Avant, la seule chose qui comptait, en âge, c'était celui du fond des verres. Et plus on était vieux, plus on était joyeux. Avant, je n'avais pas remarqué que mes parents étaient deux vieillards. Avant, mes copines m'enviaient parce que chez moi on avait le droit de jouer des maracas, de se déguiser avec les affaires de ma mère... Mais maintenant, ce n'est plus comme avant. Je n'ai plus tellement envie de montrer mes parents. Tout a changé depuis que je suis en sixième.
Claire Castillon fait son entrée sur la scène littéraire française en septembre 2000, elle n'a alors que 25 ans. Le grenier, un premier roman (éditions Anne Carrière), surprenant et dérangeant, retient l'attention des critiques et séduit un large public. Claire Castillon récidive avec Je prends racine (éditions Anne Carrière), un second roman qui assoit son statut de romancière tout en l'affranchissant des étiquettes. La reine Claude publiée en mai 2002 (éditions Stock) l'installe définitivement parmi les auteurs français qui comptent. Pourquoi tu m'aimes pas? son quatrième roman (éditions Fayard, août 2003) est considéré comme son oeuvre la plus aboutie et beaucoup regrettent son absence des palmarès littéraires. Vous parler d'elle (éditions Fayard, août 2003), cinquième roman en cinq ans, relate l'histoire d'une jeune femme enfermée et prostrée dans sa maison de campagne suite á un choc. Réfugiée dans le toit de cette maison, prise par le ressassement et l'angoisse elle va revivre sa vie, perdue, prise par le jeu de sa mémoire, entre vérité et fantasme. Vous parler d'elle a obtenu le Grand Prix Thyde Monnier.
De novembre 2004 à juin 2005, Claire Castillon a fait une petite incursion sur le petit écran, elle a en effet animé tous les samedis En attendant minuit sur la chaine du câble TPS Star. Cette émission, qui existe toujours, fait un tour d'horizon de l'actualité du sexe aux quatre coins de la planète de façon informative et ludique.
En 2006 Claire Castillon saute à pieds joints dans la nouvelle avec la publication d'Insecte, un recueil de nouvelles (éditions Fayard) sur les rapports entre les mères et les filles. Le succes est immense, cet exercice de style lui sied à merveille. Insecte a été traduit en douze langues (anglais, italien, allemand, néerlandais, castillan, catalan, portugais, danois, finnois, suédois, chinois et coréen). On n'empêche pas un petit coeur d'aimer (éditions Fayard), un second recueil de nouvelles, parait en 2007. 23 nouvelles croustillantes qui passent les relations hommes-femmes au peigne fin.
Ce titre est une tuerie. Merci Claire Castillon. ♥
Le roman est très, très bon. Il raconte la vie de Guilène qui entre au collège et sent que tout est désormais différent sans comprendre pourquoi. Une frontière invisible a été franchie. D'un coup, l'enfance insouciante appartient au passé. Place maintenant à la préadolescence avec ses codes incompréhensibles - à ne surtout pas louper. Résultat : soit tu suis le mouvement en bêlant, soit tu restes sur la touche.
Guilène est sceptique mais préfère rentrer la tête dans les épaules que d'attirer l'attention sur son cas. Ça craint déjà d'avoir des parents plus vieux que les autres. Quel est le problème ? Le regard des autres, justement. Ce regard qui juge bêtement et cruellement. Guilène adore ses parents mais a conscience aussi qu'ils ne sont pas modernes et que les différences font désordre dans cette nouvelle dimension.
Claire Castillon a réussi à se mettre dans la peau d'une petite fille qui pensait avoir tout le temps de grandir (ou qui n'avait pas envisagé que son univers soit sujet au chaos) et qui en fait l'amère expérience sans notice préalable. D'un autre côté, Guilène est une nana formidable, pleine d'innocence et de fraîcheur. Ouf. Elle sait ce qui cloche, elle compose du mieux qu'elle peut et elle répond avec intelligence. Yes. Tout ça pour dire que ce roman est rempli d'émotion et d'humour. C'est féroce, c'est mordant mais ça sonne vrai. Confiez-le aux élèves en fin de primaire / début de collège.
