Un roman délicieux qui parle de la Palestine, de son passé, présent et future. L'histoire est pleine d'émotions, elle très bouleversante et, même, choquante. On découvre l'amour, le chagrin, la guerre, la vengeance et la trahison sur cette terre sainte et immortelle. Malgré les sentiments du culpabilité et d'impuissance, l'écriture est très apaisante. On se trouve dans un monde d'étincelles et des rêves. On aime encore cette terre grandiose et ce peuple résistant. On l'aime infiniment et inconditionnellement.
Mon passage préféré, et qui me rappelle ma chère Tunisie :
"Elle a raison. Ce pays est comme un chagrin d'amour. On guette la guérison. On se dit que c'est très bête, que ce n'est rien, ce n'es qu'un homme ou qu'un morceau de terre, des choses inutiles, comment aussi des choses inutiles peuvent-elles faire si mal? On se le répète. Certains jours de printemps, on se reveille, il y a un peu de soleil sur les draps du lit, on se tire et on se dit c'est une belle journée. Le douceur de ce réveil nous fait croire quela guérisonest survenue, au cours de la nuit, dans le cerveau désarmé. Désormais, c'estla convalescence. Désormais, ce pays là est fini pour nous. Mais ilsuffit, le soir même, d'un reflet dans le miroir, d'une personne croisée à qui l'on a envie de dire << Toi ! Toi tu étais bien avec moi, là-bas, il y a silongtemps, n'est-ce pas ? >> et c'est fini. D'autres jours, d'automne, dans un pays bien plus beau que celui-ci, où les forêts noires et profondes vivent à l'orange et les ruisseaux bleus et légers chantent des berceuses, c'est un vent qui se lève dans l'âme, on se dit, ça y est, c'est la guérison. Mais la nuit nous ramène à cette soirée, ce rossignol, cet arbre, cette blessure ouverte qui creuse le pays."
Le grand poète Mahmoud Darwich confirme cette image en disant :
Sur cette terre, il y a ce qui merite vie.
Alors, comment guérir de l'amour de la Palestine ?