Yliès est drôle, gentil, intelligent et mignon, plein de qualités, un garçon à aimer. Pénélope est belle, cultivée, malicieuse, talentueuse, et bien plus encore. Pénélope et Yliès... Yliès et Pénélope... À priori ça sonnait plutôt bien. Ces deux là auraient pu s'aimer comme dans une tragédie grecque. Mais les sentiments, ça ne se commande pas. Yliès est amoureux, mais Pénélope, elle, ne l'aime pas.
Il y a des lettres d'amour, des lettres de désamour, et il y a cette lettre là. Celle qu'on écrit à quelqu'un qu'on n'aime pas. Un sujet vieux comme le Monde que l'amour non réciproque, et pourtant si peu abordé sous cet angle là. Merci à Julia Thévenot de nous offrir la vision et les sentiments de celle qui ne les partage pas.
Pourquoi on n'aime pas ? Comment gérer un amoureux transi un peu encombrant ? Comment doser l'amitié sans encourager ? Comment dire finalement les choses sans blesser ? L'auteure cerne à merveille les tenants et les aboutissants d'un amour qui n'est pas partagé, couplé aux affres d'une adolescence contemporaine. Ses personnages sont réels, et profondément humains dans leurs réactions, et dans leur écriture. On aurait aimé les rencontrer plus tôt. Plus jeune. Pour savoir. Pour comprendre.
Pour ne rien gâcher, Lettre à toi qui m'aimes est un court récit épistolaire à la forme et au rythme résolument modernes. Les vers libres, l'absence de ponctuation, le ton employé, tout ici concorde pour apporter une musicalité et une puissance aux mots de notre Pénélope. C'est un délice à lire tant le style colle au personnage et à son propos. Ça frôle le virtuose tant la justesse est au rendez-vous.
Une lettre pour celles et ceux qui ont aimé fort, sans comprendre pourquoi ce n'était pas réciproque.