À l’heure où les questions de genre et d’identité sont de plus en plus présentes dans l’espace public, voici un guide qui déconstruit tous les préjugés, les abus de langage, les non-sens liés aux transidentités, afin de mieux les comprendre et de donner les armes pour s’en émanciper . Car si être trans est une histoire de rapport de soi à soi, de prise de conscience individuelle, c’est aussi un rapport à des normes et constructions sociales, culturelles et historiques.
Véritable prolongement du compte Instagram sur lequel Lexie s’emploie avec patience et grande rigueur à éduquer sur les questions de genre, ce livre est une vraie boussole et un outil d’empowerment pour les personnes trans qui sont souvent isolées, moquées, stigmatisées et font l’objet de violences extrêmes ; mais aussi pour les non trans, concernés ou non, car au-delà des transidentités, c’est sa propre place dans la société et le traitement des différences qu’il s’agit de questionner.
Un guide très complet et exhaustif sur la transidentité, le vocabulaire qui y est associé, la représentation des personnes trans dans les médias et l'espace publique, ainsi que les enjeux autour de leurs droits. C'est un guide qui, je pense, parlera aux personnes trans et celles qui se questionnent sur leur genre, mais également aux personnes cisgenres comme moi qui désirent soit en savoir plus, et aussi à celles qui ne connaissent absolument rien sur le sujet. Le chapitre 5 qui explore les différentes formes de transidentité à travers le monde et différentes époques est sans doute l'un des plus intéressants, il montre bien que les personnes transgenres ne sont pas une invention de notre monde moderne et ont toujours existé, contrairement à ce que certain.e.s réactionnaires veulent nous faire croire. Bref, un ouvrage pédagogique, engagé et nécessaire, surtout en ces temps où les droits des personnes trans sont plus menacés que jamais.
Dans ce guide, Lexie parcourt la biologie, l'Histoire, la géographie, l'anatomie, la médecine, la société, les réseaux, le langage... Pour donner à comprendre qu'est-ce qu'être trans aujourd'hui (en France) ; un livre qui s'adresse aussi bien aux concerné·ex qu'aux aspirant·ex allié·ex. Aux concerné·ex, via des chapitres sur les recours administratifs et médicaux, les associations et les structures pour les soutenir. Aux aspirant·ex allié·ex, via des chapitres de concepts généraux, et des réponses aux objections et arguments les plus entendus.
La communauté trans, c'est 1% de la population. Alors pourquoi est-ce que notre bon viel ordre publique a si peur d'elleux ? Parce que par leur seule existence, ielx remettent en question l'ordre patriarcal des choses. La division binaire de notre société, avec ses codes esthétiques (cheveux courts / cheveux longs ; épilation / pilosité ; robe / pantalon), ses codes anatomiques (seins / pecs ; gracilité / muscles ; zizi/zézette), ses codes psychologiques (soin / bagarre ; douceur / entreprenariat ; émotivité / impassibilité), ses codes quotidiens (rose / bleu ; voiture / poupée ; foot/ danse). Plus on avance, et particulièrement depuis l'avènement des réseaux sociaux, plus nos vies sont polarisées. Un monde bien binaire, chacun·e sa place, et on ne DÉPASSE PAS sinon c'est l'ordre social qui s'écroule.
Mais la nature ne fonctionne pas vraiment comme ça... C'est rarement A ou B, c'est souvent, quelque part sur le spectre qui va de A à B.
Ainsi, on peut être blonde, on peut être brune, mais le monde ne se divise pas entre blondes et brunes. Il y a entre les chevelures presques blanches et celles noires presque bleutées, une palette infinie de nuances. On peut être grand, on peut être petit... Mais entre les adultes de deux mètres et ceux d'un mètre, il y a toutes les morphologies. On peut être hétérosexuel, on peut être homosexuel... mais entre les deux, il y a toutes les attirances et toutes les variations, d'un bord à l'autre du spectre.
Et c'est ainsi pour un peu tout ; une fois qu'on a compris ça, la réalité des genres et des transidentités ne questionne plus vraiment... (Et s'il était nécessaire de le dire : opprimer une catégorie de la population parce qu'on n'aime pas leur look (ou les opprimer tout court quoi qu'il en soit !), n'est pas acceptable. - j'ai quand même l'impression d'enfoncer des portes ouvertes... -)