Trois ans après Os. La montagne blanche (prix Marcel-Dubé de l’Académie des lettres du Québec en 2018), Steve Gagnon revient avec un nouveau monologue théâtral qui sera porté sur scène par Guylaine Tremblay. Son personnage, pragmatique et libre, aime questionner l’ordre établi et agir sans rendre de comptes à personne… jusqu’à ce que la vie s’en mêle et vienne ébranler son corps et ses certitudes.
« je me tenais loin du romantisme et de l'amour comme d'autres se tiennent loin des nids de guêpes j'avais peur de mettre le pied dans quelque chose qui me tournerait bruyamment autour du coeur »
Monologue théâtral écrit par Steve Gagnon, dramaturge d’exception, pour Guylaine Tremblay après qu’elle ait mentionné en entrevue n’avoir encore jamais eu la chance de jouer en solo au théâtre.
Une enseignante de littérature libre, assumée, intellectuelle, indélicate, «impudique du corps mais pudique du cœur» savoure ses étés avec des amis dans une maison de Provence, l’un des deux temps de sa vie où la pièce nous mène à sa rencontre. Un texte d’une grande beauté, lucide, évocateur, poignant, émouvant, poétique, bouleversant, vibrant, où cette femme parle d’amitié, de solitude, de souvenir, d’amour, de rapport mère-fille, de conviction, de mémoire, de maladie. Et de parole, de fondamentale parole.
Après l’avoir lu, j’ai aussi rencontré ce grand texte à La Licorne, porté par Guylaine Tremblay, en avril 2021.
J’ai eu cet élan spontané qui m’est rare d’annoter, de souligner, de faire des allers-retours, de surligner, de dessiner, de corner des pages : je voulais tout garder de ces mots.
« j’irai au bout de la parole et et même si tout n’a pas nécessairement eu lieu dans notre histoire alors au moins tout aura été dit
Un long monologue théâtral, celui d'une femme passionnée et passionnante, une épicurienne, qui aime la vie, les voyages, le bon vin, le sexe, et qui passe tous ses étés en Provence en compagnie de vieux amis, à qui elle s'adresse tout au long de la pièce.
Ce qui fait la force de ce texte touchant, c'est la justesse de son personnage. C'est la comédienne Guylaine Tremblay qui l'a interprété, et je pouvais entendre sa voix à travers les mots que je lisais. L'héroïne de cette histoire est intelligente, délurée et très attachante. Je voudrais que ce soit ma matante cool! Sa passion est contagieuse, et son récit pose la question difficile de savoir comment accepter l'inéluctabilité de sa propre fin quand on est animé d'une telle vitalité.
« je me tenais loin du romantisme et de l’amour comme d’autres se tiennent loin des nids de guêpes / j’avais peur de mettre le pied dans quelque chose qui me tournerait bruyamment autour du cœur » p.50
Je n’avais pas encore lu de Steve Gagnon. Sa plume hachurée comme un poème transporte. Dans la bouche d’une grande comédienne, il sera superbement touchant, émouvant. Texte qui parle de l’amitié, de la liberté, de l’émancipation et de l’indépendance et de la perte inéluctable de l’autonomie. « 1000 fois je répète lentement ton nom / pour que 1000 fois ça répare les caresses que j’ai toujours remises à plus tard. »
Absolument amoureuse. Je sais que c'est censé être une pièce de théâtre, mais moi, j'y ai plutôt vu de la poésie. Et quelle bonne poésie! Vulnérable, tendre, fugace... mon souffle a été coupé de la beauté de cette œuvre. Je la recommande à tous ceux qui s'intéressent à l'être humain dans ses recoins les plus sombres mais aussi ses moments les plus éblouissants.
Steve Gagnon est l'un de mes auteurs préférés, j'adore son écriture théâtrale sous forme poétique. Ceci dit, cette pièce fut celle que j'ai le moins aimé de l'artiste. Les thèmes abordés auraient pu avoir plus de profondeur selon moi.
Bouleversant de beauté. La narratrice est touchante et criante de vérité en tant que professeure de littérature à la sensibilité exacerbée et au féminisme décomplexé.
Tant de choses me restent de cette lecture. Steve Gagnon a tout un talent poétique. Merci.