Pour la plupart des femmes (85 %), les trois premiers mois de la grossesse sont un enfer physique et psychologique : nausées, vomissements, fatigue extrême, état dépressif, fausse couche, le début de grossesse est marqué par l'insécurité permanente d'un corps qui met tout en place pour accueillir la vie alors que rien ne se voit au-dehors... Ce livre dénonce la non-prise en charge des femmes - RH, médicale, psychologique, affective... - et propose une analyse féministe de ce tabou systémique.
Acheté pour me conforter dans un truc que je pense depuis longtemps (à savoir : annoncer sa grossesse au bout de 3 mois, c’est super chelou, c’est quand même garder secret un truc énorme pendant un tiers dudit truc), j’y ai trouvé ceci et plus encore. La non-prise en compte de la grossesse dès son début (quand elle est souhaitée) a plus de répercussions sociales et politiques que ce à quoi j’avais songé, et c’était fort intéressant d’y réfléchir plus avant.
Pour moi, ce livre forme un triptyque politique sur les questions génitales (comme le souligne Camille Froidevaux-Metterie en préface) et maternelles, avec Interruption de Sandra Vizzavona (sur l’avortement) et Ceci est notre post-partum d’Illana Weizman (sur, eh bien, le post-partum).
Un livre essentiel à lire, que vous soyez une femme ou un homme, en désir de grossesse ou pas du tout, tant le sujet de ces trois premiers mois de grossesse à "cacher" aux yeux de la société est un tabou dont on ne parle pas tant (même entre féministes, j'ai en tout cas l'impression de n'avoir pas souvent vu la question abordée auparavant).
L'autrice y dénonce le vocabulaire infantilisant utilisé à l'égard des jeunes mères, ainsi que le silence qui accompagne des mois de grossesse qui peuvent être éprouvants pour certaines, entre maux physiques, peur de la fausse couche, fatigue...
Bref, un livre qui se lit vite et bien, et s'intégrera sans mal dans votre bibliothèque d'ouvrages féministes !
Un coup de coeur, évidemment ! Ce livre soulève de nombreuses questions et vérités sur l’invisibilisation du corps des femmes et les douleurs qu’elles traversent. A lire absolument pour éveiller les esprits et lutter pour plus d’égalité.
Un indispensable pas seulement pour les futures mères, mais pour tout le monde... parce qu'on connaît tous des femmes qui ont été ou seront concernées. Les 3 premiers mois de grossesse sont entourés d'un silence de plomb et ce livre permet de mieux comprendre le calvaires et les détresses tant psychologiques que physiques que ces femmes traversent. Un grand tabou à briser et vraiment ce livre était un éclairage sensible sur ce sujet dont personne ne parle.
« [P]our qu'on traite un fait grave, très répandu mais partagé par une majorité de personnes dominées (femmes, enfants, personnes racisées, etc.), il faut en parler beaucoup, et sans relâche, jusqu'à ce qu'un jour ce soit enfin entendu et qu'un processus de changement systémique s'enclenche. »
La libération de la parole est toujours en cours. Récemment a notamment émergé le mouvement #MonPostPartum, une de ses fondatrices, Illana Weizman, ayant d'ailleurs abordé le post-partum dans son ouvrage d'utilité publique « Ceci est notre post-partum ». Cependant, il reste un tabou autour du corps biologiquement féminin et plus particulièrement autour de la grossesse : le premier trimestre.
J'ai eu un vrai coup de cœur pour ce livre de Judith Aquien. Il y a beaucoup d'excellentes publications féministes mais certains ouvrages ont le pouvoir de changer notre manière de penser et « Trois mois sous silence » en fait partie. Je n'avais en effet jamais réfléchi au silence qui entoure ces trois premiers mois de grossesse, j'avais intégré qu'il fallait garder pour soi le fait d'attendre un enfant à cause des risques encourus, je m'étonnais de certaines annonces précoces parmi mon entourage.
Je n'avais pas réalisé la charge mentale que cela représente de garder une grossesse et les maux qui l'accompagnent pour soi et de vivre dans la peur qu'elle s'arrête, ni réalisé les conséquences que cela implique dans le cas où la grossesse est interrompue et où un deuil pré-natal est à faire. Une note de vocabulaire est d'ailleurs très importante : on ne fait pas une fausse couche, on la subit. Je n'avais pas non plus pensé à la manière dont la société, encore une fois, est profondément inadaptée aux femmes.
Témoignages, chiffres, études, Judith Aquien mobilise beaucoup de ressources pour offrir à ses lecteur•ice•s un ouvrage à la structure limpide et aux propos à la fois révoltants et réconfortants pour les concerné•e•s. Pour ma part, j'y ai trouvé une nouvelle pierre à ajouter à l'édifice de mon engagement féministe, ainsi que la volonté d'être présente pour toutes les personnes que je connais qui peuvent se retrouver silenciées durant une période délicate. À lire, à partager !
Dans "Trois mois sous silence" de Judith Aquien, publié en 2021, le récit se concentre sur les trois premiers mois de grossesse, un moment souvent empreint de mystère et de préjugés, et invite les lecteurs à plonger dans l'intimité des émotions et des témoignages des femmes.
L'auteure déploie une approche narrative unique en dénonçant les non-dits des trois premiers mois de grossesse, une période souvent occultée ou minimisée. Avec une sensibilité profonde, elle met en lumière les expériences des femmes enceintes, offrant un regard intime sur les émotions, les doutes et les craintes qui accompagnent cette phase cruciale. L'autrice donne une voix aux témoignages des femmes qui ont vécu ces moments, brisant les barrières du silence et de l'isolement.
Un texte poignant à découvrir que vous avez vécu une fausse couche ou non.
