Athletic Center, Toronto. Sous Son regard, une nageuse lutte contre l’élément liquide pour améliorer son chrono et mériter une place aux compétitions nationales. L’entraînement se poursuit parfois hors les murs du centre sportif, dans son appartement à Lui où elle doit se soumettre à des rituels destinés à la libérer de ses résistances. Le roman de Marie-Hélène Larochelle raconte cette relation de pouvoir et de vouloir. Il dit ce qu’il faut parfois embrasser pour accéder aux plus hauts niveaux de performance sportive. Le lecteur suit l’athlète et son équipe dans ses entraînements et ses compétitions. On nage avec elle dans toutes sortes d’eaux et on se noie un peu à Arcachon. En sortant de ce roman, et malgré tout le chlore et le sel qu’on respire et avale en cours de lecture, on se sent un peu sale et amoché.
Au début j’étais perplexe et perdue. Je ne savais où j’étais et ne réalisait pas réellement les faits et la trame du livre. Mais peu à peu, je me suis fait engloutir par l’histoire, j’ai ressenti et vécu le malaise qui transcendait l’histoire jusqu’à m’atteindre physiquement. J’ai terminé ce livre sur un qui-vivre mais en étant époustouflée car c’était toute un thrill en plus d’exposer une facette très tabou des sports de performance et du prix à payer pour être au top en étant une fxmme.
Au début, j’ai hésité. Je n’étais pas certaine de bien cerner l’ambiance, l’environnement dans lequel l’autrice me plongeait. C’était flou, étouffant. J’ai dû rapidement me faire à l’idée que si je voulais vraiment apprécier ma lecture, je devais me laisser porter par la vague. Arrêter de nager à contre-courant en cherchant expressément une logique à tout. Ça n’a pas été long qu’une fois bien immergé dans l’histoire, j’ai pris conscience de ce qui se déroulait sous mes yeux. J’ai été secoué devant la dureté, parfois même l’horreur de ce que je lisais. Je ne suis pas familière avec le monde des sports. Encore moins avec celui de la nage de compétition. Voir l’immensité de la toxicité qui peut ressortir du pouvoir de force entre un entraîneur et un athlète, c’est chamboulant. Le prix à payer pour être une athlète féminine de haut niveau est élevé. L’autrice révèle bien la noirceur de cette réalité. C’est violent, dégradant.
Au final, J’ai beaucoup aimé ma lecture. Un livre à découvrir.
MH a une écriture toujours aussi singulière. Je l'ai lu en quelques heures, un peu hypnotisée par le style, un peu perdue aussi... mais il faut se laisser porter par le courant du livre sans se poser de questions, je crois. J'avais l'impression d'avoir la tête sous l'eau, de sentir le chlore, de revivre un peu toutes ces années où je me suis entraînée à devenir sauveteure. Bref, c'était... fluide, liquide, étrange. Violent et cruel, mais décrit avec un tel détachement! Je referme le livre en voulant le relire, en me posant d'innombrables questions. Chapeau MH, tu as réussi à me captiver et me jouer dans la tête encore une fois 😅
J’ai aimé la profondeur de Je suis le courant la vase. Souvent, pendant ma lecture, je me retrouvais devant des phrases du genre «La jouissance est une dépression, le sentiment en boucle d’un accomplissement déjà reçu». (p.24) Je relisais les passages qui menaient à elles, pour mieux apprécier leur beauté, tout en sachant que je ne saisirais probablement jamais complètement le sens, comme on ne sait jamais, dans le creux de la piscine, où se situe exactement le fond. Le fait que le roman soit construit sans aucun dialogue le rend aussi très intime. Même si je ne me suis pas tellement attachée au personnage principal, j’aimais percevoir les choses à travers elle.
Je fût grandement surprise par ce livre. Le livre est rempli d’une grande poésie, nous plongeant alors complètement dans la déchéance du personnage principal. J’ai eu de la difficulté à m’attacher au personnage, mais tout au long c’est comme si je n’avais pas envie de la laisser tomber, de la laisser seule avec ses pensées. J’avais envie de la prendre dans mes bras parce que cette tristesse je suis sûre qu’elle n’est pas la seule à la vive. Sinon, j’ai adoré mon expérience, car l’auteur a parfaitement réussi à transposer les pensées et sentiments de la protagoniste.
