"Ça nous a semblé un bon présage, ce s*xe incroyable et inhumain au premier matin du monde"
Tabor est un roman que j'ai beaucoup qualifié d'étrange quand j'étais en train de le lire. Et finalement c'est assez vrai mais pas du tout péjoratif : c'est un livre qui m'a déroutée, qui m'a emmenée dans d'autres endroits.
Tour à tour, Mona, son amoureuse Pauli, et la communauté Taborite dans son ensemble, nous racontent la vie après les cataclysmes qui ont rendu la vie d'avant impossible. Le campement de survivant•es est sale, humide, il y a peu à manger, on fait comme on peut quand on n'a jamais semé quoi que ce soit et que le micro ondes cesse de fonctionner. Les relations sont moins codifiées, on vit seul•e, à deux, à plus. On fait très peu d'enfants. On accueille les visiteureuses, qui racontent les nouvelles du reste du monde, on ne sait pas bien s'iels prêchent une sorte de culte satanique ou s'iels ont perdu la raison. Iels parlent de maladies incurables, de morts lentes, de pus, de morve, de sang, de feu, de cris, de s*xe. Des hommes en combinaison viennent forer le sol, personne ne sait pourquoi. Par-dessus le marché, Pauli veut un bébé, Mona non.
Ce texte d'anticipation a tous les éléments du gothique, les fluides corporels, les vieilles maisons sales, les forêts sombres... Il est entre le manifeste écologique et la dystopie. Il met mal à l'aise, il est absurde par moments, mais c'est le propre des éditions du Sabot, le sabotage littéraire ! Et j'ai adoré.