Ils voulaient pas que je sorte ce livre. Ils m'ont dit : "Non ! T'as pas le droit, des choses pareilles, de les mettre sur le marché !" "Elles sont épouvantablement affreuses", ils m'ont dit ! "Elles vont leur chantisquer la pensarde, comme à toi dans le bouquin !" "Des lecteurs aussi fidèles, ça se ménage, ils ont ajouté. Ils ont droit que tu fasses gaffe à leur mental." "Rends-les pas fous, Sana ! Ce serait trop injustement injuste ! En tout, y a des limites à pas enfreindre !"
Ils m'ont dit bien d'autres trucs encore. M'ont balancé des menaces odieuses, même, je certifie. Z'ont même demandé au président de la République d'interviendre. Et il l'a fait ! J'ai la lettre, te la montrerai ! Mais moi, plus on veut me dissuader, plus j'obstine.
C'est dans mon caractère !
Alors, voilà ce bouquin, intact ! J'y ai pas déplacé une virgule, pas une faute de français ! Un petit conseil ultime : si tu portes un râtelier, ôte-le avant de le lire, car il est très désagréable de bouquiner en produisant un bruit de castagnettes !
Frédéric Dard (né Frédéric Charles Antoine Dard le 29 juin 1921 à Jallieu (Isère), France - 6 juin 2000 à Bonnefontaine, Fribourg, Suisse) était un écrivain principalement connu – dans une production extrêmement abondante – pour les aventures du commissaire San-Antonio, souvent aidé de son adjoint Bérurier, dont il a écrit cent soixante-quinze aventures depuis 1949. Parallèlement aux "San-Antonio" (l'un des plus gros succès de l'édition française d'après-guerre), Frédéric Dard a produit sous son nom ou sous de nombreux pseudonymes des romans noirs, des ouvrages de suspense psychologique, des « grands romans » des nouvelles, ainsi qu'une multitude d'articles. Débordant d'activité, il fut également auteur dramatique, scénariste et dialoguiste de films. Selon ses dernières volontés, Frédéric Dard a été enterré dans le cimetière de Saint-Chef, en Isère, village où il avait passé une partie de son enfance et où il aimait se ressourcer. Un musée y est en partie consacré à son œuvre.
Le père de Frédéric Dard, Francisque, d'abord ouvrier de la société de Dietrich, lance une entreprise de chauffage central à Bourgoin-Jallieu. Sa mère, Joséphine-Anna Cadet, est fille d'agriculteurs. Frédéric Dard nait avec un bras atrophié, inerte1. Ses parents, très occupés par l'affaire familiale, le font élever par sa grand-mère. Il en gardera un souvenir ému et le goût pour la lecture.
Le krach de 1929 précipite le déclin de l'entreprise familiale, qui est mise en faillite. Tous leurs biens sont saisis, sous les yeux du jeune Frédéric. La famille émigre alors à Lyon, dans un petit appartement du boulevard des Brotteaux. Frédéric suit sans grand intérêt des études commerciales à l'école La Martinière. Il est présenté en 1938 à Marcel E. Grancher, le fondateur des Éditions Lugdunum et du journal Le Mois à Lyon, par son oncle, ouvrier-mécanicien dans un garage automobile que Grancher fréquente. Engagé comme stagiaire, il assume peu après un rôle de secrétaire de rédaction (fonction qu'il assumera officiellement à la fin de l'été 1940) puis de courtier en publicité. Ses premiers articles, certainement encouragés par ses ainés comme le docteur Edmond Locard ou le romancier Max-André Dazergues sont publiés anonymement dans le journal dès 1939. Enfin journaliste, le métier qui l'attire depuis longtemps, il passe à l'écriture à proprement parler et publie fin octobre 1940 son premier livre La Peuchère (une "nouvelle paysanne", ainsi que la qualifiera son éditeur Marcel Grancher), son premier vrai roman, Monsieur Joos, récompensé par le premier Prix Lugdunum décerné sur manuscrit lui apportant enfin en mars 1941 la notoriété.
Frédéric Dard se marie en novembre 1942 avec Odette Damaisin, dont il aura deux enfants, Patrice (né en 1944) et Élizabeth (1948 - 2011)2. Il s'installe avec sa femme à Lyon, dans le quartier de la la Croix-Rousse, rue Calas.
Frédéric Dard écrit des livres pour enfants et des romans populaires pour nourrir sa petite famille, rencontre des écrivains repliés à Lyon. Sa notoriété commence à dépasser les limites de la capitale rhodanienne. Très influencé par le roman noir américain (Faulkner, Steinbeck et surtout Peter Cheyney), il se lie avec Georges Simenon, qui lui rédige une préface pour son livre Au massacre mondain. Sous la houlette de Clément Jacquier, il écrit des romans avec ses premiers pseudonymes pittoresques : Maxell Beeting, Verne Goody, Wel Norton, Cornel Milk, etc.
Sur un coup de tête (il a pris ombrage d'un livre de Marcel E. Grancher, qui le cite dans ses souvenirs), il part en 1949 s'installer aux Mureaux avec sa famille, dans un pavillon de banlieue. Après quelques années de vache maigre, il connaît ses premiers succès d'écriture, au théâtre (notamment La Neige était sale, adap
Un livre fort divertissant avec une histoire complètement hurluberlue. On se laisse emporter par l'enthousiasme avec lequel il a visiblement été écrit. De belles trouvailles côté style, même si parfois c'est un peu forcé. D'un autre côté, on peut regretter une vulgarité, voire une grossièreté, trop présente, qui s'apparente au style "Gros beauf'". Heureusement ce n'est pas ce qui domine ! D'autre part, sous couvert d'humour, n'est-ce pas des remugles de racisme qui remontent parfois? Je laisse à l'auteur le bénéfice du doute...
Dommage car il y a là du talent et j'avoue m'être laissée prendre après avoir bien juré, lisant un précédent volume - bien antérieur toutefois - que ça n'arriverait plus.
Mon premier San Antonio ! Et bien satisfait de cette lecture ! Que les frigides aillent se faire voir, Dard est un artisan de la langue, un maître. Manier un humour allant du pipi-caca, aux jeux de langage, jusqu'au très fin avec une telle excellence n'est pas donné à tout le monde... Bon, évidemment, c'est du divertissement : on se marre, mais on oublie un peu les questions philosophico-métaphysiques.