Cela m'a moins plu que le livre de B. Coquard, Ceux qui restent. Il y avait moins cette transsubstantiation éloquente entretien/discours sociologique.
Je note que cet ouvrage appartient à la collection "Genre" tandis que celui de B. Coquard, qui s'intéressait surtout aux trajectoires masculines en intégrant certaines femmes / des perspectives genre, est classé en sociologique tout court (ou sociologie de la ruralité ou des classes sociales, je ne sais pas).
C'est un peu déprimant.
Il y a des vérités sociologiques qui n'en deviennent que plus tristes quand elles sont illustrées par des témoignages : plus le capital économique est faible (déménagements fréquents car emplois précaires/logements insalubres, peu/pas de moyens de transport), plus le capital social est faible (faible insertion dans les réseaux de sociabilité car on ne peut inviter chez soi (c'est trop moche/...) donc on n'est pas invité·e, pas de réseau d'entraide pour trouver un petit boulot...). Le cas d'une jf à la mère handicapée qui ne peut pas vraiment quitter celle-ci.
Le poids des normes de genre : respectabilité, accès plus difficile aux moyens de transport (scooter, permis) que les garçons, norme conjugale (les jf sont plus nombreuses à quitter leurs cercles de sociabilité pour celui de leur conjoint, ce qui fait qu'elles perdent plus que ce dernier quand il y a rupture, la question du célibat pèse, etc.). Un peu d'espoir du côté du parcours des jf LBT tout de même.
Le rôle des commérages.
Le découpage en chapitres :
1) ëtre une fille d'ici ou d'ailleurs
2) relations amicales : (in)fréquentabilités
3) parcours scolaires & sociabilités
4) marché du travail vs offre disponible
5) Loisirs
6) Vie amoureuse - sexuelle -conjugale