« Plongés dans ce continent mental de la Pandémie, qui entrave la critique et qui tue le réveil des aspirations démocratiques, nos esprits sont comme occupés. »
La conviction qui nous anime en prenant aujourd’hui la parole, c’est que plutôt que de se taire par peur d’ajouter des polémiques à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l’espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties. La stratégie de l’omerta n’est pas la bonne. Notre conviction est au contraire que le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l’avenir du vivant.
À lire, à relire, à faire lire. Surtout aux endormis béats. Et se réveiller avant 2022, année du test de QI grandeur nature de la population française. Car des épidémies nous en connaîtrons d'autres, sûrement plus tôt que prévu grâce au phénomène de recombinaison virale liée à la vaccination génique(mais pas que). Reste à voir qui nous voulons au gouvernail pour surfer les vagues. Bougeons-nous pour ne pas couler. Il n'est pas trop tard.
Après avoir bouffé du Covid à toutes les sauces à la télé, à la radio, et dans les médias en général, je n'étais pas certaine d'avoir envie de lire quoi que ce soit d'autre sur le sujet. Mais je ne regrette pas ! Enfin un propos différent, constructif, stimulant sur cette pandémie.
"De sorte qu'on put se demander si ce virus ne réalisait pas finalement le rêve ultime des néo-libéraux: chacun, confiné seul chez soi devant son écran, participant à la numérisation intégrale de la santé et de l'éducation, tandis que toute forme de vie sociale et d'agora démocratique était décrétée vecteur de contamination"
Une voix contestataire mais pleine d'espoir, je recommande cette lecture à tou.te.s !
She’s a bit of a nutter ngl but ig that’s just the French political spirit. Apparently Covid didn’t exist? It was alllll a plan made up by the Western leaders. Any thoughts?
J'ai hésité entre ** et ***. Une chose avec laquelle je ne suis pas d'accord : si, certes, le covid s'avère surtout dangereux pour des personnes fragilisées (et les facteurs socio-économiques jouent bcp, cf la surmortalité de la région Seine-Saint-Denis) et/ou âgées et qu'une personne jeune et en bonne santé s'en sortira sans doute (mais pas nécessairement) pas trop mal, il n'en demeure pas moins que nous avons toutes des proches (des parents, grands-parents, oncles et tantes, mais aussi des ami·es et collègues) fragiles. Si je ne m'en fais pas vraiment pour moi, je m'en fais davantage pour ma mère ou pour des collègues immuno-déprimé·es. Et je me sens responsable. Effectivement, la communication gouvernementale qui vise à faire porters aux citoyen·nes la responsabilité des coupes budgétaires, de l'impréparation étatique, etc. est très fourbe. Pour autant, si ma mère tombe malade, je me sentirai responsable si j'ai décidé d'ignorer les recommandations de distanciation sociale (que je ne peux guère respecter de toute façon étant donné que je prends les transports en commun et que je croise beaucoup, beaucoup de monde au travail...). Les refs aux Lumières : bof. C'était imprécis et j'ai l'impression qu'on fait dire tout ce qu'on veut à cette époque.
Je partage son analyse au sujet des hôpitaux et des universités. J'aimerais bien lire ce texte de Bloch (L'étrange défaite) et l'article du Lancet (vol 396, 10255, sept 2020) qui lance la réflexion de Stiegler. Ah, cette belle pratique qu'est le nudging (un peu comme le chien de pavlov, on expose la citoyenne irrationnelle & inconséquente à des stimuli de manière à ce qu'elle ne rue pas trop dans les brancards => novlangue, attestations de déplacements dérogatoires). Il va sans dire que celleux qui nous gouvernent échappent à ce diagnostic.
J'avais commencé à lire ce tract fin 2021, soit à peu près 1 an après sa sortie. Quelle ironie douce-amère en reprenant sa lecture que de trouver en guise de marque-page une fiche de résultat de test covid, réalise pour aller voir mes parents à noël. Foutue période, très bien (et donc douloureusement) rendue dans ce tract. J'aurais aimé lire ce que l'autrice aurait à dire de la suite, de 2021, des autres épisodes, de ce fameux "monde d'après". Hahaha ironie douce-amère.
Je n’écris généralement pas d’avis sur mes lectures, mais celle-ci mérite que je m’y attarde. Juste merci, en fait, merci d’apporter une pensée et analyse fine sur un débat qui ne cesse de se voir terni et vidé de substance réellement critique. Merci de rendre digne l’opposition au nouveau continent de la Pandémie (et tous les nouveaux tournants du néolibéralisme qu’il permet), une position souvent stigmatisée et ridiculisée - parfois à juste titre, mais là nous semblons toucher à autre chose, à une autre échelle. Vous lire et affiner ma compréhension de la situation actuelle, la situer dans un certain contexte politique, fut un plaisir.
« Si certains continuent de s’arc-bouter sur leurs vieux schémas, espérant imposer de force aux “Amish” les mutations de la 5G, la plupart ont fait dans leur chair l’expérience douloureuse d’un soin et d’un enseignement vidés de leur nature collective et dégradés par le capitalisme numérique au statut de produits consommables. [L’expérience du confinement a donné] à des générations entières d’étudiants, d’artistes, d’enseignants, de soignants, de patients et de citoyens déshydratés une soif inédite pour la reprise de la vie collective. »
D'une grande pertinence, où l'inédit de la situation de crise sanitaire enclenche des phénomènes sociaux insoupçonnés et des mesures gouvernementales nécessairement arbitraires. La concomitance de ces deux effets, que l'essai de Barbara Stiegler interroge, permet de comprendre le bouleversement politique et social qu'ont constitué les épisodes de confinements successifs en France pendant la crise du Covid.
Même si je ne suis pas en accord total avec les propos tenus dans cet article, je trouve toujours de l’intérêt à lire et découvrir un point de vue différent du mien. Le style d’écriture est également intéressant.
J’aurais préféré mettre 2,5 mais ce n’est malheureusement pas possible. Je trouve que ça relève des questions très intéressantes mais je trouve l’écriture un peu compliquée par rapport aux propos tenus. Une écriture plus simple permettrait de toucher un plus large public.
Barbara Stiegler a l'incroyable compétence de pouvoir théoriser, résumer, concrétiser des propos justes, intéressants et raccrochés à des sources et textes toujours pertinents. La période actuelle n'y déroge pas : sa plume est percutante et agréable à lire. A lire et faire lire, de toute urgence.
Remets en question pas mal de choses sur la gestion de la crise COVID et surtout la façon dans laquelle on s'est soumis à ces décisions qui ne relèvent plus de la démocratie
Je ne suis peut-être pas d'accord avec tout ce qui se trouve dans ce court tract, mais je suis heureux d'avoir lu un point de vue différent sur la manière dont les gouvernements font face à la pandémie. Je suis d'accord avec l'argument selon lequel les citoyens sont infantilisés (cela se produit depuis des années) et la pandémie accélère les processus de néolibéralisme. Nous devenons des gens assis devant nos écrans lumineux, encore plus atomisés et aliénés les uns des autres. J'espère que le prochain deconfinement sera le dernier !