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L'Oiseau bleu d'Erzeroum

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" [...] un grand roman d'aventures doublé d'un récit poignant [...]" Paris Match

L’odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.

1915, non loin d’Erzeroum, en Arménie turque. Araxie, dix ans, et sa petite sœur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs. Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leur laissant la vie sauve.

Jusqu’à ce que l’Histoire, à nouveau, les précipite dans la tourmente. Séparées, propulsées chacune à un bout du monde, Araxie et Haïganouch survivront-elles aux guerres et aux trahisons de ce siècle cruel ? Trouveront-elles enfin la paix et un refuge, aussi fragile soit-il ?

C’est autour de l’enfance romancée de sa propre grand-mère que Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, a construit cette inoubliable saga historique et familiale. Un roman plein d’humanité où souffle le vent furieux de l’Histoire, une galerie de personnages avides de survivre à la folie des hommes, et le portrait poignant des enfants de la diaspora arménienne.

"Un envoûtant roman consacré aux destins de deux orphelines." La Croix

537 pages, Kindle Edition

Published April 7, 2021

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563 people want to read

About the author

Ian Manook

33 books69 followers
Pseudonym of Patrick Manoukian

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Displaying 1 - 30 of 64 reviews
Profile Image for Constance.
195 reviews10 followers
January 21, 2023
I am DONE. Ce livre est dans mon top 5 des meilleurs livres que j’ai lus ces cinq dernières années. Il est SI beau et j’aimerai que tout le monde le lise, je ne comprends pas qu’il soit pas plus connu. On en apprend tellement sur le genocide arménien, puis le destin de différents personnages du livre à la fin du genocide (la diaspora qui s’installe au Liban, en Russie, en Arménie soviétique, en France) je suis tellement triste que ce soit deja fini, mais il y en a un deuxième et j’ai hâte de le lire !!!
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
725 reviews222 followers
April 15, 2021
« L’oiseau bleu d’Erzeroum » restera un phare dans la littérature contemporaine pour avoir abordé avec courage et lucidité le massacre des Arméniens par les Turques, période historique dont on sait finalement peu de choses. Ian Manook aborde deux points qui me paraissent fondamentaux. D’abord le génocide, extermination systématique d’un groupe ethnique, puis la diaspora, dispersion d’un peuple à travers le monde. Le génocide est vécu à travers les yeux de deux sœurs, Araxie dix ans, et Haïganouch six ans, témoins des massacres, des tortures et des actes de barbarie. Elles seront déportées, mais croiserons la route de Chakée qui les protégera tant que cela sera possible. La diaspora est développée grâce à ces deux fillettes, mais d’autres personnages clés les rejoindront dans ce cheminement vers la liberté, ou au moins vers de futures terres d’accueil. Ce premier tome d’une trilogie à venir (croisons les doigts) narre l’histoire romancée des grands-parents de l’écrivain, notamment celle transmise par sa grand-mère. C’est donc tout naturellement que le récit commence avec Araxie, en 1915, en Arménie Turque.

Ce qui est décrit dans les cent premières pages dépasse l’entendement. La barbarie des actes, la sauvagerie des gestes poussée à l’extrême, l’acharnement des démarches, le sadisme multiple et récurrent, l’inhumanité à son paroxysme. Les descriptions sont précises, les mots claquent et s’effondrent sous les corps, l’écriture bruisse de sang et de larmes, de désespérance et de peur. Les infamies défilent sous nos yeux, au rythme des respirations reprises et des haut-le-cœur. « C’est une vision terrible que ce peuple hier encore si fertile et productif, et ce matin au bord d’un exil si misérable. » Et pourtant, au milieu des mots et des corps qui gisent, une poésie presque surréaliste jaillit par endroits. « C’est un trou de verdure au creux des collines bleues, brodé de mûriers et d’aubépines. Au fond chante un ruisseau. Il court dans l’herbe verte qui bruit sur ses berges du silence léger des fleurs de pavot sauvage. Leurs corolles rouges sont des papillons écarlates. » Cette poésie si nécessaire à la vie, parfois irréelle au milieu de champs de ruines sera présente dans tout le roman. « - Mais c’est quoi la poésie ? — C’est une façon d’écrire les choses, explique Chakée. Faire des phrases de la même longueur et les terminer par les mêmes sons. En faire comme une musique, pour évoquer les émotions. »

« L’oiseau bleu d’Erzeroum » est une saga familiale, sociale, politique, et historique. Ian Manook raconte l’Histoire autour de personnages phares. Si tout commence avec ces deux sœurs, d’autres protagonistes, eux aussi victimes de l’épuration, de traversées de « zones d’abattage », de l’extermination en masse des chrétiens, construisent le roman avec elles. Tous sont attachants. Tous illuminent le récit à leur manière. Chaque page regorge de sons, d’odeurs, de la fabrication de plats familiaux, de chants, de traditions. La culture arménienne s’étend sur le monde entier. À défaut de terre, elle rayonne par son histoire, transmise, perpétuée, respectée. Si le régime turc a voulu « turquiser les enfants », il n’a réussi qu’à faire grandir ce sentiment d’appartenance à un groupe, qui loin de disparaître s’agrandit et croît sur toutes les régions du globe par sa progression nomade. De 1915 à 1939, à travers l’histoire du peuple arménien, le romancier fait défiler l’Histoire du monde.

D’abord, il pointe du doigt l’absence d’intervention des pays étrangers, notamment les États-Unis, dans le conflit : « Le président maintient pour l’instant sa politique de neutralité dans ce qui n’est pour lui qu’un conflit européen. Sa ligne est simple : pour que les Européens ne se mêlent pas de nos affaires, nous ne nous mêlons pas des leurs. » Et d’ajouter pour enfoncer le clou : « (…) n’oublie pas que le reste du monde a été le complice silencieux de notre martyre. » Puis, il retrace des dates clés ou années charnières de l’Histoire. Par exemple, on plonge en 1936, le passage aux 40 heures de travail, les premiers congés payés, le droit à la grève, la montée en puissance d’Hitler, de nouveaux génocides en Russie… La petite histoire raconte la grande et les destins de chacun s’imbriquent irrémédiablement en fonction de leur lieu d’habitation.

