« On est tous des additionnés », affirmait Romain Gary dans Pseudo. Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d’origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire « racée ». Mais comment vivre cet excès de « races » à l’heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce « pedigree » alors que l’injonction est de choisir un camp ? À travers une série de mots, notions et expressions « politiquement correctes », Rachel Khan pose un regard tant critique que malicieux sur notre époque idéologisée qui interdit toutes formes de nuances. Elle condamne les « mots qui séparent » ? souchien, racisé, afro-descendant, intersectionnalité, minorité… : présentés comme des outils indispensables pour combattre le racisme, ils enfoncent en fait le couteau dans les plaies qu’ils prétendent cicatriser. Puis les « mots qui ne vont nulle part » : vivre-ensemble, diversité, mixité et non-mixité, etc., qui appauvrissent le langage et, dans une « bienveillance inclusive », alimentent la haine et les silences. Mais elle défend avec force les « mots qui réparent » ? intimité, création, désir ? qui, eux, rétablissent le dialogue, favorisent la pensée non unique et unissent notre société, gangrénée par les crispations identitaires et les oppositions stériles entre les genres.
Essai important qui rappelle la nécessité du ET pour construire une communauté humaine. Brillant et courageux... triste aussi de se dire que cette intelligence ne trouvera guère d’écho dans une société hysterisée.
Bien qu'ayant apprécié certains effets de langage et références littéraires de l'autrice, j'ai beaucoup eu l'impression que sa mauvaise expérience avec un certain militantisme antiraciste et la déception qui s'en est ensuivie l'avaient braquée sans qu'elle nuance le point de vue porté sur ce mouvement et ce qu'il peut apporter en complément de son militantisme universaliste. Je respecte évidemment son opinion, mais n'ai pas été convaincue qu'elle faisait preuve de plus de bonne foi dans sa critique que les adversaires intransigeants qu'elle dénonce. Par ailleurs, si l'autrice rejette beaucoup de mots, elle ne m'a pas convaincue qu'elle en avait à proposer pour les remplacer, ni même qu'elle défendait un projet politique constructif, ce que j'ai trouvé regrettable.
Définitivement, les essais ce n'est pas vraiment mon truc... Je ne suis pas sûre d'avoir bien compris tous les messages de l'autrice, et j'en ressors peu avancée sur les pistes à explorer...
En nuestro mundo desgarrado, las palabras contienen el remedio para curarnos. Son las artistas de nosotros mismos.
Siento que cualquier cosa que diga sobre este libro le va a hacer justicia. Es un libro sobre el racismo, es un libro sobre la discriminación, es un libro sobre el lugar de uno en el mundo. Pero también es un ensayo sobre las palabras, sobre el enojo, sobre los casilleros que la sociedad impone.
De raza (título que en una primera leída suena un poco agresivo, pero una vez arrancada la lectura se cierra), es un ensayo de muchas cosas y a la vez pocas. Muchas, porque abre el diálogo para un universo, un abanico de discusiones a nivel cultural, social, étnico. Pocas, porque lo abarca desde el uso de la palabra y la identidad de la autora, enmarcando al estudio en dos sujetos cuyos límites están bien establecidos. Es un ensayo ameno, clásico, cuya estructura no es rebuscada y cuya lectura es liviana, de a momentos también divertida y muy, muy interesante. El punto fuerte del libro es que rompe un poco con la bajada estadounidense sobre la lucha por los derechos de las minorías, de a momentos incluso la ridiculiza para destacar que a veces se les va la mano. Conclusión de esta oración: dejamos de mirar a USA, empezamos a ver Francia (eurocentrismo en su máximo esplendor, pero creo que esta temática no es tan abordada como se debería así que vamos a respetarlo). También es interesante que varios de los conceptos que Khan presentó puedan usarse para pensar en la manera en la que se ven distintas comunidades socialmente y se las reproduce en obras ya sean visuales o literarias, no a modo de "personajes diversos" o "representación diversa", sino a modo de verdaderos personajes: "La diversidad exige ser el estereotipo de sí mismo." (Khan, 2021, p.79) Lo que no me gustó tanto fueron dos cosas: algunos conceptos los sentí tirados de las orejas, forzados dentro de las conclusiones. Me costaba relacionarlos con los conceptos presentados antes, tan concretos como lo fueron. Eso hizo que las últimas páginas fueran un poco confusas para mí. Lo segundo, y por ahí más importante de lo que no me gustó mucho: casi siempre sentí al ensayo no como un ensayo, un estudio, sino como una cosa catártica que parecía decir "estoy tan enojada que hice un cartel libro". No quiero decir que estoy en contra de esa idea, porque la escritura tiene algo de catártico, pero el tono de enojo/descargo/sarcasmo le hacía perder un poco de la autoridad al ensayo.
