Mourir. Voilà notre lot, malgré la vie, malgré la joie. Mourir, mais peut-être renaître un jour. Ou peut-être accéder au néant, lieu du silence suprême. L’interrogation est majeure, fondamentale. Elle a vrillé les esprits humains depuis la préhistoire. C’est à force d’écrire, mais aussi parce que mon activité médicale m’a souvent mis en contact avec la mort, que je me suis rendu compte que l’angoisse existentielle constituait l’un de mes moteurs d’existence. J’ai vécu le plus intensément possible, en cherchant à donner de l’amour comme à rester en état d’amour, parce que, peut-être, toute cette vie qui est la nôtre n’est qu’absurdité. Peut-être. Mais de tout mon être, je veux avoir foi en mon âme comme en l’Âme du monde.
J’ai beaucoup aimé ce recueil de poésie qui raconte l’histoire d’un homme agonisant, au bord de la baie d’Ungava, après un accident de motoneige. Recueil aux accents lyriques, inspiré, spirituel et transcendant. Désy l’avoue: la mort est le sujet le plus difficile de toute sa vie d’humain et de poète. Recueil admirable, sur fond d’une toundra angoissante, d’une faune aussi salvatrice que menaçante et de désir de fusion.