« L’oiseau bleu d’Erzeroum » accorde une large part à la folie des hommes, qu’elle arrive par la politique ou par la religion. « Quand l’horreur est l’État, il n’y a pas de limite au pire. », ou encore « (…) laisse Dieu tranquille, tu ne vois pas qu’il est trop occupé à organiser le malheur du monde ? » Le roman suscite de grandes interrogations si l’on prend le temps de s’interroger un peu sur notre monde et les horreurs cycliques qui s’y déroulent. « La morale c’est pour les faibles. La politique, c’est justement la victoire de l’efficacité sur la morale. »

Et pourtant, l’écrivain ne peut s’empêcher de faire voltiger ce petit oiseau bleu gravé entre le pouce et l’index, figure emblématique de la couverture du livre, signe de reconnaissance, symbole d’appartenance, mais aussi d’espoir. L’apparition de cet oiseau bleu peut être le signe d’un bonheur inattendu, heureux et inespéré, parfois même « (…) dans le vacarme guerrier du monde qui s’annonce » et après avoir déjà vécu le pire.

L’homme est ainsi fait : il renaît toujours de ses cendres grâce à l’espoir.

Ce roman m’a profondément émue, plus que je ne saurais l’exprimer. Si le but du romancier était de faire « ressentir » une culture tout en racontant l’histoire d’un peuple, mission accomplie. J’ai senti les odeurs, goûté les plats, admiré les paysages, mais aussi souffert dans ma chair, escaladé des collines de cadavres, ressenti les blessures de la honte et de la sauvagerie la plus abjecte. Que de compassion et d’empathie pour ceux qui ont vécu de telles horreurs… Comment ne pas éprouver toutes les émotions des personnages ? Si son but était de faire ouvrir les yeux sur un génocide dont on parle peu, mission accomplie. « La haine est un gaz lourd. Il traîne sur la plaine longtemps après la fin des combats. » Si son but était de démontrer qu’au milieu d’un champ de ruines, les âmes peuvent renaître, les blessures guérir, la vie repartir, la poésie cajoler les âmes fatiguées et les corps meurtris, mission accomplie. « Parce que la poésie, comme tout art, nous survivra camarade. »

Alors, à l’heure du dernier clin d’œil, cher Patrick, et pour reprendre la phrase récurrente d’Agop : « s’il n’y a pas de tome 2, je (te) tue. » Je referme ce roman, plus riche de l’Autre, avec cette phrase recopiée sur mon carnet de notes, puisque je la trouve si vraie et si juste : « Puis l’idée fracassante lui vient que chacun de leurs bourreaux a été, un jour, cet enfant innocent promis à l’amour et à la paix. » Merci d’avoir partagé ces moments de l’histoire de tes grands-parents avec nous. « Où que tu sois, prends soin de toi. Je demande à la lune »… une suite, puisque les merveilles littéraires essentielles le méritent.
Profile Image for Valsh.
331 reviews
April 27, 2022
"Le tue radici le porti in te, Araxie. non chiedono altro che far spuntare un albero vigoroso"

Qualche giorno fa è stato l’anniversario del genocidio armeno del 1915 da parte dell’Impero ottomano; negli stessi giorni usciva in Italia per Fazi editore “L’uccello blu di Erzerum” di Ian Manook, un libro profondo e autobiografico che ho avuto modo di leggere in anteprima.

La storia inizia proprio nel 1915 in Turchia e segue le storie (e le vite) di due sorelle, Araxie, di dieci anni e Haïganouch, di sei. La loro infanzia spensierata viene stravolta in un giorno come tanti, quando i curdi e il partito dei “Giovani Turchi”, incaricati della pulizia etnica armena, attaccano la loro casa e uccidono brutalmente la loro madre. Anche Haïganouch viene ferita, diventando per sempre cieca. Da qui inizia una serie di vicissitudini che stravolgeranno per sempre la loro esistenza e che le faranno testimoni di atrocità indicibili, che tutt’ora vengono negate da molti. Inizia così la deportazione armena, che si concluderà con più di un milione e mezzo di morti: tra questi, ci saranno anche tutti i componenti della famiglia delle due bambine.
Araxie e Haïganouch si salvano per miracolo, grazie a una vecchia signora e a un uomo misericordioso, ma la loro avventura è appena agli inizi: vendute come schiave, si ritroveranno in un altro mondo fatto di abusi, violenza e razzismo.

La storia delle due sorelle armene, però, non è l’unica che seguiamo: alla loro voci, infatti, si alternano quelle di altri personaggi altrettanto forti e interessanti. Ci sono Agop e Haigaz, giovani armeni che pur di sopravvivere si arruolano nelle file della resistenza; c’e Assina, moglie bambina di uno spietato turco che più volte si macchierà di crimini orrendi; c’è Christopher Patterson, militare americano giunto in Turchia durante il primo conflitto mondiale; e poi ci sono Hovannes e il Barone von Blitsch e tanti altri che in un modo o in un altro giocheranno un ruolo fondamentale nella vita delle sorelle.

L’uccello blu di Erzerum non è un libro facile sempre da leggere, tutt’altro. I primi capitoli sono spietati, piena di violenza e dolore: lo stesso Manook confessa che il suo editore lo ha costretto a tagliere delle scene in cui il genocidio toccava la sua crudeltà massima; nonostante questo, l’autore non si è risparmiato nulla. Inizialmente è stato molto difficile per me proseguire con la lettura, perché come suddetto Manook non si risparmia e non ci risparmia nulla: nelle sue parole si percepisce chiaramente la disperazione, l’odio, la tragedia e la spietata violenza. Una violenza che in alcuni momenti ti fa mancare il fiato, ti stringe il cuore fino quasi a stritolarlo, tanto che vorresti solo chiudere il libro e dimenticare che certe cose siano mai esistite. Se volete leggerlo, siate consapevoli di questo.

