« Je peux toucher tes cheveux ? » « Vous fêtez les anniversaires dans ton pays ? » « T’as pas l’air gay, pourtant. » « L’important, c’est que tu te sentes bien dans ton corps. » « T’as tes règles ou quoi ? »
Ces remarques aux faux airs amicaux charrient une tonne de préjugés. Elles sont pesantes précisément parce que les personnes qui les prononcent sont rarement conscientes de leur énormité et des effets qu’elles peuvent produire. C’est pourquoi il est important de prendre la mesure de ces micro-agressions et, pourquoi pas, d’en rire. L’idée n’est pas d’organiser le plus grand procès d’intention de l’histoire mais de continuer de militer pour la tolérance afin que chacun puisse vivre paisiblement ses différences. Et puisque ça ne suffira pas, que ces « questions qui tuent » nous fassent hurler, sourire ou pleurer, finalement peu importe, l’idée serait simplement de ne pas s’y habituer.
Maladroites, condescendantes voir franchement racistes, homophobes ou sexistes (j’en passe), Sophia Aram dresse la liste de ces micro-agressions et c’est très drôle et tout à fait consternant.
Après une première partie théorico-pratico-experiencielle, suit une belle collection de toutes ces petites merdasses à déguster
J’aurai aimé que ce livre soit plus long. Malgré tout, cela en dit beaucoup sur le manque de tact et l’ignorance ambiante auxquelles l’on doit faire face lorsque l’on fait partie d’une minorité. L’éternelle question restante étant, est-ce que cela fait partie de nous au même titre que ce qui fait notre singularité ou bien cette identité en tant que noir, juif, arabe, homosexuel, etc… est la seule chose qui nous définit? La généralisation est bien souvent utilisé à des fins peu recommandées.