La présentation de l’éditeur et les commentaires élogieux ont rapidement fait monter "Gnomon" en haut de ma pile à lire, et c’est assez naïvement que je me suis jeté dans cette histoire.
Je dois cependant avouer que la lecture de ce premier tome n'a pas été facile, loin de là... Je pense même pouvoir la qualifier de difficile. Le vocabulaire spécifique à des domaines assez pointus, les tournures de phrase, les références culturelles sont légion et hachent la lecture, nécessitant régulièrement le recours au dictionnaire (vive le dictionnaire intégré aux supports numériques), la relecture acharnée ou le retour en arrière pour (essayer de) comprendre de quoi il est question. D’où deux conséquences pas très agréables: d'une part, le sentiment vexant de manquer cruellement de culture, et d’autre part, une lecture pénible, voire douloureuse lors de certains passages (ce qui n'est pas vraiment l'objectif recherché).
Malgré ces côtés négatifs, je n'ai jamais envisagé d’abandonner, principalement pour deux raisons: les excellentes critiques, et surtout l'intrigue. La narration est semée d’indices, de mystères, de symboles qui se répètent, se recoupent, s’intriquent et questionnent… et donnent envie de savoir où l’auteur nous emmène.
Par la suite, passée la moitié de ce premier tome, la lecture devient un peu moins difficile et le dernier tiers se lit beaucoup plus vite et donne TRES envie d’enchaîner sur le second tome. Avec le recul, j’en suis venu à considérer que la densité narrative employée dans la première moitié du livre faisait partie de l’intrigue et était destinée à participer à la complexité et à la profondeur des différents arcs narratifs, ce qui atténue mon ressenti initial.
En résumé, Gnomon - Tome 1 est un livre difficile, qui demande du temps, un dictionnaire et de la patience, mais dont l'intrigue justifie jusqu’ici largement les efforts et l'investissement nécessaires.