"Un ago buca la pelle a intervalli regolari, tra il pollice e l'indice. L'uomo che lo maneggia è preciso e concentrato. Dopo ogni puntura, asciuga la pelle con un panno soffice. [...] "Cosa rappresenta?" Araxie guarda il tatuaggio sulla sua mano. Più che un disegno, è un simbolo. "Un uccello. Ti ricordi il merlo blu sull'eucalipto, a casa nostra, vicino Erzerum? Ebbene, è proprio quello, è l'uccello blu di Erzerum"

Manook non si ferma solo al genocidio armeno, ma va oltre: in 500 pagine ci muoviamo dalla Turchia alla Francia, passando anche per gli Stati Uniti, la Svizzera e la Russia. Il lavoro di ricerca che lo scrittore francese ha fatto è minuzioso, va ad analizzare ogni vicenda storica – non solo quelle inerenti all’Impero Ottomano giunto al crollo, ma anche quelle dell’Armenia sovietica e dell’ascesa di Hitler. Così come scorrono i capitoli vediamo scorrere gli anni, fino ad arrivare a quella che sarà la nuova pagina nera della Storia: lo scoppio del secondo conflitto mondiale.
Oltre a questo, Manook è stato egregio anche nella caratterizzazione dei personaggi: che li si ami o li si odi, è indiscusso che si provi sempre qualcosa per ognuno di loro. Araxie è indubbiamente quella meglio caratterizzata – questo è dato anche dal fatto che le sue vicende sono le vicende della famiglia dell’autore stesso – ma anche gli altri spiccano nei momenti più inaspettati: per citarne solo uno direi che Agop è il personaggio che è riuscito a farmi ridere più e più volte, capace di alleggerire la lettura con i suoi modi di fare semplici e le sue battute taglienti.

Se dovessi riassumere questo romanzo in poche parole direi che “L’uccello blu di Erzerum” è un libro che inizialmente ti lacera pezzo per pezzo, ma che successivamente sa come rimettere insieme i pezzi e abbracciarti forte forte. Alle volte ti fa persino sorridere.
Per chi vuole saperne di più di questa parentesi buia della Storia, per chi ama i romanzi storici con delle salde fondamenta; per chi ama le saghe familiari e per chi vuole un libro dove l’amicizia, la sorellanza e l’amore alla fine riescono a salvarti: questo è il libro giusto per voi. Non perdete l’occasione di leggerlo.

4/5
40 reviews
April 7, 2023
La storia principale è descritta in modo dettagliato, duro, necessario. Il ritmo è ben sostenuto e invoglia ad andare avanti. Il difetto del libro è che, dalla seconda parte in poi, la storia si allarga, comprende vari sviluppi storici, che però sono necessariamente descritti con superficialità. Mentre nelle vicende personali dei protagonisti c’è una buona introspezione, questa non si ritrova nelle loro reazioni/pensieri riguardo alle vicende storiche. Sicuramente è un libro che si legge volentieri (malgrado le descrizioni molto brutali), e narra una storia che deve essere conosciuta. Però, in molti punti si poteva approfondire di più - oppure concludere il romanzo in un punto precedente, per non renderlo troppo prolisso. Finale non scontato e quindi apprezzato.
Profile Image for Sue.
126 reviews
January 23, 2024
J’avais déjà lu sur le Genocide Arméniens du point de vu des politiciens. Ce livre nous fait vivre le point de vu des gens qui ont subit ces massacres et cela nous oblige à constater que la société mondiale n’apprend pas d’une expérience à l’autre.
Où que nous tournions les yeux une situation similaire se produit, et même si ce livre dénonce la situation des Arméniens en 1915, cela ne semble pas être une leçon à ne pas revivre. Pauvre humanité.
Profile Image for Nicole C.
44 reviews1 follower
April 23, 2023
Una storia cruda e triste , finito con le lacrime agli occhi, questo libro merita assolutamente di essere letto, per non dimenticare. Mi ha colpito come, in mezzo a tante atrocità e alla malvagità di certi umani, la speranza è sempre presente , tra i mostri esistono anche persone con un cuore.
Profile Image for Camille Chaudot.
13 reviews
March 29, 2024
Attention roman d'une rare violence car extrêmement explicite et descriptif sur les massacres, âmes sensibles s'abstenir. Mais des personnages attachants et des destins poignants avec en parallèle un belle mise en lumière de l'époque (de 1915 à la 2nde guerre mondiale). J'ai aimé les éléments historiques et particulièrement cette approche mondiale auquelle je ne suis pas habituée. Il existe des tas de romans sur la Shoah, j'en connaissais aucun sur le massacre des arméniens. A lire.
10 reviews
January 6, 2026
Livre poignant qui raconte les horreurs du genocide arménien à travèrs le destin tragiques de 2 sœurs rescapées. Un incontournable émouvant, dure, beau et poétique à la fois.
8 reviews
September 8, 2025
I found the start of this book really hard to read as it was so graphic et shocking, especially imagining that people have gone through these atrocities in real life. I am glad I read it despite being deeply touched by it. I advise everyone who can to read this book.
Profile Image for Tachan.
2,633 reviews26 followers
October 16, 2025
C’est après être tombée par hasard à la radio sur le témoignage d’une descendante de victime du génocide arménien que j’ai eu envie de m’y intéresser. Et comme la fiction historique est pour moi souvent la meilleure des façons, je me suis lancée dans celui réputé comme »Le plus grand roman de l’Arménie », qui fut en effet une très belle expérience romanesque, à défaut d’histoire totale comme je l’aurais souhaité.

Pour cela, Ian Manook invoque ses propres souvenirs, à travers le témoignage de sa grand-mère, une victime de ce génocide, ce qui donne au récit une teinte très particulière. Pour autant, c’est également un grand conteur et un narrateur né, ce qui lui permet de dépasser cela pour nous offrir un roman historique dans les règles de l’art, c’est-à-dire qui se lit tout seul et donne diablement envie de le compléter par le second volet des aventures de ces deux soeurs dans la tourmente du XXe siècle.

Cependant, j’allais vers son roman pour son volet historique et passé un début qui nous plonge de plein pied dans l’horreur de ce génocide en cours –tiens, tiens -, j’ai eu le sentiment d’un survol des questions historiques et politiques, qui restent en fond, mais manquent cruellement de détails. Alors soit l’auteur pense s’adresser à des gens déjà au fait, ce qui n’est pas le cas, vu la complexité de l’époque, soit il préfère donner vie à ses héroïnes et montrer leur destin avec une lueur d’espoir, plutôt que de s’attarder sur les noirceurs de ce moment, mais alors qu’est-ce que ça me manque.

