Salué par Mishima et Kawabata dès sa parution, Haut le coeur est le chef-d'oeuvre de Takami Jun (1907-1965), son testament littéraire puisé au plus profond de son expérience personnelle et composé quelques années avant sa mort. Roman du Japon dans les années 1922-1937, à l'époque de l'aventure militaire contre la Chine, des complots intérieurs, des assassinats et des purges, c'est aussi celui de Kashiba, le narrateur, dans les bas-fonds de Tokyo, Séoul ou Shanghai, où s'activent aventuriers, prostitués et lanceurs de bombes.Une étourdissante descente aux enfers, faite de révolte, d'érotisme, de meurtres, qui est aussi un poème épique sur une des plus sombres heures de l'histoire japonaise.
Un avis mitigé. Première fois que je lis un roman japonais donc j'ai peu de recul. Cependant, le style d'écriture et les thèmes abordés sont d'une telle vivacité, tellement cru, tellement dénué de fioritures que l'on ne peut oublier ce livre. Ignorant tout de l'histoire du Japon, ce livre est un formidable aperçu d'un point de vue non conventionnel de l'histoire de ce pays que je connais peu. J'ai aussi ressenti plusieurs longueurs, ce livre est bon pavé. Je suis donc partagée !
Un roman important sur la folie de la guerre. Tout ce délire irrationnel dans lequel sont emportés les personnages (dont Kashiha, le narrateur) n’est pas sans rappeler un autre chef-d’oeuvre, Nord, de L-F Céline. Un récit surréaliste et sanglant entre Tokyo et Shanghai durant la grand invasion japonaise.