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Dernière visite à ma mère

Le regard d’une romancière sur une expérience universelle : l’accompagnement d’un parent en fin de vie.

Pendant deux ans et demi, l’autrice a visité sa mère placée en Ehpad, avant qu’elle ne décède quelques semaines avant le confinement. Très vite, la vieille dame est rendue incontinente et grabataire, faute de personnel à ses côtés. Les mains n’obéissent plus, la mémoire s’évapore, la dépression s’installe. On l’infantilise, on la médicamente pour qu’elle ne crie plus sa solitude. Bientôt, elle ne sera plus que silence. Jusqu’à la fin, cependant, sa fille cherche à renouer les liens avec cette mère fantasque, insaisissable et s’interroge : peut-on se dire ce qu’on ne s’est jamais dit à la fin du jour ? Peut-on enfin oser les gestes de tendresse ? Une écriture à l’os qui donne toute sa portée au récit.

144 pages, Paperback

Published February 4, 2021

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About the author

Marie-Sabine Roger

148 books27 followers

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Community Reviews

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Displaying 1 - 9 of 9 reviews
7,172 reviews85 followers
September 30, 2021
Je reste avec une drôle d’impression sur ce livre. Comme si l’autrice parlait plus d’elle que de sa mère. Oui je sais que c’est son livre à elle, mais je m’attendais à un livre plus triste, plus empathique envers l’état de la mère. Alors qu’en fait, l’autrice ramène tout à elle. Par exemple, elle n’est pas triste que sa mère perdre la mémoire, elle est triste qu’elle ne se rappelle pas son anniversaire à elle. J’ai trouvé que le focus n’était pas où j’aurais aimé qu’il soit et le livre est donc allé dans une direction qui ne m’a pas vraiment plus personnellement.
Profile Image for Pikobouh.
495 reviews87 followers
January 29, 2021
TW = EPHAD / DEUIL MATERNEL

Ce récit témoignage me laisse un goût étrange. Comme une impression de ne pas avoir été à ma place en tant que lectrice. Comme une intimité troublée par ma présence trop curieuse. Il y a de la lumière dans ce texte, de beaux mouvements. Et que c'est dur !

La réalité crue et violente des EPHAD y est décrite sans concession et pour ce courage, l'autrice a toute mon admiration. Les yeux doivent rester ouverts.
Profile Image for BellesEndormies 🌙.
448 reviews22 followers
February 10, 2021
« Tu m’écoutais, c’est vrai. Je le voyais dans la petite lumière trouble qui s’allumait parfois, de moins en moins souvent, au fond de tes yeux sombres toujours noyés de larmes qui ne coulaient jamais, des larmes immobiles. »
Profile Image for Pamela Julien.
171 reviews5 followers
October 27, 2021
Wow… Au départ je n’étais pas certaine que j’allais apprécier cette lecture, mais honnêtement, je suis vraiment heureuse d’être tombée par hasard sur ce récit. Il est douloureusement bouleversant, d’une part me voyant confrontée au vieillissement de mes propres parents et au lent déclin de leur état de santé, d’autre part œuvrant moi-même dans le domaine de la santé auprès de personnes âgées en perte d’autonomie. Le livre nous confronte à ces épreuves que l’on vivra tous éventuellement, soit de perdre nos parents, ces êtres irremplaçables et inestimables, dont on tend souvent à prendre pour acquis, à croire qu’ils seront toujours là. La plume est absolument impeccable, les mots sont merveilleusement choisis. Je recommande fortement, c’est une lecture assez courte et très fluide.
Profile Image for Nathalie Vanhauwaert.
1,176 reviews48 followers
February 21, 2021
Une claque! Un livre qui secoue parce que ce qu'il véhicule est universel et que nous allons tous vieillir!

Marie-Sabine Roger commence à écrire un journal intime en 2017 alors que sa maman a 90 ans, celle-ci décèdera deux ans plus tard, juste avant le premier confinement.

2017, sa maman doit être placée, un terme dont la définition est réservée aux objets, aux matières inertes. " Poser quelque chose quelque part, l'y mettre, être mis en dépôt dit le dictionnaire ! Une terminologie atroce.

Être placée cela signifie l'abandon !

L'abandon de sa maison, 50 ans de vie. L'abandon de ses repères, l'abandon de ses souvenirs.

"Cette maison, c'était un livre ouvert, qui racontait 50 ans de ta vie, de la nôtre"

"Partir, à quarante ans, ça promet l'aventure. A quatre-vingt-trois ans, ça résonne autrement. C'est plutôt le mot "fin" qu'on entend."

Difficile d'accepter la vieillesse et la maladie malgré les divers signes que l'on se refuse de voir. Difficile de dire à sa maman qu'elle raconte toujours la même chose, qu'elle change, qu'on a remarqué des soucis d'incontinence, qu'elle ne mange plus bien et que l'on voit bien que la télé a remplacé les livres, que les choses changent.

"Ne pas vouloir vieillir, n'est pas du déni mais de l'évitement."

Pour Marie-Sabine, la distance qui s'installe, celle de la communication mais aussi huit heures de route qui les séparent rendent la situation plus compliquée.

Est ensuite décrite, la triste réalité des EHPAD, le manque de personnel, de temps, de moyens; ce qui fait qu'en un rien de temps sa maman deviendra incontinente et dépendante car c'est plus facile de mettre des couches aux gens que de les accompagner dans la dignité...

