Pamina, habite en montagne avec son compagnon Nils. Elle se sait entourée par un clan de cerfs qui lui sont restés invisibles et mystérieux jusqu’à ce que Léo, un photographe animalier, construise dans les parages une cabane d’affût et qu’il lui propose de guetter avec lui. Tandis qu’elle observe et s’initie à la vie du clan, affrontant la neige, le givre, la grêle, avec pour équipement un filet de camouflage, une paire de jumelles et des carnets, elle raconte sa peur de la nuit, les futaies sous la lune, la magie de l’inconnu, le plaisir infini à guetter, incognito, l’apparition des cerfs, à les observer, à les distinguer et à les nommer : Apollon, Géronimo, Merlin... Mais au cours de ces séances de guet, elle va découvrir un monde plus cruel que celui du règne animal, celui des hommes, car un massacre se fomente…
Un roman qui se lit comme un thriller, plein de poésie, de chagrin et de colère, sur la disparition de la beauté dans la nature et les ravages que l’homme y opère.
Magnifique prose menée par Claudie Hunzinger. C'était ma deuxième lecture de cette autrice et j'avoue avoir fait traîner ma lecture pour savourer jusqu'au bout cet univers cher à mon petit coeur de Vosgienne. J'ai observé avec elle les grands cerfs s'approcher, dans la brume et le gel des matins, j'ai rêvé de pouvoir séjourné aux Hautes-huttes et de rencontrer Nils ... Ce roman questionne également notre rapport aux animaux sauvages, à l'équilibre forestier ... Bref, à relire !
Une très belle ode à la nature sauvage, un roman sur la puissance du règne animal, et la cruauté de l'espèce humaine. Ce récit se lit comme un journal, chronologiquement, et on se terre nous aussi dans cet affût, sous la couverture de camouflage, pour observer ces animaux si mystérieux. Très belle découverte de l'autrice, j'ai hâte d'en lire plus !
Un retour à l’état sauvage, une femme qui se confronte à sa propre animalité, à son rapport au monde et à celui des Hommes. C’est une petite merveille de poésie, encore plus politique et engagée qu’elle n’en a l’air. Magnifique.
Abandon … je m’attendais à une lecture à la Sauvagine de Gabrielle filteau-Chiba mais en fait c’est surtout très pompeux sur les bords. Malgré les visions et les prise de position très positive de l’autrice sur la vie animal, ces constantes digressions sur des sujets qui n’ont aucun lien avec notre histoire m’ont fait perdre l’envie de continuer. Est ce que ça m’intéresse de connaître la vie de son amie qui travail en galerie ? Pas trop !
La narratrice, Pamina, vit dans les Vosges, en pleine montagne avec son compagnon, loin de tout, en harmonie avec la nature. Elle sait qu’il y a de nombreux cerfs tapis autour d’eux, elle voit les traces de leur présence, selon les saisons. Mais elle ne les a jamais surpris jusqu’à ce que Léo, un photographe animalier, vienne installer une cabane d’affût à proximité de chez elle. Grâce à lui, elle va apprendre à observer, à reconnaitre les différents individus, elle va tout savoir sur leurs modes de vie, sur la pousse des bois, leur chute inexorable chaque année. Elle va connaître la peur des longues nuits, immobile dans le froid. Et puis elle va découvrir aussi la cruauté des hommes, ceux qui s’intéressent aux cerfs pour mieux les éliminer.
La première fois que j’ai entendu parler de Claudie Hunzinger, c’était grâce à mon amie Annie L., qui avait adoré son livre Bambois, la vie verte, il y a plus de quarante ans ! Une histoire d’amour et de retour à la terre, où déjà l’harmonie avec la nature était un choix sans concession.
Lorsque j’ai entendu l’émission de rentrée de Laure Adler, L’heure bleue du 26 août, j’ai eu la surprise de découvrir que son invitée était Claudie Hunzinger, dont le nouveau livre paraissait aux éditions Grasset en cette rentrée littéraire. Comme dans Bambois, ici aussi on plonge en pleine nature. J’ai retrouvé avec plaisir le style de Claudie Hunzinger, sa poésie, sa simplicité et parfois son lyrisme. J’ai aimé sa précision au sujet de la vie des cerfs, c’est un vrai documentaire animalier, qui se lit comme un roman, à moins que ce ne soit l’inverse ! Lisez un extrait sur mon blog.
