Les traces de pas dans la neige finissent toujours par disparaître, comme des souvenirs qu’on est forcé d’oublier, soufflés par le vent ou effacés par le soleil. Celles de Suzor, parti un soir de décembre 1976, n’existent plus depuis longtemps. Pourtant, Jeanne les voit encore chaque jour par la fenêtre du salon.Pendant quarante ans, elle s’est promis de ne jamais le chercher, mais lorsqu’elle apprend qu’il est atteint d’alzheimer, sa promesse ne tient plus?: elle doit retrouver Suzor avant qu’il oublie.Dans un Montréal enneigé, aidée par une jeune complice improbable, Jeanne retracera le chemin parcouru par Suzor et devra, pour ce faire, revisiter leur passé. La famille qu’ils n’avaient pas. Leur jeunesse en solitaire. Le voyage en Russie dont elle porte encore les cicatrices. Le trou dans le mur de la cuisine. Le carnet que la petite n’avait pas le droit de lire. Les boutons trouvés sur le trottoir. «?Je ne veux pas être la seule condamnée au souvenir de nos bonheurs?», dira Jeanne dans ce doux roman sur les caprices de la mémoire, sur ces choses qu’on oublie sans le vouloir et celles qu’on choisit d’oublier.
Savoir se renouveler est une force, en littérature, et cette oeuvre de Simard est d'une indiscutable singularité. Mais en écrivant un roman ayant comme protagoniste une aînée qui cherche son amour perdu, à travers les souvenirs et des territoires parfois inhospitaliers, l'auteur n'a rien abandonné de son empathie, et de son talent immense pour surprendre ses lecteurs.
Quand tu refermes un livre, les deux mains sur le coeur, émue de tant de beauté et de justesse... C'est que c'était doux. Vous écris-je avec un sourire béat et les larmes aux yeux. <3
Au-delà de la couverture, on trouve Jeanne, une petite vieille de 81 ans encore très solide qui explose les idées préconçues sur l’âge d’or en solitaire. Conduisant sa Ford Fiasco, se rendant à la fête organisée pour le Jour de l’an par sa famille composée d’amis qui l’appellent «Matante», Jeanne s’éloigne du cliché de la mémé qui se berce en attendant la mort et qui s’attriste de l’absence d’un époux, d’enfants qu’elle n’a jamais eus ou de sa jeunesse disparue. Elle rigole même en se stationnant, se disant : «Quand la fête sera terminée et que je sortirai en même temps que les autres, je leur dirai que je suis stationnée trois rues plus loin, je boiterai un peu pour le spectacle et ils se sentiront coupables de s’être moqués de moi plus tôt.» (p.15)
Jeanne, elle est badass.
Et je trouve que ça manque, des personnages principaux âgés, en littérature. On dirait que les films et les romans comptent sur le lot de péripéties qu’apportent l’adolescence et la vingtaine pour se construire, affirmant ainsi que seules les périodes effervescentes de la vie sont dignes d’être racontées. J’ai 24 ans et c’est un âge que j’imaginais facilement atteindre, parce que j’avais eu sous les yeux tellement de modèles de jeunes amoureuses, de jeunes carriéristes fraîchement sorties de l’université. Je n’arrive pas à m’imaginer passé 30 ans. Alors, 80, on oublie ça.
J'ai découvert Matthieu Simard avec Ça sent la coupe, roman intéressant, mais un peu léger pour en faire quelque chose de vraiment exceptionnel. Puis, j'ai lu Ici, ailleurs et j'ai su que cet auteur avait quelque chose d'unique et un avenir fort intéressant. Il réussit à nouveau à m'emballer avec Les écrivements. Un roman profond, touchant, très très sensible, d'une grande beauté tant narrative que littéraire. Un roman magnifique qui m'a profondément marqué. Matthieu Simard vient de rejoindre mon panthéon québécois (en compagnie de Biz, Dany Laferrière, Patrick Senécal et Gilles Archambault). À lire!!
