Les déracinés paraît en 1897. Il s’agit du premier volet du Roman de l’énergie nationale, la grande fresque romanesque de Maurice Barrès.
L’histoire commence dans les salles froides du Lycée de Nancy. La classe de philosophie fait la connaissance d’un professeur kantien venu enseigner à ces jeunes Lorrains les nouveaux principes du régime. Un groupe de camarades, influencés par l’autorité du maître, verra d’abord en lui un modèle et un professeur d’énergie. Ils rejoindront bientôt Paris pour y accomplir leurs destins, avant de déchanter pour certains.
Dans ce roman très politique, Maurice Barrès instruit avec brio le procès intellectuel du déracinement qu’il accuse de dénaturer la jeunesse des régions en la coupant de ses attaches et de ses influences culturelles. En pleine IIIe République où règne l’obsession centralisatrice, Barrès met dans la circulation des idées de son temps des concepts politiques et une direction philosophique qui, aujourd’hui encore, forment l’architecture intellectuelle du plaidoyer en faveur de la France.
Auguste-Maurice Barrès (19 August 1862 – 4 December 1923) was a French novelist, journalist and politician. Spending some time in Italy, he became a figure in French literature with the release of his work The Cult of the Self in 1888. In politics, he was first elected to the Chamber of Deputies in 1889 as a Boulangist and would play a prominent political role for the rest of his life.
Barrès was associated in his literary works with Symbolism, a movement which had equivalence with British Aestheticism and Italian Decadentism, indeed he was a close associate of Gabriele d'Annunzio representing the latter. As the name of his trilogy suggests, his works glorified a humanistic love of the self and he also flirted with occult mysticisms in his youth. The Dreyfus affair saw an ideological shift and he was a leading anti-Dreyfusard, popularising the term nationalisme to describe his views. He stood on a platform of "Nationalism, Protectionism and Socialism."
Politically, he became involved with various groups such as the Ligue des Patriotes of Paul Déroulède, which he became the leader of in 1914. Barrès was close to Charles Maurras founder of Action Française, a monarchist party. Despite the fact that he remained a republican, Barrès would have a strong influence on various following French monarchists, as well as various other figures. During the First World War, he was a strong supporter of the Union Sacrée. In later life, Barrès returned to the Catholic faith and was involved in a campaign to restore French church buildings and helped establish 24 June as a national day of remembrance for St. Joan of Arc.
Barrès est un écrivain dont la plume a été usée par le temps ; un écrivain que l'on n'ose trop évoquer par peur d'avoir l'air farouchement nationaliste. Il est vrai que son zèle ultrapatriotique et ses velléités protofascistes trouvent difficilement leur place dans le monde d'aujourd'hui. Toujours est-il que Barrès demeure l'un des auteurs les plus formidables de la littérature française, tant par son style que par sa contribution à l'émergence de l'identité de la France ; parce qu'il faut toujours remettre le nationalisme dans son contexte.
Le nationalisme français – ou devrais-je dire la construction de la nation française – sous la IIIe République mérite toutes ses critiques : l'affaire Dreyfus et le colonialisme marquent en effet les moments les plus sombres de la France. Cependant, il ne faut jamais oublier que l'État-nation, au travers de l'homogénéisation de la langue française sur le territoire et de l'inculcation de l'imaginaire collectif, a constitué le socle de la démocratie française. Sans pour autant ignorer les excès du nationalisme faut-il en rappeler ses vertus. L'amour de la patrie, la mémoire collective, et surtout, comme disait Renan, le projet d'avenir en commun – tel était le credo nationaliste du XIXe siècle. Tout ça pour dire qu'il faut toujours remettre Barrès dans son contexte. Barrès, avec les hussards noirs, Péguy, Briand, Gambetta – ont été les ardents défenseurs de la IIIe République, de la construction de la démocratie française. C'est-à-dire la volonté d'illuminer le peuple, maître de lui-même, fier de son histoire : le point culminant de l'expression de la volonté générale, telle annoncée par Rousseau un siècle plus tôt. Et ça il ne faut jamais l'oublier.
Livre étrange, hallucinant par certains points, pertinent et détestables par d'autres. Il y a des remarques très bien senties ; certaines dépassent l'époque de rédaction et mériteraient d'être mises en parallèle avec aujourd'hui. Chose étonnant, Maurice Barrès, qui ne cesse de pointer du doigt ses "déracinés" de leur Lorraine natale, commet deux erreurs qu'on attendrait de quelqu'un qui ne fut pas lorrain: il réunit le Barrois mouvant à la France en 1766 et, peut-être par hypercorrectisme comme aime à le dire Grevisse, parle de nancéen et pas de nancéien. La préface de Jean Borie est formidable, notamment dans son début concernant le nationalisme et l'attachement au terroir.
Livre qui laisse un goût âpre après sa lecture. Difficile à aborder, le livre devient passionnant aux alentours des pages 120, et nous promet beaucoup, mais se termine de manière abrupte, sèche et pouvant dégoûter certains. Barrès y expose de profondes pensées sur ce qu’être Français, La République, Le Jacobinisme.. Avec une critique parfois acerbe.
L'intrigue se déroule au coeur des années 1880, nous suivons 7 lorrains arrivés à Paris, avec des destins différents mais toujours soudés. Se lit bien malgré le vocabulaire riche que l'on connait à barres !