L’auteur fait vraiment ainsi oeuvre d’auteur de roman historique et non d’essai, car le romanesque de la destinée aventureuse des soeurs arméniennes que nous suivons prend le pas sur tout. On a bien quelques lignes de ce que fut la réalité de ce génocide, mais comparé au témoignage indirect que j’ai entendu, c’est bien mince. On n’a rien ou si peu sur les origines, le déroulé complet, l’après. C’est à chaque fois juste une scène ou une ligne, avant de repartir et de s’intéresser à la destinée de ces femmes et de comment elles en surmontent le traumatisme. C’est un choix. Ce n’est pas exactement ce que je cherchais. Je voulais plutôt un roman dans le style des Filles de la mer.

Pour autant, c’est vraiment un très bon roman historique, dans lequel j’ai aimé me perdre et suivre les belles et puissantes Araxie, Haïganouch et Assina, ainsi que tous les hommes et femmes qu’elles ont croisé, qui contaient ainsi leur vision de cette Histoire en train de s’écrire. C’est un récit bouleversant, qui n’hésite pas à montrer et nous faire vivre les horreurs de cette épuration ethnique mise en route par les Turcs et ignorée de tous. C’est terrible de voir les mécanismes en place, de voir comment les autres nations laissent faire, voire participent ou contribuent, voir le racisme ambiant et les drames ambiants pour les peuples et croyants. C’est glaçant. On nous parle ainsi de leur terrible marche, des viols et autres violences, d’esclavage, de mariage forcé. On évoque le colonialisme et la fausse main tendue des démocraties, les tensions entre montée des fascismes d’un côté et communisme totalitaire de l’autre, mouvement ouvrier et rumeurs sur les Juifs… Il se passe vraiment énormément de choses. D’où ma frustration de ne pas avoir de réel éclaircissement historique de tout cela. Mais c’est pas grave, je creuserai à côté car cela m’a donné très envie.

Tout cela est surtout inclus dans des histoires de femmes dont l’auteur fait de superbes portraits. Il débute avec nos deux soeurs et leur famille, le drame de leur mère et de la femme qui sera leur mère adoptive qu’elles croisent. Il développe avec leur soeur de coeur, leur maîtresse qui va acheter leur liberté. Et il va créer avec elles, une sororité à l’épreuve des épreuves de la vie juste incroyable. Elles sont fortes dans les drames. Elles sont résistantes face à la détresse. Et nous, ça nous mine, nous ronge, nous révolte et nous horrifie. On ne peut y rester insensible car on sent quels êtres de sang et chair elles sont, combien on les attaque justement dans leur chair, et le risque qu’on encourt à ce que cela revienne pour nous.

Ainsi, j’ai adoré les suivre dans leurs aventures dramatiques : de leur terrible marche, en passant par leur réduction en esclavage, leur combat pour gagner leur liberté entre l’Empire Ottoman, la France et l’URSS. Il leur en arrive des choses. Elles en voient des paysages. Elles en font des rencontres. D’ailleurs, l’auteur n’en fait pas les seules narratrices. Il donne aussi la parole à une femme traumatisée dès les premières pages par les horreurs auxquelles elle assiste ; à un soldat américain qui a dû voir, participer ; à des Arméniens qui ont été témoins mais sauvés… Cela permet de brosser un portrait global et de s’intéresser à bien des aspects de l’après Génocide, avec les conséquences multiples de ce drame sur les survivants Arméniens. Tout prend vraiment vie et le tableau est complexe, impliquant Empire Ottoman et ses multiples peuples, Amériques, URSS, France, Angleterre…

Mais plus que la dimension historique, c’est la dimension humaine que je retiendrai de ce roman, la manière dont ces femmes ont survécu, ont souffert, mais ce sont relever pour trouver le bonheur envers et malgré tout, offrant un portrait tellement riche des destinées des femmes du XXe, de victimes à combattantes, à travers des portraits dépassant leur statut et devenant poétesse, ouvrière en lutte, notable rebelle. J’aime vraiment ces femmes et leur portrait me hantera longtemps, notamment Chakée, leur mère de coeur ❤ Merci pour ce portrait et ce décor aussi vif, intense et réaliste.

Pas le récit historique complet que j’aurais souhaité mais un récit d’une humanité folle venant donner vie à des victimes d’un drame incommensurable, qui aura préfiguré et donné naissance à l’horreur nazi et décolonisatrice que vivront bien des peuples ensuite. Ian Manook nous offre cependant un espoir palpable avec ces femmes fortes, résilientes, puissantes et tellement émouvantes. Il ne nous épargne rien. Il montre juste ce qu’il faut de l’indicible et des réactions/non réactions de ceux qui ont détourné le regard. Un message, un avertissement, à ne pas oublier, mais aussi un espoir à garder bien au chaud dans son coeur pour les heures sombres.

Article complet : https://lesblablasdetachan.wordpress....
Profile Image for Angélita Manchado.
747 reviews7 followers
May 20, 2021
L’oiseau bleu d’Erzeroum de Ian Manook, présentation
1915, Erzeroum, Arménie turque, Araxie et Haïganouch sont soeurs. La première a 10 ans et la seconde, 6. Elles vivent avec leur mère car leur père est parti à la guerre.

Des pillards les agressent. La mère des deux fillettes est tuée. La petite devient aveugle.

Elles sont recueillies par la famille.

Avis L’oiseau bleu d’Erzeroum de Ian Manook
Tout commence lorsque deux petites filles assistent au viol et à l’exécution de leur mère. Araxie avait réussi à se cacher. Mais Haïganouch, 6 ans, est devenue aveugle. Sans parents, elles ont été confiées à leur oncle et leur tante. Mais à Erzeroum, la tension et la peur sont palpables. Très vite, ils font l’objet d’une mesure de déplacement. Ils doivent partir.

En chemin, ce seront des pertes, des désolations, des meurtres. Les petites filles survivent grâce à une vieille dame. Elles seront ensuite vendues pour devenir esclaves de la fille d’un médecin turc qui a été mariée.

