Une sacrée déception.
🤯 J'ai accroché à la dimension politique/économique/sociale rapidement, car j'ai trouvé les analyses ainsi que la construction du climat dystopique aussi pertinentes que réalistes, tout en restant originales. Ça pose quand même sacrément question concernant le monde actuel. Les sentiments d'oppression et de galvanisation sont aussi poussé par une sacrée évolution des discours de la protagoniste et de leur impact tout au long du récit. Le style d'écriture et le choix des mots est également remarquables et contribuent à l'adhésion du lecteur... Jusqu'à ce qu'il soit trop tard.
😫 Ce qui m'a déçue, c'est qu'à partir de la nomination d'Aurore en tant que chancelière, le parallèle fait entre son régime eunomique et le régime nazi d'Hitler constant. Ça devient clairement une ombre au tableau de l'originalité, selon moi, si l'Histoire se répète inlassablement, elle ne se répète pas toujours de la même exacte façon, et que c'est précisément pour cela qu'il peut être parfois difficile d'identifier les dérives en temps voulu.
🤦 Tout y est : la chancellerie, la photo devant la Tour Eiffel, les camps de travail, les scènes de déportation, les camps de jeunesses eunomiques, la propagande des cartes postales, la milice, le docteur Virt copie de Mengele, le bras droit Golling copie de Göering. C'est dommage, il y avait pourtant d'autres façons, je pense, de créer une dystopie, sans pour autant rentrer dans de telles facilités d'immagination. Aussi, certains raccourcis, comme la guerre pliée en une quinzaine de chapitres ou le démantèlement de la vaste supercherie qu'est le nouveau régime en quelques pages, laissent un goût amer une fois le livre refermé.
🦋 L'histoire personnelle d'Aurore a ajouté un peu de mystère là où clairement j'en avais besoin, et le dénouement est tout autant appréciable même si pas transcendant pour autant. Ça a clairement relevé le niveau du reste, et ça m'a permis de poursuivre la lecture. J'aurais aimé un peu plus de clarté quant à ses motivations pour devenir une dictatrice pour m'attacher plus au personnage, même si je pense la libre interprétation présente exprès. Je ne vais pas m'agacer sur l'hypersexualisation complètement inbuvable, qui fait d'ailleurs écho tout au long du récit.
J'en attendais beaucoup plus.