5 ans depuis notre dernière escapade en Sápmi . Autant dire que j’attendais avec impatience ce retour en Laponie, celle d’Olivier Truc, qu’il m’a fait aimer immédiatement et que je rêve de retourner visiter.
Dans Les chiens de Pasvik, nous retrouvons enfin le duo emblématique de la police des rennes, Nina et Klemet. Mais nous sommes dans une autre région de Sápmi: à la frontière entre la Norvège et la Russie. Les deux ne font toutefois plus équipe ensemble: Nina a quitté la police des rennes pour un nouveau poste, et Klemet s’est retrouvé affublé d’un nouvel équipier, un Finlandais pas des plus sympathiques.
Cette zone frontalière va jouer un grand rôle dans ce roman. Des rennes qui font fi des limitations vont passer du côté russe, des chiens sauvages russes vont passer de l’autre côté… Ajoutons à tout ceci des politiciens véreux, des parties de chasse illégales et des Samis nostalgiques. Le décor est lancé quoi.
Bon, on ne va pas se mentir, le voyage est une fois de plus grandiose. Je n’ai pas eu de mal à imaginer ces paysages sublimes, bruts, sauvages, mais sombres aussi parfois. Ils voient évoluer des personnages toujours aussi attachants et complexes pour certains. Cet ensemble est mis en lumière par une écriture qui me séduit toujours autant. Aucune difficulté à ressentir l’amour, l’attachement de l’auteur pour cette région, qui amène par ailleurs une vraie réflexion géopolitique autour de ces événements: la question de l’identité des Samis est passionnante. Trop d’injustice autour de ce peuple (qui me met pas mal en colère je dois l’avouer), de conflits qui ne tiennent pas compte de ceux qui vivaient là bien avant tout le monde.
Dans les Chiens de Pasvik, l’enquête est longue certes, mais comme d’habitude, c’est comme cela que ça se passe dans le grand nord, tout prend plus de temps. C’est un élément qu’il faut accepter et donc faire preuve de résilience. Cela n’a de toute façon aucune importance, puisqu’elle passe finalement presque au second plan.
J’ai passé encore une fois un superbe moment en compagnie d'Olivier Truc, cet auteur plus nordique que les auteurs scandinaves que je lis habituellement. Il y a une vraie patte, un style. On sent qu’il sait de quoi il parle, tout est toujours très bien documenté (le côté journaliste probablement). Un livre qui met les sens (et les émotions) en éveil dont se dégage ce brin de magie qui me fascine toujours autant. J’ai l’impression encore d’entendre craquer la neige, les chiens hurler à la mort…