Je ne suis pas d’accord avec l’auteur sur certains points. j’ai l’impression qu’elle défend l’idée qu’ignorer le fait d’être racé nous libère de cette réalité. En ignorant cette « carte mise sur nous », en allant là où on n'est pas disposé à aller parce que « racisé » (d’après les préjugés) on ne l'est plus, comme si on l’était à cause de nous, parce qu’on ose pas. La deuxième chose que je ne comprends pas dans ce chapitre, c’est le fait que tous les noirs ne peuvent pas se considérer comme afro descendant. Certes, les descendant directe, « biologiquement » parlant des esclaves dans le monde sont les Afro-américains, mais l’histoire a touché tous les noirs dans le monde. Cette histoire est apprise par tous les noirs d’Afrique et touche tous les noirs, car finalement la raison qui a placé un homme sur un autre c’est la couleur et cette couleur existe toujours. Ce que je veux dire par là, c’est que cette histoire, qui se fonde la peau noire, touche autant les noirs d’Amérique, mais les noirs d’Afrique. Je ne saisis peut-être exactement ce qu’elle veut nous dire, mais j’ai l’impression que ses mots séparent plus que les mots visés à travers le livre. Ces mots rassemblent toutes les personnes qui partagent ce trait physique peu importe les époques. Elle a tout de même raison sur le fait que ce mot, ces mots sont utilisés sans arrêt dans des contextes qui ne le justifient pas. Chacun doit apprendre jusqu’où est la limite.
De raza es un ensayo sobre el racismo y la discriminación. La autora defiende la idea de no ser catalogada en un solo grupo solo por su color de piel. Me parece una critica interesante ante los nuevos movimientos del buenismo y su fascismo subyacente. Por otro lado la idea del poder de las palabras: aquellas que nos limitan como los neologismos colonizadores, como las otras liberadoras con potencial creador. Lo que me aleja de sus reflexiones es que estas aplican solo al primer mundo. No sé si sus quejas pueden ser aplicadas a los movimientos decoloniales e indigenistas de Sudamérica, por ejemplo. Por eso, tres estrellas.
Un cynisme qui sonne plus comme une frustration amère, Rachel Khan nous livre des spéculations ou l’illusion de savoir ce qu’autrui pense. Twitter comme livre sacré, et pas assez de recul pour se voir tomber dans les pièges qu’elle dénonce elle même. « Les mots ont toujours deux significations, n’en extraire qu’un des sens est de l’indécence », cite-t-elle avant de se lancer dans une écriture à sens unique.
A perspective I would not have been sensitive too. I appreciated her point of view that is more inclusive than the one generally talked about based on trying to remove systemic racism. I liked her discourse on how each approach impacts societal polarisation.
Une belle écriture, avec une réflexion et des mots qui valent d'être lus. La dernière partie, le choix des mots qui réparent, est moins convaincante à mes yeux. De la difficulté de trouver des mots qui rassemblent ^^
Ce livre se présente comme un lexique, un dictionnaire, une série de mots, notions et expressions où Rachel Khan pose son regard critique et malicieux. Ce livre se présente en trois parties : les mots qui séparent, les mots qui ne vont nulle part et les mots qui réparent.