Une magnifique ode au vivant. Un livre savoureux, une porte ouverte dans la forêt. Un enrichissement incroyable faisant l'éloge de la vie de ces êtres merveilleux que sont les cerfs "bruissants d'intelligence et de mouvements secrets". et qui ont si bien saisi le pouvoir destructeur de l'homme qu'ils s'en cachent parfaitement bien. L'autrice relate ici l'ambivalence de deux mondes qui cohabitent.
Transpercée par la poésie qui irradie dans ses mots, j'ai adoré voyager en ces terres vosgiennes, m'immiscer dans ces affûts avec patience et curiosité, analyser avec elle la complexité des comportements des cervidés et s'extraire du monde pour en découvrir toute son immondicité. Elle a su rendre les cerfs encore plus beaux et majestueux à mes yeux. Une très belle expérience de vie à travers cette narration.
Nice discovery for me. A novel strongly based on the author’s own experience of living in a very remote area. It’s all about observing deer in all kinds of weather, to the point of recognizing each one, of naming them, of following their daily life. And it’s also about disastrous decisions taken by the French government about French rural areas. Also ultimately sad!! The descriptions are fabulous and remind me of Sylvain Tesson‘s style and content.
L’histoire d’une femme éprise de poésie qui vit encore dans la fantasmagorie d’un monde harmonieux, à l’abri de la violence et de la bêtise du monde moderne. Sa rencontre, avec des êtres fiers, majestueux et mystérieux, et avec une personne qui l’initie à leurs secrets. Mais en même temps que la découverte sauvage de la beauté, la fin terrible d’une histoire, une extinction massive, systématique et silencieuse, qui incite à prendre parti, à assumer son devoir d’écrivaine, malgré l’écœurement et le désespoir
La narratrice – tout comme son auteure d’ailleurs – habite avec son conjoint au sein d’une ancienne métairie perdue au fond du massif vosgien. Face à cette immensité, elle se remémore le temps où ses voisins – de sublimes biches et cerfs – évoluaient paisiblement autour de la ferme. Prise de passion pour eux, elle avait appris à les observer longuement, aux côtés de Léo, un villageois passionné par la photographie animalière. > http://untitledmag.fr/la-rentree-litt...
Une lecture sympathique et rapide, comme un bon bol d'air frais! Le thème m'a beaucoup rappelé le roman "Sur les ossements des morts" d'Olga Tokarczuk (même protagoniste autrice/recluse/farfelue/écolo, mêmes antagonistes, mêmes descriptions de grandes balades dans la nature) mais j'ai préféré le style de Tokarczuk. "Les Grands Cerfs" et son format journal/roman a un côté un peu brouillon, qui aurait pu devenir lassant à la longue, mais heureusement, à seulement 200 pages, ça donne plutôt une impression de quelque chose de brut et frais, à croquer en quelques bouchées.
Je me fais toujours avoir par des titres qui semblent poétiques et qui sont en fait très premier degré. Il s’agit donc bien de grands cerfs, de leur entrée dans la vie d’une narratrice retirée du monde, de leurs faits et gestes observés dans des affûts, de leur histoire et de leur rapport à un État qui les décompte et les tue. Heureusement que la prose est bonne, parce que c’est vraiment 100% cervidés comme délire.
“C’était l’été des catastrophes. Et personne ne s’émouvait. Comment la jeunesse, qui n’avait pas appris à écouter les oiseaux, pourrait-elle regretter leur musique ? Pareil pour les papillons. Ils ne seraient aux yeux des nouveaux enfants rien de plus que les minuscules dinosaures volants du monde qui avait précédé le leur.”
Un vrai coup de coeur pour la belle prose de Claudie Hunzinger, chantre de l' écologie bien avant l'heure. Une ode à la nature, et un constat du monde qui change et des dégâts causés par l' homme, que la narratrice observe au fil des jours dans sa vieille ferme vosgienne, en partant à la recherche des grands cerfs qu' elle va observer pendant des mois. On est embarqué avec elle dans ses expeditions contemplatives et meditatives et on retient son souffle quand paraît le roi de la forêt dans toute sa splendeur... J' ai découvert cette auteure avec son roman un chien à ma table qui est tout aussi magnifique.