S’il y a toujours eu des mensonges dans le discours public, ceux-ci occupent aujourd’hui un nouvel espace, notamment à la faveur des réseaux sociaux. La volonté de contrôler les outils l’emporte de plus en plus sur une réflexion de fond quant à l’effacement des frontières qui séparent le mensonge de la vérité. On tend à organiser la surveillance d'internet au risque de réduire les libertés de tous, alors qu’il faudrait rechercher les racines d’une confusion essentiellement politique et philosophique. La classe dirigeante n’hésite pas à instrumentaliser la lutte contre les fake news pour se maintenir au pouvoir. Elle cherche ainsi à faire oublier sa responsabilité dans l’installation du mensonge au cœur de la vie publique et dans l’avènement d’un monde où il importe surtout de mieux mentir que l’adversaire. Ce dévoiement de la politique transforme encore plus l’électeur en spectateur et impose des formes de vérités indiscutables, voire une vérité officielle. Pour reconstituer l’espace public démocratique, il devient impératif de réaffirmer la place de l’humain en tant qu’être pensant capable d’exercer sa faculté de jugement.
Great socio-political essay written from a pretty neutral standpoint. It explains the issue with the current problem od post-truth and how societies reached that stage where truth is indistingushable from dishonesty. What is lacking for me is the abstract and somehow underwhelming conclusion - it just misses something more practical in the way of solutions to the problem which I expected at the end. It could just be my utilitarian approach to life talking though.
"La liberté, est-ce de voir proliférer les affabulations, les sauts logiques, les hypothèses paranoïaques les plus incongrues pour plonger plus creux, tous ensemble, dans un grand laisser-aller général de la pensée et de la culture ?" - Jean-Françcois Nadeau
Je finis la lecture de ce livre aujourd'hui, et parallèlement Jean-François Nadeau parle de vérité dans sa chronique du devoir. Une belle coïncidence. Ce livre d'Anne-Cécile Robert, sans nécessairement signer l'arrêt de mort de la vérité, nous confirme que celle-ci est sur respirateur artificiel. Partant du postulat de base que la vérité n'est pas qu'un fait, mais bien un constat ou une analyse provenant de faits et de confrontations entre divers points de vue, l'autrice démontre les divers mécanismes récents et moins récents démontrant comment la vérité est dure d'accès. Comment se faire du sens de quoi que ce soit avec un flux continu d'informations ne nous donnons le temps de réfléchir à rien? Comment avoir le temps de démystifier toutes les nouvelles ou autres textes pour contenir des faussetés? Que faire avec l'individualisation de la vérité que chacun possède et brandit à sa guise? Sans nécessairement répondre à toutes ces questions, Mme Robert expose néanmoins de manière limpide ce capharnaüm dans lequel nous déambulons tous.
Reliant divers concepts d'auteurs différents, tel La Fin de l'Histoire de Francis Fukuyama ou encore les poliques d'extrême-centre d'Alain Denault, on voit comment un discours néolibéral dominant toutes les plateformes politiques et tous les médias vient obscurcir tout potentiel émancipateur, la solution ne venant évidemment pas de la bête ayant créé le problème. Le livre est bouillonant d'informations et de réflexion, mais laisse un peu sur sa faim au niveau solutions. L'optimiste en moi aimerait savoir comment s'en sortir - le pessimiste constate qu'il n'est pas demain la veille qu'on va y arriver.
La vérité, c’est complexe. Le livre nous démontre à quel point il est difficile d’y accéder. Le livre est neutre et montre les abus tant des médias, des politiques que des conspirationnistes. Je le conseille.