Graal proustien, les « Soixante-Quinze Feuillets » de très grand format étaient devenus légendaires. La seule trace qui en existait était l’allusion qu’y faisait Bernard de Fallois, en 1954, dans la préface du Contre Sainte-Beuve. En 1962, ils n’avaient pas rejoint la Bibliothèque Nationale avec le reste des manuscrits de l’auteur de Swann. Leur réapparition en 2018 à la mort de Bernard de Fallois, après plus d’un demi-siècle de vaines recherches, est un coup de tonnerre. Car les insaisissables « Soixante-Quinze Feuillets » de 1908 sont une pièce essentielle du puzzle. Bien antérieurs au Contre Sainte-Beuve, ils ne font pas que nous livrer la plus ancienne version d’À la recherche du temps perdu. Par les clés de lecture que l’écrivain y a comme oubliées, ils donnent accès à la crypte proustienne primitive. « Un livre est un grand cimetière où sur la plupart des tombes on ne peut plus lire les noms effacés », lit-on dans Le Temps retrouvé ; mais ici, le temps n’a pas encore effacé tous les noms.
Marcel Proust was a French novelist, best known for his 3000 page masterpiece À la recherche du temps perdu (Remembrance of Things Past or In Search of Lost Time), a pseudo-autobiographical novel told mostly in a stream-of-consciousness style.
Born in the first year of the Third Republic, the young Marcel, like his narrator, was a delicate child from a bourgeois family. He was active in Parisian high society during the 80s and 90s, welcomed in the most fashionable and exclusive salons of his day. However, his position there was also one of an outsider, due to his Jewishness and homosexuality. Towards the end of 1890s Proust began to withdraw more and more from society, and although he was never entirely reclusive, as is sometimes made out, he lapsed more completely into his lifelong tendency to sleep during the day and work at night. He was also plagued with severe asthma, which had troubled him intermittently since childhood, and a terror of his own death, especially in case it should come before his novel had been completed. The first volume, after some difficulty finding a publisher, came out in 1913, and Proust continued to work with an almost inhuman dedication on his masterpiece right up until his death in 1922, at the age of 51.
Today he is widely recognized as one of the greatest authors of the 20th Century, and À la recherche du temps perdu as one of the most dazzling and significant works of literature to be written in modern times.
Malgré « Les Plaisirs et les jours », malgré les « Pastiches et mélanges », Marcel Proust fait partie de ces écrivains dont on dit parfois qu’ils sont l’homme d’un seul livre ; et c’est assez vrai ; l’essentiel de son existence littéraire fut occupée par la mise au point d’un grand cycle romanesque sublimant l’autobiographie pour atteindre à une vision universelle, « À la recherche du temps perdu ». Certaines étapes de ce travail ont acquis suffisamment de consistance pour mériter des publications posthumes, exemplairement « Jean Santeuil » et « Contre Sainte-Beuve ». Ces « Soixante-quinze feuillets » au titre sobre et objectif, longtemps demeurés au secret dans les archives de Bernard de Fallois et ici édités pour la première fois, constituent un autre de ces moments clefs dans la genèse de la « Recherche ». C’est la première fois que Proust se lance dans une narration d’ampleur, à la première personne, des souvenirs sur lesquels il entend travailler. Le contenu ne surprendra donc presque pas, à part ceux qui curieusement voudraient découvrir Proust par le biais de cette austère et savante publication. On reconnaît certaines des scènes les plus emblématiques du futur roman, mais encore non dégagées de la gangue de l’authenticité autobiographique — ici les personnages portent presque tous des prénoms, et des prénoms exacts. On s’aperçoit cependant que Proust, et c’est sa grandeur, a su sacrifier des passages qui promettaient d’être délicieux pour le bien de l’architecture générale : ici c’est le cas d’une fameuse scène d’adieux impliquant son frère Robert (qui aura totalement disparu du roman) et un chevreau. On s’aperçoit surtout que très tôt il déguise, organisant des courants thématiques souterrains par la voie de l’allusion ; que très tôt il recompose, intervertissant et répartissant les traits et les identités des personnages, les synthétisant comme il fusionne les lieux pour créer le Combray et le Balbec de toutes les vacances en famille. Ici ce sont diverses figures d’oncle qui s’agrégeant, se simplifiant, et sortant de la famille par un acte décisif de fabulation, vont devenir Charles Swann. Malgré les faux départs, les interruptions, les bourdes évidemment présents dans ces pages de premier jet, les accès de critique parfois sévères de Proust narrateur contre Marcel personnage, le récit séduit immédiatement par sa variété de ton, son humour, sa délicatesse. Chaque page fait surgir des images, qui ne sont pas celles des souvenirs de la lecture de « Du côté de chez Swann », mais bien des représentations originales propres à cette version du texte. Combien à la place de Proust s’en seraient contentés ! Il n’avait qu’à continuer un peu, travailler à relier les épisodes, et il tenait un charmant récit de brève envergure. Il a fait autre chose. Proust se plaignait, paraît-il, de n’avoir pas d’imagination. Mais de même que les souvenirs involontaires qu’il a si bien décrits masquent selon lui un sens derrière l’épiphanie du passé, de même l’évocation narrative des souvenirs, à force d’être consciemment remâchée et digérée, fait surgir la fiction qui donnera à la « Recherche » sa portée universelle. C’est ce que l’on constate grâce au grand choix de manuscrits retranscrits en complément des « Soixante-quinze feuillets », et qui vont de la première tentative de récit des angoisses nocturnes du jeune Marcel, et de l’attente du baiser maternel qui pourrait le calmer, un manuscrit dit « de Belle-Ile » remontant à 1895, aux ajouts sur la dactylographie du deuxième volume en 1913 — avant que la guerre n’apporte un dernier train de modifications au roman en train de s’écrire. Les « Soixante-quinze feuillets » étant datés, quant à eux, de 1908, cela nous permet d’observer l’évolution de tel ou tel motif, jusqu’à la forme qu’il prendra dans l’œuvre définitive. Comme l’édition se concentre sur les épisodes présents dans les « Soixante-quinze feuillets », l’impression de ressassement n’en est qu’accentuée, mais c’est un ressassement créatif, la rumination nécessaire pour que l’œuvre proustienne arrive à sa maturité.
