Dans la nuit du 26 décembre 2018, la maison de Robert Lalonde a complètement brûlé. Cette demeure, que sa compagne et lui avaient construite et entretenue avec ardeur pendant plus de quarante ans, n’est plus qu’un tas de cendres fumant au milieu du jardin dévasté. Les pompiers ont bien tenté de faire sortir à la queue leu leu les quatre mille livres que recelait la maison en flammes. En vain, ou presque. Les maîtres de céans, après avoir cherché une porte dans l’étouffante boucane noire, se sont retrouvés, en plein cœur de l’hiver, tous les deux nus comme au premier jour.
Pendant toute une année, ils ont caboté d’un chalet à l’autre en attendant qu’une nouvelle demeure les accueille. De cet épisode, Robert Lalonde tire un de ses textes les plus lumineux. Les livres, aussitôt partis en fumée, ne demandent bien sûr qu’à renaître, et un beau matin une idée vient à l’auteur : traduire Walt Whitman, tout Leaves of Grass, pour s’occuper. Ces carnets, ponctués de passages tirés de l’œuvre maîtresse du grand poète américain, racontent comment l’écrivain, chassé d’un paradis pour en voir un autre se construire sous ses yeux, reprend ardemment goût à la vie – une vie toute nouvelle.
Librarian Note: There is more than one author in the Goodreads database with this name.
Robert Lalonde est né à Oka en 1947. Après avoir obtenu un baccalauréat ès arts au Séminaire de Sainte-Thérèse, il a poursuivi des études en interprétation théâtrale au Conservatoire d'art dramatique de Montréal.
En 1970, il a obtenu le premier prix d'interprétation du Conservatoire et une bourse d'un an qui lui a permis de voyager en Europe et aux États-Unis.
Professeur d'art dramatique au Cégep Lionel-Groulx, il a aussi enseigné au Conservatoire d’art dramatique de Montréal ainsi qu'à l’Université du Québec de Trois-Rivières. Acteur dans de nombreux films et téléfilms, homme de scène, il se consacre également à l'adaptation de textes pour le théâtre et à l'écriture romanesque. Il a entre autres traduit le livre d'Anne Michaels, Fugitive Pieces (La Mémoire en fuite, Boréal, 1998).
Ses notes sur l’art de voir, de lire et d’écrire, parues dans Le Devoir il y a quelques années, ont été très appréciées du public et se retrouvent, complétées de textes inédits, dans Le Monde sur le flanc de la truite et Le Vacarmeur, tous deux publiés au Boréal.
Robert Lalonde représente le Québec à chaque automne depuis 1997 en tant que membre du jury du Prix de l’Union latine, à Rome (Italie).
En 2005, il a fait paraître le roman Que vais-je devenir jusqu’à ce que je meure ?, un bouleversant portrait de l’adolescence. Enfin, au printemps 2007, Robert Lalonde nous a offert le recueil de nouvelles Espèces en voie de disparition, une plongée vers l’humanité qui se cache derrière le quotidien, une échappée vers la part la plus vivante de nous. Ce recueil a été finaliste dans la catégorie « Romans et nouvelles » des prix du Gouverneur général 2007 et finaliste du Prix du Grand public La Presse /Salon du livre de Montréal. Il est également, à l’heure actuelle, finaliste du Grand Prix littéraire Archambault et du Prix littéraire des collégiens 2008. En 2009, il nous offrait deux novellas réunies dans Un cœur rouge dans la glace et au printemps 2011, il a publié sous le titre Le Seul Instant ses carnets, regroupant réflexions et aquarelles.
Une parabole qui suggère que le fatras intellectuel que nous accumulons autour de nous comme des «ramasseux» de bon goût nous empêche parfois de profiter allègrement des choses simples.
Je résume grossièrement, mais ça vaut la lecture: une ode à la vie et à la nature comme on n'en lit que via des plumes d'un certain âge, lyrique et élégiaque, avec des phrases d'une rare beauté. On tourne les pages de ce tout petit récit très lentement, avec une langueur admirative.
La maison que partageait Lalonde avec sa compagne depuis des décennies est rasée par le feu, du jour au lendemain, avec tous les trésors accumulés au fil des ans. Sans entrer dans les détails alourdissants, l'auteur narre les différentes phases de renoncement qu'il traverse, la recherche d'un nouveau paradis, le contact constant avec la nature.
Première fois que je lis Robert Lalonde et je reste malheureusement sur mon appétit. Le meilleur point est sans doute qu’il m’a donné le coup de pied nécessaire pour me pousser à lire l’œuvre de Wat Whitman, que je me promets de lire depuis déjà deux ou trois ans. Sinon, bien que le sujet soit prometteur et touchant, l’épreuve et la remise en question entrainée par l’incendie de la résidence de l’auteur, j’ai trouvé l’écriture certes habile, mais peu touchante. Hormis quelques passages qui m’ont plus interpellé, la majorité du texte m’a laissé de glace. De plus, cela semblera extrêmement prétentieux de ma part, je m’en excuse à l’avance, je ne suis pas d’accord avec de nombreuses traductions que l’auteur fait des écrits de Whitman. Je redonnerai une chance, un jour, à cet auteur, grand nom de la scène littéraire et culturelle québécoise, mais ce premier contact m’a malheureusement déçu.
"Il neige à plein ciel. Le roman de Pasternak a brûlé, mais son hiver de force feule toujours en moi, me rappelant qu'on écrit parce qu'on a été heureux sans le savoir et qu'on compte bien, quoi qu'il arrive, l'être de nouveau, ne laissant à aucun prix le temps nous voler l'ivresse de l'instant."
