📞 Bruxelles, 2012. Billie reçoit un appel de sa mère l'informant que la juge des familles a décidé de rendre Soledad, sa sœur d'accueil, à sa mère biologique. Pour la famille, c'est tout à la fois un désaveu cinglant et surtout un drame, car ils craignent pour la stabilité émotionnelle de Soledad. Un récit intimiste empreint d'émotion et de poésie sur le quotidien des familles d'accueil.
👩👩👦👦 En immersion au sein d'une famille atypique, généreuse et attachante, nous suivons des parents d'accueil très soudés et aux petits soins pour les différents membres de la tribu qu'ils composent, marqués à la fois par un altruisme et un amour débordants, mais aussi de courtes nuits et une accumulation de cheveux blancs causés par des suites de bouleversements intenses.
🏃♀️ La métaphore du jeu de l'oie semble ne jamais avoir été aussi transposable que dans cette réalité précise : pour chaque étape d'une prise en charge d'enfant, compter un pas en avant pour trois en arrière. Persévérer, ne jamais lâcher, se faire confiance et prendre le temps. Avancer au bon rythme pour chacun, mais surtout ne jamais rien considérer comme définitivement acquis.
💟 À la fois sensible et tendre, ce récit (à cheval entre la réalité et la fiction, porté par une autrice faisant part de sa propre expérience de famille d'accueil) ne laisse pas indemne, et met aussi en lumière les lacunes édifiantes des process employés par l'État et la justice. On ne peut que penser à toutes les Soledad du quotidien qui sont elles aussi déracinées, méritant pourtant tant de précautions et d'attention.
Pour moi ce titre est une belle réussite, et je le recommande chaudement !