Toute l’horreur vécue par tout un peuple, de nombreuses familles, des enfants qui se sont retrouvés orphelins. Après ces semaines d’errance, les deux petites filles vont retrouver un semblant de joie auprès de leur jeune maîtresse et cette famille. Elles s’entendent bien toutes les trois, même si elles n’ont pas la même nationalité, même si elles sont les esclaves. Mais après ce mariage, la vie sera franchement dure pour les trois jeunes filles. Elles sont fières, elles ont du caractère ce qui n’est pas du goût de cette famille de riches turcs. Elles arriveront à s’en sortir, mais l’une aura encore été vendue. Et ensuite ce sera l’exode vers la France.

Rencontres en chemin, amour, intégration ensuite en France, trouver un emploi, fonder une famille, retrouver des êtres chers et toute une évolution au fil des ans.

Depuis la série Yeruldegger, quand j’achète un livre de Ian Manook – Roy Braverman, j’y vais les yeux fermés. Auteur que j’aime beaucoup même si Mato Grasso n’a pas remporté toute mon adhésion. Mais vu tous les romans lus de cet auteur, je pense que je suis fan. Fan du style, fan de l’écriture, fan des histoires. Donc, dès que j’ai vent de la sortie d’un roman, j’achète et je lis pratiquement dès réception.

Ian Manook nous offre une magnifique histoire romancée sur le génocide arménien, ce qu’ont vécu toutes ces familles. Il y a de la terreur, des exactions, de l’amour, de l’espoir, l’arrivée également d’une sombre période de l’histoire. C’est un livre pour les Arméniens mais aussi pour tous les autres, dont moi. En 1986, je passais mon baccalauréat, j’avais appris tous mes cours d’histoire par coeur. En Terminale A1, à l’époque, les deux guerres mondiales étaient au programme, notamment la seconde, mais je ne me rappelle absolument pas avoir abordé ce passage de l’histoire et le génocide arménien. Les années suivantes, jusqu’à maintenant, j’en ai entendu parler, on va dire vaguement, sans m’y intéresser forcément, par mes lectures. Ce qui s’est passé dans ces années-là, entre les communautés arméniennes et turques, est du même acabit que ce qui s’est passé sous Hitler. Ce dernier aurait-il pris exemple sur ce génocide ? Un très mauvais exemple. Car toutes ces déportations, ces déplacements de personnes, ces viols, ces meurtres commis envers les Arméniens sont d’une horreur indescriptible. Certes, l’histoire est romancée mais comme dans tout pan de l’histoire, ceux qui travaillaient pour les hommes au pouvoir, comme des soldats, au péril de leur vie, ont tenté de sauver quelques personnes. Et heureusement. Sur le nombre, cela n’est pas énorme, mais ces personnes ont pu vivre, malgré les horreurs vécues et ce qui reste dans leurs souvenirs. Pourtant, au moment de ce génocide, les consulats et leurs représentants n’ont pratiquement rien fait contre les Turcs au pouvoir. Oui, ils étaient au courant de ce qui se passait, mais ils ne voulaient pas prendre parti afin d’éviter tout problème dans les relations internationales. Des associations ont oeuvré et ont, très certainement, permis de sauver des familles, des orphelins. Cela me rappelle également ces histoires de réfugiés qui prennent la mer, au péril de leur vie, pour tenter de rejoindre l’Europe. Le graal, ici, pour eux, était le Liban et ensuite Marseille, pour certains. Il est vrai que la communauté arménienne est importante en France, et notamment à Marseille. Ici, aussi, heureusement, que l’organisation était présente pour leur permettre de travailler ou de retrouver leur famille.

C’est le roman de plusieurs rencontres, c’est le roman de l’amitié, c’est le roman de l’amour, c’est le roman de la famille. C’est également le roman de la couleur bleue, que l’on retrouve très souvent dans les pages du roman.

Je pensais que Ian Manook allait me faire pleurer. Ce n’est pas le cas, mais j’ai été souvent émue. J’ai également souri par certains traits de caractère et certaines phrases. J’ai pratiquement aimé tous les personnages et surtout leur destin, plus ou moins funeste. Il n’y a pas que le génocide arménien dans ce roman. Il y a Staline, Hitler, l’arrivée des premiers réfugiés et personnes étrangères en France qui ont trouvé du travail dans les usines, notamment aux alentours de Paris. Ils effectuaient un dur travail, de nombreuses heures. Il y a les premières grèves, les premiers droits envers les travailleurs.

Est-ce que ce livre doit s’arrêter là ? Ian Manook est un habitué des trilogies. Trois romans, cela pourrait peut-être être trop, mais j’aimerais réellement connaître le destin de ces deux soeurs. A moins que cela ne soit trop personnel pour l’auteur.

L’oiseau bleu d’Erzeroum est mon coup de coeur de mai.
14 reviews
August 25, 2021
Incroyable!
Très bien écrit et simple à lire. On s’attache à tous les personnages ce qui fait que l’on est plongés dans le livre et dans l’histoire à chaque instant.
Livre historique romancé sur le génocide arménien permettant d’en apprendre plus sur la période (dont on ne connaît initialement pas grand chose) et sa barbarie mais relatant des moments de lumière et de joie malgré tout.
Je recommande à 1000%
70 reviews1 follower
February 27, 2023
Je suis pas complètement objective, mon mari étant arménien. Mais quelle claque ce livre !

Les premières scènes sont très violentes, on suit ensuite le parcours de survie de deux sœurs Araxie et Haïganouch.
On lit le genocide arménien vécu par des enfants, les horreurs qui ont été faites et la force de reconstruction de cette diaspora.
Tout le long du livre on voit les enjeux géopolitiques de l’époque (1915-1940) de l’Armenie mais aussi de ce qui fera la seconde guerre mondiale.
2 reviews
January 9, 2026
L’oiseau bleu d’Erzerum de Ian Manook, est un livre qui me marquera jusqu’à la fin de ma vie.

En tant que moi même, membre de la diaspora arménienne, j’ai ressenti toutes les souffrances que mon peuple a subit.
Je l’ai trouvé extrêmement compliquer à lire pour moi mais c’est ce qui m’a encore plus attiré à continuer ma lecture ( même si je n’allais pas la DNF ).

