Histoire extrêmement intéressante, retraçant le parcours d’une femme partie de rien et devenue, grâce à son ambition, sa ruse et son intelligence, la cheffe d’une immense coalition de pirates. Elle fut la pirate la plus puissante de son époque — et reste encore aujourd’hui indétrônée. Ching Shih (qui est en réalité son nom de veuve ; son nom de naissance est Shih Yang, ~1775–1844) atteint son apogée lorsqu’elle dirige, selon le roman, « 70 000 hommes et 300 jonques de guerre », au point de pouvoir faire plier l’Empereur à sa volonté.
En effet, consciente qu’à terme les puissances étrangères et la dynastie Qing finiront par avoir raison de sa piraterie, elle choisit de négocier sa rédemption alors qu’elle est encore en position de force — une décision qui témoigne autant de son intelligence que de sa lucidité. Ce choix lui permet de sortir de l’illégalité et d’obtenir, pour elle et ses hommes, une intégration officielle dans la marine impériale, en conservant leurs grades.
Méconnue du grand public, Ching Shih est pourtant une figure fascinante, aussi brillante sur le plan militaire que commercial. Sa capacité à s’imposer dans un monde d’hommes, à cette époque, est particulièrement impressionnante. Le choix d’un récit romancé permet de mieux comprendre sa personnalité et ses choix, rendant cette figure historique à la fois plus humaine et plus marquante.