Pendant les premières pages, j’étais incertaine de l’apprécier et même de le lire complètement. Après une dizaine de pages, j’étais complètement happée et je n’ai pas décroché avant de l’avoir terminé. L’atmosphère intense et étouffante de la compétition nous atteint de plein fouet. L’autrice met également des morts sur le silence des athlètes féminines et les réalités violentes auxquelles elles font face. Ce roman était une expérience que j’ai adoré faire!
Un style d’écriture que j’ai adoré avec une grande profondeur. L’autrice nous plonge dans la vie d’une nageuse à travers ses entrainements, la pression qu’elle subit ainsi que toute l’émotion qu’elle ressent. Nous sommes carrément dans la tête de cette athlète et nous pouvons ressentir la violence et la toxicité au milieu de ses compétitions et de la performance exigée. Je referme ce livre en me questionnant, est-ce que tous les athlètes vivent ça?
Les dernières phrases de la quatrième de couverture ne pourraient être plus vraies: " On nage avec elle dans toutes sortes d'eaux et on se noie un peu à Arcachon. En sortant de ce roman, et malgré tout le chlore et le sel qu'on respire et avale en cours de lecture, on se sent un peu sale et amochée."
Je ne saurais mieux décrire comment je me sens à la sortie de ce livre.
Étant moi-même une ex-nageuse, je comprends vraiment bien la réalité du personnage principal, tout ce qui entoure la natation de compétition, les entraînements, les camps d'entraînement à l'extérieur, le stress, le besoin de rester "dans sa game".
C'est un roman qui frappe, qui fait mal.
Il y est question des agressions subies dans le sport de haut niveau. Des abus par l'entraîneur, par des pairs.
J'ai lu ce roman à petites doses, parce que certains bouts étaient plus difficiles, voire très difficiles. Je le reprenais quand je m'en sentais capable, quand j'avais absorbé ce que j'avais précédemment lu.
Je pense que d'être capable de me mettre dans la peau du personnage et de comprendre sa réalité de nageuse m'a rendu cette lecture encore plus ardue. Je vivais les épreuves avec elle, même sans n'avoir jamais vécu ce qu'elle a eu à vivre.
L'écriture de l'autrice est fluide, particulière. Elle prend un temps d'adaptation. Mais elle est belle et elle rend bien son histoire.
On suit le quotidien d’une nageuse de haut niveau. Celle-ci se livre à des rituels avec son entraineur, elle connait des relations perplexes avec ses coéquipiers. La narratrice, complétement dissociée d’elle-même, s’offre aux autres dans l’abus et la violence. On voit l’inspiration de l’autrice dans les scandales sexuels survenus dans les clubs de gymnastique aux États, ou encore dans les clubs de ski au Québec. Le phénomène se fait de moins en moins rare dans les lieux de performance. Dans ce roman, le silence est rompu, et rend notre lecture inconfortable (TANT MIEUX!) On accompagne la narratrice avec sensibilité, elle qui s’abandonne dans tout. On aurait juste envie de la secouer afin qu’elle prenne soin d’elle-même. Excellent livre!
L’exploitation d’un athlète (peu importe son sexe) par son entraîneur, ou même par ses prétendus amis, est un sujet malheureusement toujours d’actualité qu’il est essentiel de dénoncer.
Ce roman aborde ce thème de manière percutante en l’inscrivant dans l’univers de la natation. En tant que sport mettant l’accent sur l’effort physique, il permet à l’auteure de nous plonger dans des descriptions détaillées des sensations corporelles, renforçant ainsi l’impact des abus décrits.
Toutefois, en tant que lectrice plus attirée par les éléments visuels dans un récit, j’ai eu davantage de difficulté à me laisser emporter par l’histoire.
Une écriture fascinante, qui plonge le lecteur dans un monde malsain de compétition sportive de haut niveau. C’est une expérience très physique, que l’on ressent dans chaque fibre du corps. Jusqu’au malaise, jusqu’à l’impression d’être soi-même salie, vaseuse.
étrange écriture qui décrit de façon parfaite et organique; l’eau, les fluides et le malaise de cette jeune athlète de haut niveau de natation. je lui aurais fais couler un bain chaud avec bien des bulles pour qu’elle se repose un peu...
J'ai trouvé très intéressant de voir le thème de l'eau, autant dans la natation que dans les autres étendues d'eau dans laquelle elle se perd. Je n'ai pas tout compris, mais j'ai bien vu la détresse et le besoin de s'évader, de disparaitre.