J’étais très hypée par ce livre, je m’identifiais au personnage de Fifi et j’avais envie d’en apprendre plus. Il y avait beaucoup de passages édifiants, surtout eux sur la White superiority, la sororité et les classes sociales. Certains passages sur l’enfance en tant que fille m’ont beaucoup touchés aussi.
Mais le style oscillant entre blog ou conversations entre ami.e.s (régulièrement illisibles) et écrits littéraires (très bons et synthétiques) rendait la lecture souvent incompréhensible pour moi, d’où le 3 étoiles.
Voici mon passage favori :
“Il s'agit donc bien d'un lien politique horizontal - en aller-retour - fondé sur une difficile prise de conscience : nous sommes, à de multiples endroits de notre construction, confortables dans l'aliénation et, souvent sans le savoir, les alliées du patriarcat. Le féminisme lui-même, institutionnalisé à l'intérieur d'un système hétérosexiste, raciste et bourgeois, est une structure de domination s'il devient un outil de mobilité sociale pour celles qui sont prêtes à jouer le jeu de la réussite personnelle au détriment de la complicité, déclassante, avec les marges dont elles sont issues. […] Comme le dit bell hooks, la sororité n'est possible qu'à partir du moment où nous sommes prêtes à « affronter la manière dont les femmes ont dominé et exploité d'autres femmes », sur des critères de race, de classe, de genre, de sexualité, d'âge, de poids, de santé mentale, de validisme, mais aussi sur d'innombrables petites exigences de conformités morales, physiques, culturelles ou comportementales. La solidarité entre femmes est une trahison : pour obtenir l'approbation masculine, et partant une petite place à la mi-ombre (sinon au soleil), nous devons nous critiquer, nous déchirer, nous haïr - et tirer chacune pour soi, au détriment des autres, notre épingle du jeu” (57)