C'est l'histoire d'une femme en fuite. Née dans un pays qui, après l'effondrement du communisme, croque les fruits empoisonnés du capitalisme, l'héroïne de ce roman grandit parmi des humains au regard rivé sur leur écran de télévision. Elle fait partie de ce corps malade et court les fuseaux horaires. Pour échapper à soi-même, à la terre des origines, à l'histoire des parents, aux blessures passées, aux amours ratées. Et chercher à être enfin soi dans une géographie intime qui résiste au chaos. Cette femme est une fille de la mondialisation. Entre Bucarest, Paris, Mexico, Tokyo et Kinshasa, la narratrice poursuit une quête de la sexualité, de la féminité, de la sororité et des territoires marqués au fer rouge de l'Histoire. Ce Lost in Translation contemporain révèle une voix poétique et politique de romancière. Un roman au long cours qui nous emporte, nous rend plus forts, terriblement vivants.
Dommage, j'aurais bien voulu aimer ce livre, superbe titre, superbe couverture, mais en fin de compte, je n'ai pas du tout accroché à cette histoire de déboires de jeune adulte que traine son spleen à travers le monde et sur plusieurs continents, ses évocations de papa, de maman, des amants, le tout en interminables monologues comme quoi on est bien peu de chose en ce bas-monde. Curieusement, j'ai lu ces derniers temps un certain nombre de romans qui parlent de la Roumanie et je commence à avoir l'impression qu'il s'agit d'un pays qu'il faut quitter au plus vite, ou alors qu'on revient visiter pour être sûr qu'on a eu raison de le quitter au plus vite.
C'est la partie centrale qui se passe au Mexique qui m'a le plus intéressée - et pour cause, puisque j'y habite. Les descriptions qu'en fait Badea sont non seulement pertinentes, mais semblent aussi authentiques, donc j'imagine qu'elle y a sans doute vécu quelque temps. Et tiens donc, elle parle de l'Institut Français, où j'ai moi-même officié comme prof pendant 14 ans. Je n'ai aucun souvenir d'une collègue moitié roumaine, mais elle y est peut-être venue après mon départ, qui sait?
Bon. Maintenant, j'ai quand-même très envie de lire son théâtre.