J'ai des sentiments très mitigés à l'issue de cette lecture. Je rejoins le commentaire précédent sur l'homophobie et le sexisme, et malheureusement cela alourdit beaucoup la première moitié du roman. Il y a beaucoup de maladresse vis-à-vis de l'homosexualité en général. Ca saute aux yeux que l'autrice veut bien faire et essaye de """déconstruire""" les préjugés mais dire "oui, je suis gay mais je ne suis pas efféminé et je porte pas de string, on existe" n'est pas la solution (y a pas d'un côté, les bons gays qui ressemblent au Vrai Mâle et d'un autre les mauvais gays qui ont le mauvais goût de ressembler à des femmes). De même, quand un personnage (Mathis) a un comportement ouvertement homophobe, et que son entourage minimise en disant qu'il n'est "pas très fan d'homosexualité"... qui est "fan" d'homosexualité? C'est une chose étrange à dire je trouve. Et puis, l'agression de l'hétéro par l'homo qui déteste les homophobes, fallait oser, quand on sait que dans la vraie vie c'est l'inverse qui se produit dans l'immense majorité des cas.
C'est très dommage parce que dans la seconde moitié, où toutes ces considérations sont beaucoup moins présentes et où l'on voit se développer les relations de Mathis avec son entourage, c'est presque bien. La vie de Mathis est dure, très dure, et en tant que narrateur, il passe pas mal de temps à décrire ses pensées très négatives, ça peut paraître redondant à la longue mais ça permet de montrer aussi son évolution. Et même si tout paraît noir pendant une bonne partie du roman, la fin est un message d'espoir, avec l'acceptation de la nécessité de la thérapie, Mathis qui accepte ses sentiments, et des perspectives d'avenir...
En bref, l'autrice aborde beaucoup de choses d'un coup (sexualité, rapport au corps et à l'image de soi (boulimie), maladie mentale, dépression, suicide) et certains sujets sont mieux traités que d'autres. Le message global qui, selon moi, consiste à dire qu'il n'y a pas de honte à se faire aider et que des fois, dans la vie, on ne peut pas tout porter seul, tout assumer seul et que c'est ok de solliciter des professionnels, c'est un message positif à faire passer et ça rattrape un peu la première moitié du roman.