À travers cette histoire et tous ses points de vue, j’ai appris tellement de chose sur l’histoire et je suis tellement triste qu’Haïganoush et Araxie ne se retrouvent pas à la fin mais j’imagine que c’est la meilleure fin qu’on pouvait leur trouver.

J’en ai appris beaucoup plus sur le déroulement de ce génocide ainsi que la place des États-Unis. Je ne connaissais pas l’existence des fédaïs ni certains massacres arméniens qui sont arrivés avant mais aussi après, ni le massacre des grecs, et grâce à ce livre j’ai fais beaucoup de recherches. Tout ce que je connais de l’histoire de mon peuple vient de mes parents ainsi que de mes cours de 3ème au collège qui n’étaient pas franchement détaillés et je trouve ça très dommage. Je ne savais même pas que c’était un arménien qui avait tué un des dirigeants du massacre ni qu’il y avait eu une sorte de couverture de la part de l’Allemagne, durant son séjour.
L’histoire de Hilde m’a beaucoup touché par sa réaction, ce qu’elle a vécu prouve irréprochablement l’horreur de ses massacres.

Au passage, je me suis tellement accrochée aux personnages. Je n’ai même pas de préférence, ils sont tous mes personnages préférés ! Que ce soit la bravoure d’Araxie, l’intelligence d’Haïganoush, les répliques cinglantes d’Agop auxquelles je me suis attachée, ou bien notre ami l’Américain qui voulait absolument aider notre peuple, ou encore la force d’Assina ( ce qui est arrivée à sa mère m’a toujours marqué à l’heure d’aujourd’hui et je n’arrive pas à croire qu’on est fait subir des horreurs tels quels aux femmes, enfants, vieillards et hommes ), l’instinct maternel de Chakée, la patience de Haïgaz, ou bien le dévouement de Hovannes à venger son pays.
Tous ses personnages ont marqué cette histoire et je pense qu’elle ne serait pas pareil sans l’un d’entre eux.

Concernant la façon dont j’ai entendu parlé de ce livre est assez amusante. Je swipais sur les réseaux et cherchais des livres qui parleraient du génocide et je suis tombée sur celui ci qui m’a tapé à l’œil car j’ai le même prénom qu’Araxie !! Ça m’a encore plus attiré et si j’avais su que grâce à un livre qui comportait mon prénom j’allais vivre une expérience à ne pas rater alors j’aurais rigolé par l’absurdité de la situation.

Attention aux TW, abstenir aux âmes sensibles.

Je conseillerais ce livre à tout le monde. J’ai même grâce à toutes ces nouvelles connaissances d’acquises, appris des choses à mon entourage aussi, que ce soit mes amis ou ma famille. Je pense qu’on s’en rend pas compte qu’on ne parle pas assez du génocide des Arméniens, et par ailleurs les deux, trois cours d’histoire au collège ne suffisent clairement pas à parler de ces atrocités. On parle pas trop des conséquences ni de la situation actuelle.
Peu de personne parle du faite que la Turquie n’a toujours pas déclaré que le génocide a existé, et pire que ça, si tu oses insinuer qu’il y en a eu un, en Turquie, alors tu peux aller en prison. C’est du GRAND N’IMPORTE QUOI. J’en ai même parlé à mes copines et même elles, elles étaient outrés, stupéfaites.

Bref, j’ai adoré cette lecture même si je fais ma review un peu tard mais ça me démangeais et je souhaitais absolument donner mon avis POSITIF sur le livre.

Voilà, j’espère que vous avez aussi aimé ou que vous le lirez !!
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39 reviews
June 6, 2023
Inoubliable saga historique et familiale.

Odyssée tragique de deux sœurs, rescapées du génocide arménien. Tout commence à Erzeroum, une ville d’Arménie Occidentale située dans le nord-est de la Turquie, à 1945 mètres d’altitude.

1915, Araxie, 10 ans, et Haiganouch, 6 ans, échappent aux massacres des Arméniens par les Turcs. Après avoir été toutes deux témoins de la mort atroce de leur mère par des pillards de l’armée turque, elles sont déportées, tout comme des centaines d’arméniens, vers le grand désert de Deir-ez-Zor.

Talaat Pacha, grand vizir d’Ottoman, alors ministre de l’Intérieur est le grand théoricien de l’épuration et l’ordonnateur de l’extermination des chrétiens. Il est soutenu par Enver Pacha, le ministre de la guerre qui a tout planifié pour faire disparaître les cadavres et déporter les survivants dans le désert où ils finiront par mourir de soif et de faim. C’est un véritable abattoir humain qui est décrit par l’écrivain, la lecture en est très difficile. Politique de turquéfisation.

Sur la route, les deux orphelines luttent pour leur survie, vivent une succession de drames mais trouveront protection auprès de Chakée, une vieille femme qui ne manque pas de ressources. Haiganouch en perdra la vue. Les jeunes filles éviteront le désert grâce à un médecin qui les achetera comme esclaves de sa fille Assina, la seconde épouse d’un riche propriétaire à Alep. Un esclavage qui leur vole leur liberté mais leur laisse la vie.

Araxie et Haiganouch, feront la connaissance de deux jeunes gens hardis, Haïgaz et Agop, qui tentent de venger leurs frères lâchement massacrés.

Séparées par les aléas de l’histoire, propulsées chacune à l’autre bout du monde, elles survivront aux cruautés qui les attend jusqu’en 1939, année à laquelle le premier tome de cette saga se termine et où la grande histoire meurtrière rattrape le continent Européen. L’une des sœurs va poursuivre son destin en France, tandis que l’autre, aveugle, deviendra poétesse dans une Russie en proie à un totalitarisme.

La lecture de ce roman m’a pris du temps. J’ai été saisie par l’horreur de la scène inaugurale du livre, d’une violence inouïe, qui n’est que le préambule de la suite du roman et de ce qui va se vivre au XXe siècle. C’est un livre indispensable pour que la mémoire de la tragédie des arméniens demeure et pour nous faire prendre pleinement conscience de ce qui a existé.

Le texte est porté par un espoir : vivre et survivre, et apprendre à se reconstruire pour vivre pleinement sa vie. Bouleversant.