Après l’incendie de sa maison et la perte quasi totale de sa bibliothèque, l’auteur se rebatit un paradis en écrivant sur son nouveau quotitien et en revisitant de mémoire les livres qu’il a aimés et les auteurs qu’il admire. Très beau récit, écrit dans un style dense, qui intègre comme toujours la nature et ses beautés.
(4/5, I really liked it) « Écrire, c’est se « défixer », et non se centrer, c’est aller voir ailleurs pour regarder en soi. » Rendez-vous annuel avec un de mes préférés, Robert Lalonde. L’offre de cette année passe par le carnet.
Dans les mois ayant suivi l’incendie du domicile habité depuis des décennies avec sa précieuse F, il relate faits et émotions traversées, et ce, sans hésiter à passer par la riche transgression. Alors que, depuis toujours, Lalonde se vautre dans les citations, son ami éditeur semble se réjouir que les flammes aient avalé des centaines de ses livres tant chéris, privant l’auteur, croit-il, de références à coucher sur les pages. Fausse route, cet ami fait-il. L’auteur s’est donné pour mandat de traduire le poète-romancier américain Walt Whitman, dont les mots habitent ainsi plusieurs séquences des carnets. Quelques phrases en anglais, suivies de la proposition de Lalonde viennent appuyer le propos du jour. Sans Robert Lalonde, je n’aurais pas rencontré ce Whitman.
« I inhale great draughts of space, The east and the west are mine And the north and the south, I am so much larger than I thought…
J’aspire de grandes bouffées d’espace, L’est et l’ouest sont à moi, Et le nord et le sud. Je suis tellement plus vaste que je croyais… »
Bien que les tribulations post-incendie, puis l’aménagement dans la nouvelle piaule constituent le fil conducteur temporel des textes, c’est davantage l’amour de la lecture et le besoin viscéral d’écrire qui sont au cœur de la réflexion de LA RECONSTRUCTION DU PARADIS. Au fil des mois, des livres lui reviennent en mains, avec eux, leurs mots, de nouvelles idées, pour nourrir le quotidien. Que j’aime cet auteur.
« Le miroir et le calendrier sont les inventions les plus perverses de l’histoire de l’humanité. »
« La lumière du matin achève de me persuader qu’il ne sert à rien de convoquer ce qui n’a pas eu lieu, ce qui n’a pas lieu et ce qui n’aura pas lieu. »
« Quelle est au juste, cette lueur, sinon ce qui fait la différence entre le champ de blé du paysan et celui de Van Gogh? »
Ce livre est un condensé de pensées sur la perte et la fragilité de l'existence. Le trauma, le pouvoir destructeur du feu sont omniprésents au début de ces Carnets. Le natif d’Oka nous offre par ailleurs une leçon de courage sur la capacité qu'à l'humain de se relever après une épreuve, ainsi qu'à conserver son sens de l'émerveillement. Leave of Grass de Walt Whitman, que l'auteur a traduit pour s'occuper l'esprit après le drame, est en filigrane tout le long de l'ouvrage. Robert Lalonde cite également d’autres écrivains marquants dans son parcours. Le tragique incendie du 26 décembre 2018 aura donc préservé l’essentiel !
3.5 Ce n’est pas un roman mais plutôt des réflexions suite à l’incendie qui a ravagé sa maison et détruit des milliers de livres en décembre 2018. Il parle beaucoup de la nature, de souvenirs avec son père. Il cite et traduit des passages de Leafs of grass de W. Withman ( bouquin rescapé de l’incendie)de même que d’autres réflexions d’auteurs comme S de Beauvoir, Giono, P Eluard, Éric DeLuca... C’est quand même un livre tendre sur le lâcher prise. Il ecrit: À tout désir de renaissance, même secret, le malheur est bon. Il est d’une grande sagesse.
La maison de l’auteur a été entièrement détruite par le feu en 2018, transformant sa bibliothèque de 4,000 livres en cendres. Robert Lalonde nous donne une leçon de courage et de résilience car loin de la tristesse excessive et du désespoir, il y voit l’occasion de se renouveler en se centrant sur l’essentiel. Amoureux de la nature et de la poésie de Walt Whitman, l’écrivain entreprend la traduction en français de toute l’œuvre du poète qui célèbre la vie et ses bonheurs. Un livre tendre et plein de sagesse face à l’acceptation du passage du temps.
Août 2023. 3,5/5 Au début, la fin de son paradis me parlait du mien. J’y ressentais comme un écho. Sommes-nous trop embourbés dans nos possessions (même des objets intellectuels tels des livres) pour oublier qu’ils vivent en nous? Le rappel et la nature me ravissaient.
Puis, va savoir, le dernier quart a été plus ardu. Je n’accrochais plus. Ça arrive. J’ai poursuivi pour l’espoir. J’en ressors moins enthousiaste mais quand même un peu fouettée.
Beau petit livre, carnets de vie de Robert Lalonde suite à l’incendie de sa demeure en 2018 et à la construction de son nouveau paradis 1 an plus tard. Quelle plume que possède Robert Lalonde. Je lisais cela un peu comme de la poésie. De ces 4000 livres partis en fumée, il s’en remémore certains et en découvre de nouveaux en nous faisant partagé ses états d’âme. Beau moment de lecture
Se reconstruire après l’incendie. On reconnaît la belle main de Lalonde, mais sa détresse en feuillets aussi épars est difficile à embrasser. Peut-être ai-je besoin de plus de lumière.