatives » p114
« Les mots sont la seule chose qui durera pour toujours. » - Churchill, p115
« Les hommes d’exception n’attendent pas qu’on vienne les chercher ; ils viennent quand ils sentent que leur heure est venue. Ils ne demandent pas qu’on les reconnaisse, ils se révèlent eux-mêmes ; ils arrivent comme la destinée, ils sont inévitables. » - Alexander McCallum Scott, p119
« Deux excès : exclure la raison. N’admettre que la raison. » - Pascal, p124
« Rappelez-vous qu’il faut regarder les étoiles, pas vos pieds. Essayez de donner du sens à ce que vous voyez et vous interroger sur l’existence de l’Univers. Soyez curieux… N’abandonnez jamais. Faites confiance à votre imagination. Faites advenir le futur. » - Hawking, p125
« Je n’avais pas encore assez lu Diderot selon qui, parmi les clés du bonheur, s’il y a la décision et la persévérance, il y a aussi le gentillesse. » - p143
« Immergé dans la musique, je vois, ressens et vis leurs regards, les relances, les appuis, les liens, cette complicité due au génie de Haydn qui les habite, et je fais partie de cet instant de bonheur. » - p156
« La condition de comprendre, ce n’est pas l’intelligence, c’est l’amour. » - Paul-Jean Toulet, p160
« Selon Vailland, pour la plupart des romanciers, l’aventure de l’amour est terminée lorsque les deux personnages parviennent enfin à coucher ensemble. Chez Stendhal, dans Le Rouge et le Noir, on lit cent pages de séduction pour une ligne de coucherie. Or, pour Vailland, c’est à ce moment-là que commencent les choses, une fois la conquête achevée. Vailland nomme « amour » le récit du couple. Il ne conçoit pas un amour qui ne soit pas partagé. Il exprime sa conviction, dans une formule que l’on a tort d’attribuer à Proust. Elle appartient à l’auteur de La Loi : « L’amour, c’est ce qui se passe entre deux êtres qui s’aiment : comment ils s’approchent, se fuient, se rapprochent, parviennent à échouer et à faire un couple et ce qu’il advient de ce couple. » » p164
« L’intelligence supérieure d’un individu se mesure à sa capacité d’entretenir simultanément deux pensées contradictoires, tout en conservant son aptitude à fonctionner. On devrait, par exemple, être capable de voir que les choses sont désespérées et néanmoins être déterminé à faire en sorte qu’elles ne le soient pas. » - Francis Scott Fitzgerald, p169
« Le comparatisme est une perte de temps, un rétrécissement de la pensée. » - p170
« Ainsi disait Braque sur l’art : « La seule chose qui vaille : celle que l’on ne peut expliquer. » » - p176
« On peut reconnaître le vertigo de l’égo à la façon dont les gens s’expriment, celui - où celle - qui commence toutes ses phrases par « moi je ». Mais l’ego vertigineux disparaît face à la vérité de la douleur ou de la mort possible. L’ego a besoin d’une bonne santé. L’ego surdimensionné est une maladie de riches. […] La lutte pour la vie dispense de toute ivresse égocentrique. Au fond, cette dérive n’est réservée qu’aux bien-nourris, aux nantis, ou alors, et c’est différent, aux créateurs. […] Le génie accompagne le dur-ego. Picasso en fût l’un des plus puissants exemples. Ce qui fait peur, c’est la surdimension sans génie - cela s’appelle alors la vanité. » - p197
« Les circonstances sont bien peu de choses, le caractère est tout ; c’est en vain qu’on brise avec les objets et les êtres extérieurs ; on ne saurait briser avec soi-même. On change de situation, mais on transporte dans chacune le tourment dont on espérait se délivrer, et comme on ne se corrige pas en se déplaçant, l’on se trouve seulement avoir ajouté des remords aux regrets et des fautes aux souffrances. » - Benjamin Constant, p223
« Les rencontres sont des cadeaux de la vie. » - p242
« Ne jamais sous estimer l’importance de s’amuser, se distraire, rire. Je suis en train de mourir, certes, et cependant je m’amuse. Je le ferai jusqu’au dernier jour. » - Randy Paush lors de « the last lecture » après avoir appris son cancer du pancréas.
