La dynamique de la société « hyper-industrielle » est-elle compatible avec l’urgence écologique ? Les gains d’efficacité considérables mis en œuvre par la machine industrielle ne suffiront pas à enrayer la catastrophe écologique qui menace. De nouveaux régimes de sobriété sont nécessaires. Mais, pour être désirables, ils doivent s’inscrire dans une réorientation des priorités productives : santé, éducation, alimentation, loisirs, sécurité, mobilité. Cette économie humano-centrée est en train d’émerger, mais son versant collectif reste largement à construire. C’est là que se trouvent les emplois permettant de sortir du monde thermo-fossile. Ainsi pourra-t-on fonder une nouvelle base productive, plus durable, enfin recentrée sur les besoins essentiels des êtres humains.
Une claire description du problème actuel ne suffit pas à prouver que de vagues idées d’économie humano-centrée amèneront à une amélioration quelconque de la situation. L’auteur propose avec justesse une reprise du pouvoir de l’état dans le règlement et les investissements publiques; dans lesquels les financiers modernes pourront puiser et privatiser les idées les meilleures pour le bien de la société. Mais ce système est hautement critiqué dans les pays démocratiques. Surtout dans les classes dirigeantes. Certes, la Chine et son régime autoritaire permet une évolution rapide mais tout régime impérial repose sur la chance d’avoir à sa tête un personnage doué d’intelligence et d’une certaine force d’esprit. Qu’en est-il de la Corée du Nord ? De la Russie ? De nombreux pays en Afrique ou Amérique du Sud. Voire même les États-Unis en ce moment même ! Il manque à cet ouvrage une proposition concrète permettant à une démocratie de faire évoluer son économie capitaliste vers une économie humano-centrée.