Le mot essentiel : nécessaire ! Ce livre l'est à beaucoup d'égards, mais principalement pour lever un tabou (encore un !) qui concerne les femmes (encore elles !). On découvre avec effarement des données statistiques autour de la grossesse, des fausses couches, de l'oubli social des premiers mois, des croyances absurdes de la psychanalyse... Beaucoup de choses y passent : c'est à la fois terrifiant et fascinant. On en ressort avec des armes, des arguments et une envie de casser le monde (comme souvent). Mais pas que : on y apprend aussi la douleur et la solitude de trop de femmes, on y partage un chagrin et une sororité qui ne pourront, à l'avenir, qu'améliorer les choses.
C'est un tel soulagement de lire ce livre que je ne peux mettre que 5 étoiles .Ces trois mois sont vraiment un sujet crucial, parce qu'ils durent trois mois, que trois mois c'est long, parce qu'ils peuvent se répéter avec nausées invalidantes et sans bébé à la clé, et parce qu'ils disent beaucoup de tout le reste. Quiconque a lu mes deux derniers romans saura pourquoi cet essai m'a intéressée. Et puis il est plein d'une saine colère, du genre qui donne du courage .
Que vous soyez une femme ou non, que vous ayez des enfants ou non, que vous en souhaitiez ou pas du tout, je vous invite à lire cet essai. Il met en avant le tabou lié au début de la grossesse, mais aussi à celui sur la fausse couche (1 femme sur 4 en subit une). Judith Aquien pousse sa réflexion plus loin encore. Elle met en avant le silence imposé aux couples, mais plus particulièrement aux femmes, qui découvrent attendre un enfant, et les conséquences que cela peut avoir. Elle se demande pourquoi et comment les symptômes d’un début de grossesse sont toujours minimisés. Essai rédigé sans jamais nous perdre dans trop de chiffres et données, l’autrice se base sur des témoignages et avis d’experts. Un livre qui fera, je l’espère, enfin parler de ce qui a longtemps été caché.
"Il faut souffrir pour être mère." Dans cet essai très riche, Judith Aquien revient sur les mecanismes systémiques à l'origine de l'omerta autour du première trimestre de grossesse. Entre effets secondaires pénibles (réduits à des "petits maux" par la sphère publique), angoisse de la fausse couche et discrimination, ces trois mois sont souvent une souffrance pour les femmes que personne n'avait préparé à cela. Et pour cause : les média, les réseaux sociaux, parfois même le corps médical, minimise sinon invisibilise ces semaines où le bonheur du test positif vient rapidement se meler aux doutes, semaines surnommées par l'autrice "Le miracle et l'enfer".
Face aux injonctions à l'expression d'un bonheur inconditionnel, tout en se taisant, et surtout en évitant de se plaindre (quel casse-tête), les femmes enceintes devraient attendre trois mois pour prendre la parole, être entendues, mais aussi se voir rembourser les soins de la grossesse (puisque la sécurité sociale n'officialise une grossesse qu'à partir de l'échographie du 3eme mois).
Loin d'appeler à prendre le contre-pied de ce silence (chacun.e faisant bien comme bon lui semble), cet essai aborde également le tabou autour de la fausse couche, qui concerne pourtant 25% des femmes et autant de grossesses.
Un livre à mettre entre toutes les mains. Des vérités trop souvent passées sous silence. J'ai adoré ! (Par contre, avis à celleux qui ont peur de la grossesse, peut être le lire avec de petites pauses)
Un superbe ouvrage qui ouvre les yeux sur les douleurs de grossesse, le deuil des fausses couches et bcp d'autres sujets en s'appuyant sur des chiffres concrets. On se sent moins seule et mieux comprise.
Un ouvrage passionnant sur un temps (encore) nié, invisibilisé chez les femmes : les trois premiers mois d'une grossesse. Il se place dans les écrits sur le rapport du corps médical au corps féminin et il met bien en évidence le chemin qu'il reste à parcourir (effrayant!). Engagé, bien documenté, le ton juste, ce livre se lit d'une traite. Il donne envie de lire d'autres livres féministes, voire de s'engager face à l'effacement des femmes dans la société.
Je l’avais repéré dès sa sortie, je m’étais dit que j’attendrai le bon moment pour le lire, c’est chose faite ! 🤰🏻 Ce livre aborde les 3 premiers mois de grossesse, cette période où est conseillé aux femmes enceintes de ne pas crier sur tous les toits leur nouvel « état ». 💁🏻♀️ Ce qui m’a plu dans ce livre : la partie sur la fausse couche (et le dénoncement de l’absence de congé maladie proposé lorsqu’elle survient), le fait que la grossesse ne soit déclare à l’assurance maladie et à la CAF qu’au bout de 12 semaines (quid des 12 premières semaines, n’est-on pas encore enceinte ?). J’ai aimé les références, le ton, je l’ai lu pratiquement d’une traite. Je le conseille !!
Un livre puissant à découvrir absolument. C'est glaçant de constater à quel point le corps de la femme pose encore problème dans notre société où le patriarcat a la vie dure. Tous ces tabous, toutes ces injonctions au silence. Ce livre va bien plus loin que le sujet de la grossesse qui n'est qu'une preuve de plus de ce que les femmes subissent comme discriminations et croyances moyenâgeuses. Il reste encore un long chemin à parcourir pour que les femmes soient reconnues et considérées à leur juste valeur.
Au lendemain de ma deuxième fausse couche, lire ce livre a m’a beaucoup apporté. L’autrice légitime la douleur, l’angoisse et le ressenti des femmes qui traversent leur premier trimestre en entier ou pas. Un livre d’utilité publique qui devrait être lu par le corps médical, les services RH, nos ami.e.s, nos conjoint.e.s... Merci pour cette ouvrage.