Roman qui part fort et s’essouffle un peu. L’auteur Ian Manook (Patrick Manoukian) use et abuse un peu des heureux hasards et coïncidences.
Profile Image for Alessandra Brignola.
695 reviews5 followers
November 25, 2022
Del genocidio armeno si parla poco, nei libri di storia e nella memoria collettiva. Forse perché una pagina così brutale e incomprensibile non la si vuole conoscere, indagare, approfondire.
Ian Manook ha deciso invece di fare una scelta coraggiosa e - ispirandosi alla biografia di sua nonna - descrivere con onestà e parole disarmanti le crudeltà di cui è capace un’umanità che, in nome della religione, del nazionalismo, nascosta dietro lo specchio per allodole rappresentato da un “fine superiore”, pensa di poter giustificare tutto, persino il tiro a volo utilizzando bambini inermi come bersagli.
La bellezza del libro non è solo nel racconto viscerale della distruzione di un popolo. Non è solo nell’intreccio di vite e storie che si rincorrono, uniscono, salvano a vicenda. È soprattutto nell’analisi e nei parallelismi tra quanto accaduto in Turchia, in Germania, in Russia, tra altre lotte, guerre e ideologie che hanno in comune la sete di potere, l’arrivismo, la brutalità e la follia di piccoli uomini - Hamid, Hitler, Stalin - che cercano di diventare grandi schiacciando e calpestando vite umane.
Questo è un racconto di orrori ma anche di resilienza, della rinascita luminosa di persone a cui la vita ha tolto tanto ma che sono comunque capaci di dimenticare e progredire: perché chi ha perso molto è anche capace di dare molto, amare molto, vivere molto. Nonostante tutto. E così, la Storia non può impedire il rialzarsi dell’umanità dalle macerie di un passato spazzato via, perché le radici si possono ripiantare altrove, finché rimangono la speranza, il coraggio, i legami umani.
4✨
654 reviews5 followers
July 29, 2025
S’inspirant de son histoire familiale, Ian Manook nous fait vivre dans ce roman le parcours tragique de deux petites sœurs arméniennes orphelines, Araxie et Haïganouch, rescapées du génocide de 1915.

Le récit nous emmène de l’Armenie ottomane à la France pour raconter le destin du peuple arménien, l’extermination programmée par les Turcs, la déportation vers les déserts syriens, l’esclavage. Toute la première partie du livre, avec des pages très dures mais qui nous confronte avec justesse à la réalité de ce génocide, est poignante et on s’attache très vite à ces deux petites filles de 6 et 10 ans.

Dans la deuxième partie, Manook a voulu replacer son histoire dans un contexte politique plus vaste et, grâce à de nombreux personnages secondaires et des incursions au Liban, en Allemagne, en URSS , évoque aussi bien les purges staliniennes que le Front populaire en France et la montée du nazisme en Allemagne. On y assiste aussi à l’intégration et la reconstruction affective de quelques uns des personnages principaux. Si j’ai trouvé cette partie un peu moins réussie (un peu trop de hasards, de rencontres fortuites ou assez improbables ) , il n’empêche qu’on continue à suivre l’histoire avec intérêt jusqu’à son terme, en 1939.

Alors qu’on célèbre cette année le 110e anniversaire du début du génocide arménien , le roman de Ian Manook est une belle façon de comprendre ce qu’a vécu cette communauté à travers l’histoire romancée de sa grand mère.
Profile Image for Quoilire.
521 reviews7 followers
October 1, 2025
L'Oiseau bleu d'Erzeroum fait partie de ces sagas familiales qui nous font découvrir une époque comme avec Pierre Lemaitre (trilogie Les Enfants du désastre) ou Romain Slocombe (aventures de l’inspecteur Léon Sadorski). Ian Manook propose de découvrir la terrible et méconnue histoire des arméniens depuis le génocide par les turcs jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale.

Ian Manook nous dévoile un aspect de l'histoire fort méconnu des européens alors que cela se passait aux portes de leur continent. C'est fort, c'est terrible, mais comme l'annonce l'auteur, il a du se censurer pour ne pas étaler toute l'horreur du génocide mais aussi des pratiques justifiées au nom de l'Islam. Heureusement quelques bons moments viennent jalonner cette histoire pour redonner de la légèreté au récit et un peu d'espoir en l'humain.

C'est admirablement écrit, les talents de conteur de Ian Manook rendent supportable ce témoignage et permettent au lecteur d'engloutir les plus de 600 pages de ce livre sans aucune lassitude et ne donne qu'une envie une fois ce livre terminé, ouvrir la suite : Le Chant d'Haïganouch.

Enfin, personnellement, j'ai découvert ce livre par sa version audio, et je ne peux que vous la recommander tant la lecture est parfaite. La lectrice a une diction parfaite, change de voix pour les principaux personnages qui permettent des les identifier dès les premiers mots, et met la juste intonation pour rendre vivant le texte sans jamais en faire un spectacle.
https://quoilire.wordpress.com/2025/1...
1,209 reviews5 followers
November 10, 2023
Il est noté sur la 4 è de couverture ceci:

"C'est autour de l'enfance romancée de sa propre grand-mère que Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, a construit cette inoubliable saga historique et familiale. Un roman plein d'humanité où souffle le vent furieux de l'Histoire, une galerie de personnages avides de survivre à la folie des hommes, et le portrait poignant des enfants de la diaspora arménienne."

Tout y est dit en quelques mots ou presque. ..

Je connais Ian Manook comme romancier de polars, de thrillers, je l'ai suivi aux U.S.A , en Mongolie , mais je ne connaissais pas son immense talent de romancier.
Il nous embarque dans la grande histoire sur les pas de Haïganouch et d'Araxie deux soeurs , d' Assina, de Agop et Haïgaz, de Christopher, d'Hovannes et de tous les autres. de 1915 à Erzeroum alors en Arménie turque à 1939 à Moscou en passant par Alep, Beyrouth et Paris , leurs destins se croisent, s'unissent, les séparent mais leurs coeurs ne les oublient pas.

Je demande à la lune
D'avaler cette triste nuit
Et au soleil lui aussi
de brûler cette infortune.

le Chant d'Haïganouch m'attend déjà .
371 reviews3 followers
May 17, 2024
C'est un livre très intéressant et poignant mais j'ai préféré le tome 2 qui s'appelle Le dernier chant d'Haiganouch (par lequel j'ai commencé car on me l'avait offert).

