Début 2020, le partenaire de Laurence Leduc-Primeau s’est donné la mort. C’est alors la fin d’une longue conversation. Quelques mois plus tard, l’autrice lui écrit cette lettre dans laquelle elle démêle les enfers, revient sur leurs dernières années, sur le plus horrible comme le plus beau. Aucune réponse, aucune stratégie de survie dans ce texte rédigé au cœur du choc et de la tristesse. Une voix, tout simplement, une voix littéraire qui a fréquenté le mystère de l’effondrement et de la mort. Cette lettre destinée à quelqu’un qui n’est plus recèle pour les vivants un moment d’émotion, d’écriture et de vérité inimitable.
J’ai eu cette idée de t’écrire une lettre – tant qu’à te parler à longueur de journée. Une lettre qui ira – je ne sais pas, on verra.
Tu es mort et je ne sais plus vivre. Et je me demande ce que t’avoir accompagné si loin, si longtemps, jusqu’au seuil de la mort, m’aura appris.
Laurence Leduc-Primeau a publié Lettre à Benjamin (2021), Zoologies (2018), À la fin ils ont dit à tout le monde d’aller se rhabiller (2016), ainsi que des nouvelles.
Coup de coeur pour cette déchirante lettre à Benjamin.
Cette lettre que Laurence écrit à son ancien amoureux, celui qu’elle aime, celui qui s’est suicidé.
Cette lettre, elle m’a fendu le coeur. Elle m’a fait rentrer dans leurs souvenirs, leur intimité. Elle m’a fait côtoyer celle qui s’est battue pour aider celui qui n’avait plus la force de le faire. Elle m’a fait côtoyer celui dont l’amour ne suffisait pas à estomper son envie de mourir.
C’est une lettre poignante. Une lettre, qui nous laisse témoin du poids de l’incertitude mais aussi, témoin des tempêtes intérieures qui font rages. Une lettre débordante de douleur, d’amour.
Je vous recommande chaudement ce livre. Il m’a chamboulé.
« C’est la seule chose que tu m’aies vraiment demandée, dans ta détresse. La seule aide explicite que tu m’aies demandée : te tuer. »
« Comment réconcilier l’idée que tu m’aimais, que tu aimais notre histoire, notre vie, avec le fait que tu t’es tué ? »
En début 2020, Benjamin, l’amoureux de Laurence, s’est enlevé la vie. Quelques mois après son décès, Laurence lui rédige une lettre. C’est dur, c’est poignant. Les mots sont livrés au rythme de émotions de l’autrice, passant par la colère, l’incompréhension et l’amour. On ne peut qu’être émus en étant témoin de toute la force et l’amour qu’a mis Laurence pour tenter de garder en vie son copain. Au travers cette lettre honnête et personnelle, on peut y déceler également une critique de notre société, qui a tendance à abandonner les malades et laisser leurs proches écoper des manquements. Ce livre est très touchant, je l’ai refermé émue.
La critique d'Étienne résume bien ma pensée. Je le cite (j'espère que tu es d'accord) : « Très difficile de mettre des mots et de commenter un texte si personnel. Touchant, poignant, honnête! Un livre qui tout en étant un récit personnel, traite également, d’une certaine façon, d’un problème de société. Je le recommande! »
Sans aucune concession et de manière extrêmement personnelle, l'auteure semble répondre autant qu'elle interroge. Elle lance sur le papier comme ils viennent colère, injustice, amour, l'incompréhension, et la Vie. Laurence Leduc-Primeau arrive à poser des mots d'écorchée vive sur l'impensable, l'inacceptable, l'injuste fatalité. Et ces mots sont puissants, simples, profonds. Elle écrit pour elle, mais c'est aussi nous qu'elle foudroie. De tristesse, d'impuissance, d'émotion. Je suis reconnaissante pour cet ouvrage, malgré toute la souffrance qu'il conte, arrivé à la rescousse au bon moment dans ma vie.
J’ai dévoré le livre. Il ne s’agit pas d’un sujet facile que de parler de la mort et surtout de la vie qui change après la mort d’un proche... J’ai été profondément touché par le passage qui parle du sentiment de culpabilité qui nous habite lorsque nous pensons moins à la personne décédée. « Vivre, ça veut dire te tuer. Te laisser être mort. » je dois également admettre qu’il a été difficile pour moi de retenir mes larmes, car je vis également le deuil récent de mon père.
Malgré les émotions ressenties lors de la lecture, j’ai une drôle de sensation qui m’habite en reposant le livre. Je vis un certain malaise d’être entré dans l’intimité de l’autrice et d’avoir été spectatrice de son malheur. C’est pour cette raison que j’accorde un quatre étoiles au livre.