Vieillir en Ehpad c'est l'abandon de soi aussi. Pour des raisons pratiques on habille les pensionnaires comme des clowns avec des vêtements trop grands, sans forme mais pratiques pour gagner du temps toujours.

Vieillir en Ehpad c'est subir la honte : honte de se faire dessus parce que l'on n'est plus autonome.

Vieillir en Ehpad c'est moins de contacts sociaux ou des contacts avec des étrangers qui crient, hurlent au lieu de parler devenant séniles et malades. C'est une détresse que l'on n'entend pas et qui conduit à l'isolement, à la perte des mots.

Vieillir en Ehpad c'est aussi de la nourriture sans texture, sans saveur, des activités de maternelles, comment garder sa personnalité, rester en éveil, c'est encore et toujours l'abandon.

Maris-Sabine Roger nous livre un récit très réaliste, c'est dur car cela nous concerne tous. Elle choisit les mots avec force, précision et rend son récit poétique.

C'est lumineux car c'est une façon de dire combien elle l'aime sa maman, important de se réconcilier avant la fin qui est de toute façon inéluctable. Comme elle le dit si bien "On ne cesse pas plus d'être l'enfant que l'on ne cesse d'être mère".

La vie continue et elle trouve la force dans l'émerveillement, celui de la nature, de la vie.

C'est un très gros coup de coeur ♥



Les jolies phrases

Cette maison, c'était un livre ouvert, qui racontait cinquante ans de ta vie, de la nôtre.

Partir, à quarante ans, ça promet l'aventure. A quatre-vingt-trois ans, ça résonne autrement. C'est plutôt le mot "fin" qu'on entend.

Ce qui est trop près de nous, on ne le voit pas bien.

La distance entre nous ne se calcule pas de façon kilométrique, elle s'est tissée de choses jamais dites ou que nous disons mal. Elle se compte en années obscures comme on dit des années-lumière. L'obscurité est une unité de mesure, chez nous.

Peut-on prétendre aimer la vie, quand on n'est pas capable d'apprécier un bon plat ?

Vieillir, c'était mourir à tout enchantement.

J'assiste à mon délabrement, je suis le témoin de ma ruine.

Comment être humain, sans humains ?

Faute de moyens et de temps, on te rendra incontinente, puis grabataire, en quelques semaines seulement.

Les colosses ont des pieds d'argile. Plus près, jour après jour, de leur éboulement.

Plus le temps va, plus il va vite.
Les dix dernières années sont passées dans un souffle. Les dix prochaines se calculeront en secondes. Les suivantes, si je les vis, seront un battement de cils.

On ne cesse pas plus d'être un enfant que l'on ne cesse d'être mère.

Aujourd'hui on sauve les gens, au lieu de les laisser partir.

Aucun médecin n'est formé pour laisser mourir son patient sans rien faire.

Si vieillir est inéluctable, vieillir mal n'est pas obligé.

On t'isole dans ta chambre pour les mêmes raisons. Pour ne pas déranger les autres.
On t'isole, quand tu cries de solitude, d'angoisse. D'envie de retourner chez toi.
Ils ne trouveront jamais le remède, pour ça.
Il n'y en a pas.

Je n'ai pas peur de vieillir. Pas d'un point de vue esthétique, en tout cas. Je me contrefous de mes cheveux blancs et si je râle sur mes rides, certains matins de vieillerie, je m'y suis quand même attachée. Ce visage qui est le mien, il est unique au monde, il parle de mon histoire, il s'est construit, marqué, jour après jour.
Cette ride soucieuse, là, elle est venue ces derniers mois. C'est une cicatrice d'inquiétude. Un faux pli dans la soie de la sérénité.
Mais combien de rires, de sourires, pour toutes celles, nombreuses, qui plissent au coin de l'oeil ?

C'était comme si ton corps et ton esprit avaient fait sécession, l'un décidé à continuer le combat, cependant que l'autre, résigné, n'espérait que la reddition.

La vie est un bien précieux. C'est aussi un mal incurable. Personne n'en guérit jamais.



https://nathavh49.blogspot.com/2021/0...
Profile Image for LeBazardElora.
53 reviews1 follower
September 19, 2021
Le talent de Marie-Sabine Roger n'a plus besoin de me convaincre. Drôle dans "Bon rétablissement" et "Trente-six chandelles", elle devient touchante dans "La tête en friche" et dans son dernière livre "Dernière visite à ma mère". En seulement 133 pages, l'autrice vise en plein coeur, nous ouvre les yeux sur certaines dérives du monde médico-social. La difficulté de ne pas pouvoir lutter contre beaucoup de désagréments liées à l'âge. La difficulté de voir ses parents mourir dans l'indifférence presque totale.

"Dernière visite à ma mère" peut facilement se lire d'une traite mais j'ai aimé le faire durer.
Profile Image for Anne.
435 reviews14 followers
October 24, 2021
Les mots se posent pour dessiner la douleur, réécrire l’absurde d’une mère qui s’efface dans la démence ! Un beau témoignage qui accompagnera celles et ceux qui deviennent parents de leurs propres parents!
Profile Image for Isabelle.
579 reviews11 followers
February 21, 2022
"Je dis que je vais bien, et vous devez me croire. Pourtant ma mère est morte et la vie continue".
Profile Image for Emma.
24 reviews
August 6, 2026
Extrêmement touchant. Le traitement offert en EHPAD est scandaleux et ce livre en parle très bien..
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