Roman de 2021, ce roman à la fois léger et profond aborde la parentalité tardive, ainsi que la dernière année de scolarité à l'école primaire.
Guilène adore ses parents et pour elle, du moins jusqu'à maintenant, le fait qu'ils aient une ou deux décennies de plus que la moyenne des parents de sa génération de classe ne la dérangeait pas du tout. Mais la sixième année aborde son lot de questionnements et de comparaisons, pas toujours pour le mieux. Déjà, à l'école, Guilène peine à comprendre les innombrables nouveaux codes et règles qui régissent leur statut de "plus vieux" de l'école. Heureusement que son amie Cléa est là pour la guider. de plus, la classe doit composer avec l'implacable Mme Ivano, qui clairement n'a pas la fibre professorale. Lorsqu'on cherche un endroit pour faire une soirée pour la classe, les parents de Guilène accepte de prêter leur appartement aux quelques trente jeunes. Guilène est cependant atterrée par les commentaires des autres élèves une fois que tous ont pu constater l'âge de ses parents. Comment la jeune fille parviendra-elle à gérer tout ça?
J'ai beaucoup aimé le sujet des parents tardifs, qui sont d'ailleurs très attachants. C'est une belle porte ouverte pour parler des générations et des conceptions ou préjugés autours des groupes d'âge. le message général est positif: au fond, quand on a des parents disponibles, compréhensifs et aimants, l'âge n'a pas d'importance.
On aborde aussi la sixième année dans sa "singularité" de dernière année avant le secondaire. Toutes ses règles et codes aussi inutilement compliqués m'ont bien fait rire! Mais en même temps, ça ne m'étonne guère, puisque que l'école est une microsociété, elle a donc des groupes qui se crée naturellement des règles et des codes pour établir son fonctionnement social, rien de bien méchant, mais c'est juste tellement trop compliqué pour rien! Code vestimentaire, aptitude à adopter, terrain à occuper, mouvements et gestes à éviter, etc.tout y passe.
L'aspect abusif du professeur de math m'a laissée perplexe, dans la mesure où pareille attitude serait synonyme de renvoie ou de sanctions disciplinaires dans ma province et de manière générale, ce sont plutôt les profs qui se font harceler. Mais quand ça arrive, évidement, il faut trouver un moyen pour que les élèves puissent dénoncer ce genre de dérive. En ce sens, j'apprécie que ce soit abordé ici.
J'ai bien aimé suivre Guilène dans ses réflexion. C'est un personnage timide, tendre et introspective, le genre de personnage qui va évoluer en bien. La marche entre cinquième et sixième lui semble haute ( peut-être avec raison si je me fis aux codes évoqués plus haut), mais cette part d'elle "décalée" qui lui semble rétrograde est en fait simplement différente et présente son lot de qualités.
Je sors donc satisfaite de ce roman, qui sans crouler sous l'action comporte une belle dimension psychologique et traite de sujets qu'on voit relativement peu souvent. Il se peut que certains éléments culturels ne soient que peu évocateurs pour les Nord-américains, mais les sujets de base ont une portée universelle, alors ce n,est pas un handicap.
Catégorisation: Roman Fiction, littérature jeunesse intermédiaire, troisième cycle primaire, 10-12 ans. Note: 6/10
J'ai beaucoup aimé ce livre mais j'ai était un peu déçu je m'attendais à un livre profond montrant une jeune fille qui apprend à grandir mais ce n'est pas ce à quoi je m'attendais...
Un bon roman jeunesse positif qui aborde avec humour et sérieux à la fois l'entrée dans l'adolescence. J'ai beaucoup aimé le thème des "vieux parents" et les questionnements que ça crée. L'histoire est très sympa, même si parfois j'ai trouvé les résolutions un peu faciles.