“ - Moi je suis Monsieur Arsenault. Le voisin. - Jeanne. Enchantée. - Comme la forêt.” C’est l’histoire de Jeanne qui doit retrouver Suzor. J’ai eu le motton toute ma lecture. Le style d’écriture est absolument sublime, des tournures de phrase tellement mais tellement belles, beaucoup d’humour, de longing, de magnifiques images. Les personnages sont hyper attachants, on veut être leur ami. C’est tôt mais lecture phare de 2024!
Ah pis shout out à l’Anglo qui annotait au fur et mesure de LOL et LMAO et de “same gurl same” dans les marges, et qui comprend pas encore les accords. Too bad que ta lecture ait pas continué passé 20 pages!
J’ai tout aimé. C’était drôle, empathique, tendre, super bien écrit et avec un petit extra de tension. J’ai adoré la narratrice, j’espère être vieille comme elle.
Dès les premières pages, j'ai été surprise par cette oeuvre. Après avoir apprécié « Échecs amoureux et autres niaiseries », je suis tombée sur quelque chose de complètement différent (lire ici : Matthieu Simard sait se réinventer).
Parmi les points forts de ce roman, le choix de protagoniste m'a beaucoup plu. Un personnage de femme âgée, on n'en croise pas dans tous les romans. J'ai particulièrement apprécié les bribes de souvenirs, ceux écrits par Jeanne. Ils étaient empreints d'une belle sensibilité.
j’ai dû déposer le livre à plusieurs reprises, pour gérer les émotions, absorber l’intensité du message véhiculé; la narratrice, Jeanne, est un personnage complexe, que j’ai aimé comprendre, mais que j’ai également aimé détester; c’est poétique c’est romantique c’est triste c’est cru c’est magnifiquement atroce comme histoire; merci Ève pour la suggestion.
3.75 Les personnages étaient attachants, mais le style d'écriture ne me touchait pas tant. Et j'ai trouvé le déroulement de l'intrigue plutôt abstrait; il manquait quelque chose. Mais une bonne lecture, somme toute. J'ai beaucoup aimé avoir un personnage de femme âgée qui fait mentir les stéréotypes.
Peut-être que mes attentes étaient trop élevées, mais je n’ai pas été particulièrement touchée par ce roman. J’ai eu de la difficulté à embarquer dans l’histoire et je suis restée sur ma faim. J’aurais aimé avoir plus de détails sur la raison de leur présence en Russie ainsi que sur les retrouvailles entre Suzor et Jeanne.
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Des souvenirs d’une histoire d’amour perdue entre Suzor et Jeanne, une relation d’amitié improbable entre une adolescente surnommée Fourmi et une vieille femme qu’elle baptise mamie. Une histoire touchante, triste et belle à la fois!
Ça fait mal tellement c’est beau. En refermant ce livre, encore sous le choc, ce sont les seuls mots qui me viennent à l’esprit. Ça et : il faut que le monde entier lise cette ode à l’amour.
L'écriture est incroyable. Elle crée une ambiance forte douce dès le départ.
L'attachement aux personnages se fait de manière rapide et forte. L'utilisation de surnoms et d'humour sont une partie de ce succès. J'avais les émotions dans l'tapis et je n'avais que 30 pages lues.
L'histoire est un fil conducteur bien défini avec une intrigue dans une intrigue. Se laisser bercer par cette histoire s'est aussi de ne pas en sortir indemne.
4.5 ✨ | histoire de jeanne, une octagénaire, qui vit sous l'ombre de son ex-conjoint suzor. on entrevoit ses écrivements, sa relation avec sa « belle-fille », ses préjudices vécus avec l'« homme de sa vie ». c'est une histoire touchante, avec quelques longueurs, mais touchante je le répète.
je suis la fan numéro 1 de jeanne, une femme forte et de caractère. ❤️ et que dire de la finale! 🥹
Dans les pages de ce nouveau livre, Matthieu Simard nous parle de souvenirs, de ceux que l’on ne veut pas oublier, mais aussi de ceux que l’on choisit de ne pas se rappeler. Mais bien plus encore, l’auteur nous raconte un amour inconditionnel, les liens qui nous unissent et les étapes de la vie, qui nous (dé) construisent. L’existence de Jeanne bascule dans l’attente du retour de Suzor, parti un soir d’hiver, à la suite d’une dispute. Entre les doutes et la découverte que celui-ci est maintenant atteint de la maladie d’Alzheimer, l’octogénaire tentera de rebâtir leur histoire. Dans ce roman, assurément parmi ses meilleurs, Matthieu Simard laisse de petits cailloux ici et là, sur les chemins d’une intrigue bien ficelée, comme dans un tricot (que l’on veut) bien serré. Une très belle fiction, l’une de mes préférées de la dernière année !