« Oui, il y a eu et il y a toujours la maman - celle-ci aura pesé si considérablement dans ma vie que, d’une certaine manière, cela m’a dispensé de chercher d’autres modèles et d’autres mentors féminins. » - p265
« On peut aussi considérer que le violoncelle, le piano, le violon, la clarinette, l’orgue offrent suffisamment de beauté musicale pour que, une fois qu’ils se sont tus, nous puissions chérir le silence qui suit leurs chants puisque, dans ce silence, ils subsistent dans notre tête. On peut même souhaiter qu’il se prolonge, ne fut-ce que quelques secondes. » - p290
« On est « bon » parce que l’on est heureux » - p291, à propos de l’écriture
« Avec l’écriture, je ressentais le besoin de faire revenir mes goûts et mes odeurs, me couleurs, ce qui était le fond de ma vie. Le besoin de de décrire n’appartient qu’à soi. » - p292
« Je n’ai pas su inventer, mais j’ai transformé ce que je vivais ou avais vécu pour en faire de la fiction. À partir du réel, l’embellir, ou du moins réinventer et fantasmer - et respecter la si juste formule d’Aragon : « Le roman, ça consiste à brouiller les cartes. » Je ne pouvais véritablement écrire un roman que si, en premier lieu, j’avais vu ce que j’allais écrire. » - p293
« La fondation de ma fiction aura été - et demeure - la vraie vie, certes, mais à laquelle j’ai ôté le banal, la routine, pour essayer d’en faire quelque chose. L’écrivain est un menteur sincère, un tricheur souriant, un fabulateur conscient, un sérieux mythomane. » - p296
« J’écris parce que la vie, le monde, tout est incroyablement beau et étonnant. J’écris parce qu’il est plaisant de traduire en mots toute celle beauté et la richesse de la vie. » - Orhan Pamuk, p299
« Cette scène ne me quitte pas : deux hommes sur une plage face à la beauté et au mystère de le vie. « Je n’ai rien compris. » » p326
« Si je devais revivre ma vie, J’aimerais faire encore plus d’erreurs. J’irais cueillir plus de marguerites, J’irais grimper plus de montagnes, J’irais nager dans plus de rivières, J’irais danser plus de danses » - Jorge Luis Borges, p330
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J'irais nager dans plus de rivières, dernière oeuvre de Philippe Labro dans laquelle il se remémore les événements du monde qui ont marqué sa vie, les personnes importantes qu'il a croisées. Vision très intéressante d'un homme mû par la sagesse, le recul et la sensibilité, un homme qui aura tout vu, ou presque tout vu, tout appris, ou presque rien appris.
Magnifique. Un parcours génial avec des personnages uniques de la culture française comme Jonny Hallyday ou Fabrice Luchini. Les notes des carnets Moleskine de Mr Labro nous apportent des réflexions sur la vie et sur les gens qui nous entourent. 300 pages délicieuses.
Le livre est une réflexion sur sa vie, sur ses souvenirs et sur un monde qui n'existe plus que dans nos pensées. Ce recueil est évidemment soigneusement écrit, mais n'enchante pas le lecteur comme ses autres œuvres.
Quel idiot, ce Labro ! Voici ce qu'il écrit dans son dernier roman paru dans la Blanche de chez Gallimard « Il y avait Hank Williams, mais j’aimais surtout Lefty Frizzell, avec son timbre sec, ses chants transmis sur le ton d’une confession. Et Merle Haggard, Garth Brooks, Willie Nelson. C’étaient toutes ces nuits d’auto-stop en Virginie-Occidentale ou dans l’Oklahoma, aux confins du Mississippi, ou dans les vallées vertes du Kentucky – ce pays immense à découvrir. Rien ne remplace une jeunesse passée sur les routes, la nuit, à l’étranger. » On est en 1954, quand Labro étudiait à Washington et profitait de l'été pour faire du stop aux US. Il cite Garth Brooks, comme chanteur qui accompagnait musicalement ses virées estivales. Garth est né le 7 février... 1962. Comment le réviseur de la blanche de Gallimard, qui a révisé le texte de Labro qui écrit ou fait écrire n'importe quoi par un nègre, peut-il ignorer que le plus gros vendeur de disques de tous les temps n'a même pas 60 carats en 2021 ? Plus loin, rebelote dans la connerie à pieds joints. Je cite "Les paroles de Merle Travis chantées par Tennessee Ernie Ford : « Sixteen Tons », la complainte du mineur de charbon. Tu soulèves 66 tonnes et qu’est-ce que tu reçois ? Un autre jour plus vieux, un autre jour plus profond dans ta tête. Saint Pierre ne m’appelle pas, je ne peux pas venir, Je dois mon âme au patron de la compagnie. » Voilà les paroles de la chanson de Tennessee Ernie Ford que Labro attribue faussement à Merle Travis. "You load 16 tons, what do you get? Another day older and deeper in debt St. Peter, don't you call me 'cause I can't go I owe my soul to the company store" Donc déjà, sixteen, selon saint Philippe, ça veut dire 66, c'est le maître qui l'écrit, alors tu boucles ton clairon ! Désormais, quand tu réécouteras la chanson de Chuck Berry Sweet Little Sixteen, faudra imaginer une vieille à la place d'une nymphette who looked like a model on the cover of a magazine. Ta libido va en prendre un sérieux coup dans la testostérone. "deeper in debt" signifie donc "un autre jour plus vieux dans ta tête" (faut la trouver, celle-là) et "I owe my soul to the company store" ça veut dire "Je dois mon âme à mon patron" Ah ben là, mon gars, faut consulter. Ça urge. Voilà les conneries d'un lascar encensé par la presse, qui passe pour être LE grand connaisseur de l'Amérique, et vers lequel les micros se tendent dès que Kamala Harris se brise un ongle.