Laurence, dans la première partie du triptyque que forme ce roman, a seize ans. Elle vit ses premières expériences sexuelles avec Christophe, son professeur de patinage artistique, âgé d’une trentaine d’années. Il l’invite dans son bureau après l’entraînement, d’abord exceptionnellement, puis de manière très régulière.De l’exaltation initiale, Laurence va glisser vers le dégoût, sans pouvoir l’exprimer, ni même le comprendre. Qu’en est-il de son consentement à tout cela ?Justaucorps explore la courbe des émotions et les traces laissées dans le corps. L’écriture physique et elliptique creuse dans la complexité des sentiments de l’adolescente et se focalise sur elle, sans relâche, jusque dans son inconscient, le réel n’étant plus supportable.À la veille de ses dix-huit ans, Laurence se blesse à la cheville. Ses obsessions l’anéantissent. Elle s’y confronte, mêle réalité et fantasme, puis avance, incertaine, vers un début de réparation.
Un récit perçant, à la syntaxe épurée et aiguisée. Le parcours psychique de la protagoniste est bouleversant, dans tous les sens du terme. Bouleversant par l'émotion qu'elle ne peut que provoquer. Bouleversant par l'image qu'elle renverse de la victime d'abus sexuels. Car au début de l'histoire, elle se croit sincèrement consentante. Les pages décrivent un vrai désir pour son agresseur, une hâte de le retrouver chaque lundi soir dans ce bureau. Et je n'ai jamais lu quoi que ce soit décrivant ce premier état de déni. Et puis, insidieusement, on sent le doute s'installer, la honte, la peur. Toujours de manière très imagée. Puis de moins en moins, et de manière plus pressante, comme une ombre menaçante qui fini par l'écraser. Je me suis senti minuscule, comme elle, quand j'ai compris pour Charlotte, quelques pages avant qu'elle ne l'écrive. Un récit très intime et vrai. Vrai.
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Quel beau livre, une histoire très touchante et bien écrite, avec une histoire bien construite et intéressante. La protagoniste est tellement touchante, humaine, et il est facile de s'y reconnaître