Second livre de Martin Fourcade que je lis, je me rappelle surtout de son premier livre la difficile relation qu'il avait eu avec son frère par rapport à son succès rapide et presque immérité aux yeux des sacrifices de son frère Simon.
Ici donc il est question de sa dernière saison 2019/2020 après une précédente saison bizarrement très creuse lui qui a gagné 7 fois de suite le gros globe de cristal et 5 titres olympiques. De l'extérieur Martin c'est le chouchou, un français qui gagne, beau gosse, un winner qui résiste à la pression, qui redore le drapeau français, qui parle bien, a l'air humble et fait un peu gendre idéal. D'ailleurs on l'appellerait presque par son prénom, à force de le voir de manière récurrente en haut du podium et à s'enthousiasmer devant la télé, la coqueluche française de l hiver. Comme toujours au cours d'un livre, on peut découvrir les sentiments profonds de l'auteur. Ce qui est marquant je trouve c'est quelque part le sport de haut niveau, a la télé on croit voir une équipe, en fait il y a des accrochages, on sent bien que Martin Fourcade et Quentin fillon maillet ne s'apprécient pas particulièrement. On a droit dans ce livre a des discussions avec le staff ou situations du point de vue de Martin ou Quentin ne joue pas le bon rôle du tout. J'ai limpression qu'a la place de Quentin, j'aurais peut-être réagi un peu pareil, il a ce cote un peu énervant du gagnant qui prend la lumière j'imagine de la part de ce dernier et Martin a l'air très mauvais perdant et assez peu humble quand même. Quand il perd c'est la faute d'une épine dans le pied, d'un adversaire qui ne le laisse pas passer, casse d'un bâton, annonce de disparition du père de Fabien claude, trop de fatigue, coup de vent, mauvais fartage (en comparaison il insiste peu sur justement le bon fartage à ostersund), et j'en passe. L'ambiance a l'air assez compétitive au sein du groupe et avec quelques gros egos dont Martin doit avoir peut-être le plus gros, mais c'est tout à fait normal je pense pour arriver à ce niveau la, tout comme les "choix" et non les sacrifices de la vie quotidienne de ce champion hors norme. Du coup le fait de s entrainer ensemble, d'avoir plus ou moins des traitements de faveur et sûrement des salaires différents suivant la couverture médiatique, de courir contre puis de faire le relais ensemble, de vivre la moitié de l'année ensemble, ça ne doit pas être tous les jours simples...
Par contre jai beaucoup aimé les moments un peu touchants ou justement il analyse un peu cet enfermement, cet égoïsme du compétiteur, ce repliement sur soi-même.. vers la fin, on sent qu'il arrive à s ouvrir, à apprécier ces concurrents dont Johannes Boe a qui il donne le flambeau ou Emilien Jacquelin et juste la chance qu'il a eu sans ressenti négatif et c'est chouette.
On y lit aussi son questionnement vis à vis de la retraite qui ne semble pas si clair que ça. C'est beau de partir comme il l'a fait, presque au sommet, sur une énième victoire, après un come back fou. Quelque part j'imagine qu'il doit regretter, Bjoerdalen a été performant jusqu'à 40 ans il me semble.. mais au moins Martin Fourcade est parti pas la grande porte et le sport de haut niveau doit être pesant malgré tout.
Enfin ce livre est plaisant à lire, ce n'est négligeable, assez compact et superbement illustré avec des aquarelles d'une jeune fan russe.
Bravo Martin Fourcade pour ta carrière et bonne retraite sportive qui ne devrait pas être très éloignée du sport!