Ce tome 1 est terriblement éprouvant, il retrace en détail le génocide arménien qui emporta entre 800 000 et 1,2 million d'arméniens entre 1915 et 1917. Les moments de massacres, déportations, viols, incendies, pillages, tortures sont nombreux... on souffre pour ce peuple qui a tout perdu.

Le tome 2 est plus doux, plus poétique, moins dur. Je conseille la lecture du Tome 2 (voir ma critique goodreads). Il nous fait aimer la communauté arménienne.

Dans le tome 1, on souffre de ce génocide, on désespère devant la violence et la cruauté humaine. C'est une dénonciation de la destruction systématique de ce peuple par le régime Turc alors en place; celui-ci voulait une "Turquie pour les Turcs, purifiée de tous ces chrétiens". On ne peut que penser à la shoah et à Hitler désirant une race aryenne. D'ailleurs on apprend dans ce livre que de nombreux dignitaires nazis ont assisté et coopéré au massacre des arméniens...
Profile Image for Giorgio Comel.
223 reviews1 follower
June 28, 2022
L'armeno francese Ian Manook (Manoukian), abbandonate le steppe gelide della Mongolia e il suo burbero commissario Yeruldegger, torna a quel passato comune di tutti gli armeni, fatto di tradizioni, lingua/lingue ( i due armeni, cit.), orrori sedimentati sopra altri orrori, memoria dei massacri.
Raccontando la storia di tre ragazzine, che attraverso lo sterminio abominevole e ingiustificabile riescono a sopravvivere e in qualche modo, anche, ad essere felici senza dimenticare coloro sono stati annientati dal furore omicida. Ottima scrittura che cede inevitabilmente al melodramma di quando in quando. Manoukian eccelle nel portare a galla una storia, La Storia del Genocidio. Molto più che ad Antonia Arslan, questo libro fa pensare, ed è sicuramente debitore al Franz Werfel dei 40 giorni del Mussa Dagh, di cui eredita il sentimento di perdita del significato e del significante dinanzi al mostruoso meccanismo di morte, generato da un paese sull'orlo del baratro che separa l'antica grandezza e la futura rovina.
Profile Image for Mathias ROISIL.
18 reviews
March 4, 2024
Juste incroyable !
Une histoire absolument extraordinaire. J'ai adoré ce livre de bout en bout. Un voyage touchant où l'on passe du rire aux larmes en quelques lignes.

Un récit d'une force rare et qui vient nous rappeler les destins funestes de nombreux arméniens au cours de ce génocide.

Le destin des personnages est incroyable. Je suis presque sans mots tant j'ai apprécié la lecture de ce bouquin. Je vais lire le 2ème tome dès que possible.

Petit bémol malgré tout sur le fait que l'auteur ait dû enlever 2 scènes de massacres pour convenir à l'éditeur. En tant que lecteur averti, j'aurais aimé lire ces moments. Très bizarre de dire cela mais je me comprends. Après, il y a quand même suffisamment de scènes horribles pour comprendre la cruauté des hommes dans ce monde.
Profile Image for Ghis.
233 reviews1 follower
January 8, 2025
Quelle Odyssée ! Quelle saga !
On est transporté avec les protagonistes dans la tragédie Arménienne. Dans les guerres mondiales, dans les batailles géopolitiques en coulisses et les purges dans les régimes autoritaires. Dans les égoïsmes et calculs de puissances qui ont le désir de prospérer de guerres ou de conflits sur des territoires à enjeux politiques.
Et les histoires familiales, d'amitiés, de violence aux femmes, de reconstruction quand il n'est pas trop tard.
Et parmi tous les loups, certains qui se mettent en danger pour autrui quelque soit son bord ou son origine.
Je suis heureux de lire ce magnifique texte maîtrisé qui ne joue pas de manichéisme en ce début d'année. Guenatz!
Profile Image for Anne.
405 reviews14 followers
December 18, 2022
Un roman fleuve qui retrace avec un réalisme terrible les souffrances endurées par le peuple Arménien inspiré de la vie des grand-parents de l’auteur… l’horreur évoquée à mots couverts par la grande Histoire du génocide et de la diaspora Armenienne s’étale au fil des pages avec la beauté des personnages des deux sœurs pour supporter la lecture ! On se laisse porter par la vie turbulente de ces deux héroïnes orphelines malgré les incohérences circonstancielles… une saga qui se poursuit à partir de 1939 par «  le chant d’Haïganouch »
Profile Image for Hugogogo.
74 reviews9 followers
October 19, 2021
Un livre percutant qui nous ouvre les yeux sur le génocide arménien du début du XXe siècle en racontant la résilience de deux fillettes qui, après mille détours du destin, deviendront femmes après avoir dû marcher sur des montagnes de cadavres. Une lecture par moments insoutenable mais incontournable.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for Melody Delpierre.
33 reviews
October 26, 2021
C'est à travers l'histoire romancée de l'Oiseau bleu d'Erzeroum que Ian Manook nous présente l'histoire d'une famille arménienne en 1916 lors du génocide arménien.
C'est l'histoire de sa grand mère qu'il raconte à travers ses pages. Rempli d'émotions, ce livre expose les horreurs qui ont été infligées à cette famille arménienne en 1916.
Profile Image for Sophie Guillon.
199 reviews7 followers
January 11, 2023
Roman portant sur le génocide arménien. C'est l'histoire d' Araxie, dix ans, et sa petite sœur Haïganouch, six ans, à partir de 1915, non loin d’Erzeroum, en Arménie turque.
Roman très dur mais on se laisse porter par le destin des deux jeunes filles. Du suspens, de l'émotion et histoire très prenante.
Profile Image for Hobitiana Razafimandimby.
1 review
July 20, 2023
Un roman bouleversant et captivant, une histoire unique, profonde et pleine d'émotions. A travers 5 jeunes, nous découvrons l'Arménie, son histoire, le déchirement de son peuple, le courage, l'amour, l'espoir qui fait renaître, la cruauté de l'homme et la famille qui dépasse les frontières et nous lie à jamais.
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