Lu d’un seul trait, ce récit est d’une beauté infinie! On plonge dans les souvenirs de Jeanne et de Suzor et de leur amour de jeunesse. C’est doux et plein de nostalgie. Ça permet de remettre les souvenirs de leur amour en perspective. À lire!
« - Mamie? Est-ce que ça arrête de faire mal un jour?
- Quoi?
- La vie.
- Non. Ça arête jamais. Mais un jour tu vas trouver quelqu’un avec qui avoir mal, et tu vas comprendre que ça vaut la peine. »
C’était beau, doux, poétique, touchant, original... J’ai tout aimé de ce roman. Un pur bonheur, un vrai bijou. Ce serait le genre de valeur sûre que j’offrirais en cadeau à n’importe qui. Les personnages sont magnifiques, l’intrigue est bien ficelée et la quête de Jeanne résonne dans le cœur du lecteur. Si on lit pour vivre d’autres vies et réfléchir sur notre existence, ces pages méritent d’être lues.
P.S Le mystère de la mort des randonneurs en Russie est basé sur une histoire vraie d’une enquête toujours non résolue à ce jour. Pour les curieux :
Une balade dans les souvenirs du passé et les appréhensions du futur! Un voyage au coeur de l’âge si bien romancé et détaillé! Un peu lent, mais somme toute magnifique!
Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai jamais embarqué dans l’histoire et je ne me suis pas attachée aux personnages. Dommage, car l’écriture de l’auteur est belle.
Mon mois d'août littéraire, qui traînait de la patte et baignait dans une lumière un peu blafarde, vient de faire l'objet d'un sauvetage spectaculaire par l'entremise de cette plaquette sans prétention, Les écrivements, de Matthieu Simard.
La belle langue, l'esprit enjoué, le regard qui s'attarde sur la splendeur du quotidien. Chaque geste saisi en haute définition et pourtant, en peu de mots. Pas pu résister au charme déployé.
L’écriture de ce roman est magnifique, mais l’histoire manquait d’un petit quelque chose pour moi. J’aurais aimé en savoir davantage sur leurs retrouvailles à Jeanne et Suzor et sur la raison de leur présence en Russie. Pourquoi ne pas recontacter celui ou celle qu’on aime pendant 40 ans alors que tout se termine subitement après 25 ans…?
C’est vraiment bien écrit, l’auteur a une magnifique plume, mais je sais pas, ça manquait de quelque chose pour que ce soit vraiment marquant pour moi.
Histoire originale et touchante! Je pense que c’est la première fois que je surligne autant de passages dans un livre, des passages qui m’ont fait réfléchir ou qui m’ont remuée!
« Les gens différents sont ceux qu’on aime le plus mais qu’on comprend le moins. »
« -Est-ce que ça arrête de faire mal, un jour? - Quoi? - La vie. - Non. Ça arrête jamais. Mais un jour tu vas trouver quelqu’un avec qui avoir mal, et tu vas comprendre que ça vaut la peine. »
J’ai adoré! Beaucoup plus lumineux que ce à quoi je m’attendais. Les personnages sont attachants, c’est mélancolique mais drôle et doux, et on a envie de savoir où ça s'en va tout le long. J'ai été agréablement surprise par le récit des souvenirs de la Russie, qui donnait un côté un peu mystérieux à l'histoire. Bref, merci David ! <3
Une histoire triste, mais si tendre, sans prétention. J'étais incapable de le poser, une fois lancée dans ma lecture. Des mains chaudes, des mains froides, de la neige, des souvenirs et de l'amour. Une apparition surprise de l'affaire du col Dyatlov en prime!