J’ai découvert que M. Bernard de FALLOIS les avait caché pendant plus de 50 ans et que c’est suite à son décès que le public peut enfin les lire.
J’ai aimé découvrir que ces fameux feuillets sont en fait au nombre de 76, que certains sont vierges et d’autres écrits au verso également. Ce qui porte leur nombre à 86 au total.
Les autres manuscrits inédits publiés avec la présente édition m’ont moins intéressés.
A la lecture des textes et de la notice de Nathalie Mauriac-Dyer, j’ai pris conscience de tout le travail d’écriture de Proust, notamment concernant les personnages comme Swann qui sont en fait des amalgames de plusieurs connaissances de l’auteur. Ainsi, suivant le manuscrit, l’oncle de départ devient le grand-père dans certaine scène du texte final.
Et même si je n’ai pas tout retenu du travail d’exégèse contenu dans les notes finales, j’ai agréablement retrouvé ce temps si particulier de La Recherche.
Quelques citations :
…. l’inutilité de ces voyages, dont leur nom éveillait en moi un désir insensé, il me semble que cette avenue doit contenir réellement quelque chose d’analogue à ce dont j’ai tant rêver. (p.63, feuillet 39)
Car il est vraiment des choses qui ne doivent point nous être montrées. Et à voir que toute ma vie s’épuise à essayer de voir ces choses, je pense que là est peut-être le secret caché de la vie. (idem)
L’image que je retiendrai :
Celle des aubépines très présentes. D’une façon générale, cette lecture a mis en lumière la présence des fleurs dans l’Oeuvre.
"Hier begint Op zoek naar de verloren tijd" zegt de uitgever en het is helemaal waar. In de sfeer van Combray worden we ondergedompeld als de jonge schrijver met een kaars in zijn hand naar bed gaat, zijn moeder niet direct met hem meegaat om hem goedenacht te wensen en hij de geur opsnuift van het vernis van de trap die hij vervolgens voor eeuwig associeert met het gevoel van teleurstelling van alleen naar bed gaan. De madeleine uit Combray is nog een geroosterd broodje dat in de thee gedoopt wordt en de bloeiende meisjes zijn nog niet helemaal uitgewerkt, maar het begin is er, voor elke Proust-fan un moût.
کتاب هفتاد و پنج برگ و دیگر دستنویسهای منتشر نشده سوزی مانت پروست این دست نوشتهها را از پدرش که برادر کوچکتر مارسل پروست بود، گرفته و آنها را به برناردفلوآ سپرده که برنارد هم این دست نوشتهها را در دو کتاب منتشر کرده است. پس از مرگش این نسخه ها با عنوان " نسخه های فلوآ"در منزل او کشف شده اند. پیش زمینهی مطالعهی این کتاب خوانده در جستجو هست و اگر کسی آن مجموعه را نخوانده باشد چیزی چندان از این کتاب دریافت نخواهد کرد. کلا پروست خواندن با آن جملات طولانی و ذکر جزییات برای من لذت بخش هست. امروزم که تولد آقای پروسته و ... هیچی دیگه 😁🎂
5 étoiles parce que c'est du Proust ou 2 étoiles parce qu'il s'agit d'une belle opération commerciale de Gallimard ? Beaucoup plus de notes que de Proust, un amusement à constater les transferts, les inversions, les déplacements de lieux ou de personnages. Faut-il en faire tout ce foin ? Lisons et relisons la Recherche au lieu de perdre notre temps dans des brouillons de brouillon que Proust n'aurait jamais voulu diffuser d'ailleurs.