Il y a la beauté de la plume. Mais il y a aussi la justesse renversante du propos, de l’expression des émotions vécues par celle qui compose au quotidien avec un partenaire détruit. Je n’aurais pas pu mieux décrire ces contradictions que j’ai moi-même si bien connues. Chapeau Laurence, si forte de présenter ceci au monde et de faire tomber les préjugés liés au fait d’aimer quelqu’un qui ne fonctionne plus.
Je ne peux pas donner une note, c'est trop personnel et une écriture libératrice pour l'autrice, et je me sentais parfois même de trop dans la lecture de cette lettre, j'espère qu'elle retrouve le goût de vivre suite à cette épreuve immense 💔
Vibrant témoignage d'amour, de peine et aussi, mais surtout un rappel de prendre soin de soi et des autres. Cette citation illustre un constant important que l'on oublie souvent avec la montée de l'individualisme.
«Mais c'est absurde qu'il m'arrive de penser que j'ai joué un plus grand rôle dans ta mort que toi - ça ne peut pas être vrai. Après, il y a les échecs de tout un système et de toute une société -et ça m'écoeure qu'on fasse porter aux gens l'entièreté du poids de leurs souffrances, comme si la société et ses structures n'en étaient pas responsables en grande partie. Ça me fait câlissement chier que tout le monde, individuellement, se dédouane des problèmes des autres et que la société, dans son ensemble, considère que l'explication principale à la souffrance des indivi dus se trouve à l'intérieur d'eux-non pas à l'extérieur. Combien il faudra sacrifier de gens trop intelligents et trop sensibles avant de saisir vraiment l'ampleur de ce que ça veut dire ?» P.87.
J'espère que Laurence s'en remettra, ou du moins qu'elle vivra mieux avec cette fin.
Ça m'a littéralement déchirée. Cette douleur vive, exprimée comme un cri du coeur dans cette "lettre" , est quasi-insoutenable. On y retrouve des mots justes, des images claires et une plume qui m'a littéralement jetée à terre: je m'attendais à quelque chose d'un peu "imparfait", vu la forme et le sujet plus qu'émotif, et ça m'aurait tout de même plu. MAIS LÀ, ça m'a plus que plu. Une de mes meilleures lectures à vie.
Ce livre est une lettre que Laurence a rédigée à son amoureux Benjamin quelques mois après qu’il s’est enlevé la vie. Une lettre déchirante, émouvante, dure à lire parfois pour l’émotion qui y déborde. On voit son sentiment de culpabilité mais aussi de frustration et de reproche envers lui pour n’avoir pas pu surmonter sa souffrance. On y retrouve également une critique de notre société et sa pensée entourant la maladie mentale, ainsi que du système de santé et le manque d’aide adéquat pour les personnes souffrantes. Je suis reconnaissante de l’auteur qui nous a partagé une partie de sa vulnérabilité, de son intimité. Je me suis retrouvée émue tout au long de la lecture.
J'aime dire et croire que la littérature peut nous aider à mieux comprendre le monde qui nous entoure et les gens qui y vivent. Avec cette lettre à Benjamin, on sent qu'on entre dans une intimité qui fait mal. Cette lettre, écrite sans pudeur, nous ouvre sur une réalité qu'on ne souhaite jamais vivre, mais nous aide à mieux comprendre
Mars 2024. C’est trop personnel pour mettre une note. J’y ai retrouvé un espace de réflexion pour mes deuils. Pour ce qui se passe avec cette société où —trop souvent, le plupart de temps— on ne peut rien faire pour t’aider ou aider ton proche qui se noie dans sa maladie mentale ou sa dépendance ou [ajoute ce que tu veux].
Très difficile de mettre des mots et de commenter un texte si personnel. Touchant, poignant, honnête! Un livre qui tout en étant un récit personnel, traite également, d’une certaine façon, d’un problème de société. Je le recommande!
Ouf. Lu d'une traite. Cette lettre est d'une puissance sans nom. J'ai encore le souffle court. Je suis en totale admiration devant tant de franchise au sujet d'une expérience aussi brutale. C'est que, survivre à la mort, c'est quand même incroyable...
Comment ne pas être touché par cette lettre... C'est triste, profond et si personnel. Cette absence de l'autre si incomprise mais à la fois si comprise. Cette peine, ce manque dans cette "libération" prévisible... Ouf💔
Une magnifique lettre qui arrive à articuler tout ce qui entour le deuil des gens que l’on aime: colère, épuisement, détresse, vagues d’amour, etc. Cette œuvre est d’une grande vulnérabilité et nous prend le cœur très rapidement.
L'autrice nous livre toutes ses tripes, toutes ses pensées. C'est touchant, c'est triste, c'est fâchant, c'est révoltant, c'est une tornade d'émotions et de souvenirs, c'est surtout un deuil.
Beaucoup de douceur et d’amour chère Laurence! Merci de nous avoir permis de lire cette lettre dès plus honnête. C’est beau , triste , sincère et nécessaire.