Adolescent dans un internat religieux d'Arcachon, Daniel Cordier y découvre son attirance pour les garçons et pour David, en particulier. Cette passion, interrompue par son renvoi du collège, ne cessera de le hanter tout au long de sa vie. On connaît Daniel Cordier pour sa vie exceptionnelle : secrétaire de Jean Moulin, Compagnon de la Libération, grand collectionneur d'art, historien de la Résistance. Il nous livre avec Les feux de Saint-Elme un récit autobiographique à la fois émouvant et inattendu.
Les feux de Saint-Elme de Daniel Cordier est un livre qui ne laisse pas indifférent, tant par son sujet que par la nature crue de son écriture.
Ce qui m’a dérangé à la lecture, c'est le traitement que réserve l'auteur à David, face à sa propre obsession. David est littéralement rabaissé plus bas que terre parce qu'il ne correspond plus aux attentes idéalisées qu'il avait placées en lui. Le plus troublant et aussi le plus injuste, reste que c'est l'auteur lui-même qui avait initialement refusé toute relation avec David, avant de le cantonner à un rôle purement utilitaire : il ne le traite jamais véritablement comme un homme à part entière, mais essentiellement comme un objet de désir érotique, refusant d'aller plus loin.
Pour moi, c’est une lecture marquante pour son témoignage historique et sociologique, mais qui laisse un goût amer quant à la psychologie des sentiments…
J'ai trouvé qu'il écrivait très joliment, en revanche j'ai eu beaucoup de mal avec son manque d'empathie et son autocentrisme. Pas une fois il ne se remet en question, ni ne réfléchi au mal qu'il a pu faire subir à ce garçon. Même 50 ans plus tard, il débarque dans sa vie, le méprise, et n'est toujours pas capable de voir plus loin le bout de son égocentrisme. Je ne sais pas si c'est voulu pour l'écriture du livre ou un vrai trait de l'auteur, mais c'est assez énervant.
Dans un pensionnat catholique pendant les années 1930, le narrateur vit une passion pour David, un de ses camarades. Cela commence un peu comme les Amitiés particulières ou comme La Ville dont le prince est un enfant, les situations sont similaires, mais le livre prend ensuite un tour différent. Un joli récit, en tout cas.
Le lendemain, après le déjeuner, je frappai à la porte de l'aumônier. Comme premier exercice de méditation, j'avais choisi, dans le sermon sur la Montagne, le verset « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent, afin que vous soyez fiers de votre Père qui est dans les cieux...»
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